Arrogance et catastrophe
- Par Benoît Pelopidas
Pages 710 à 717
Citer cet article
- PELOPIDAS, Benoît,
- Pelopidas, Benoît.
- Pelopidas, B.
https://doi.org/10.3917/criti.783.0710
Citer cet article
- Pelopidas, B.
- Pelopidas, Benoît.
- PELOPIDAS, Benoît,
https://doi.org/10.3917/criti.783.0710
Notes
-
[1]
The Next Catastrophe sera désormais abrégé TNC, et Normal Accidents, NA.
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[2]
« “737-Cabriolet” : The Limits of Knowledge and the Sociology of Inevitable Failure » sera désormais abrégé « “737-C” ».
-
[3]
Ch. Perrow, « Fukushima or the Inevitability of Accidents », Bulletin of Atomic Scientists, vol. 67, n° 6, déc. 2011, p. 51.
-
[4]
Voir aussi ibid.
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[5]
Pour une analyse plus détaillée, voir Ch. Perrow, « The Meltdown Was Not an Accident », dans M. Lounsbury et P. M. Hirsch, (éd.), Markets on Trial, Part A, Bingley (UK), Emerald, 2010.
-
[6]
S. S. Silbey, « Taming Prometheus. Talk about Safety and Culture », Annual Review of Sociology, vol. 35, 2009, p. 343.
-
[7]
A. Applebaum, « If The Japanese Can’t Build a Safe Reactor, Who Can ? », The Washington Post, 14 mars 2011.
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[8]
L’injonction s’adresse aussi aux chercheurs en sciences humaines, dont les interventions contribuent à « inquiéter » ou « rassurer » les populations (« “737-C” », p. 755). Voir B. Pelopidas, Renoncer à l’arme nucléaire, Paris, Presses de Sciences Po, 2013, chap. vi.
« C’était imprévisible, c’était inévitable, mais nous en tirerons les leçons et je peux vous promettre qu’une telle catastrophe ne se reproduira pas. » Ces phrases sonnent tristement familières. Au prix de modifications minimes, on pourrait les mettre dans la bouche de bien des dirigeants : elles illustrent les formes communes de l’arrogance dont nous faisons preuve face à une catastrophe de grande ampleur. Nous entendons ici par catastrophe un événement bref ayant des conséquences négatives de grande ampleur, alors qu’une définition plus large pourrait inclure des ruptures tout aussi brutales, mais dont les conséquences seraient positives. Un an après l’accident de la centrale de Fukushima-Daiichi, la répétition de tels discours soulève plusieurs questions fondamentales : quelles sont les causes d’un désastre ? Qui en porte la responsabilité ? Cet accident pouvait-il être évité ?
Dans quelle mesure les communautés humaines peuvent-elles prévenir des catastrophes de grande ampleur ? Cette question concerne les sciences humaines ainsi que la philosophie, comme l’illustrait déjà, après le tremblement de terre de Lisbonne de 1755, la polémique entre Voltaire et Rousseau, le premier affrontant le non-sens et acceptant la contingence, le second dénonçant l’irresponsabilité humaine. Cette controverse se rejoue dans l’interprétation contemporaine des catastrophes sur un mode différent : culturaliste et individualisant. Priment aujourd’hui la mise en cause des individus et des insuffisances en matière de « culture de la sécurité », tandis que silence est fait sur les jeux de pouvoir au sein des organisations…
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