La Terre en ruines
- Par Claudine Cohen
Pages 653 à 665
Citer cet article
- COHEN, Claudine,
- Cohen, Claudine.
- Cohen, C.
https://doi.org/10.3917/criti.783.0653
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- Cohen, C.
- Cohen, Claudine.
- COHEN, Claudine,
https://doi.org/10.3917/criti.783.0653
Notes
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[1]
Voir A.-M. Mercier-Faivre et Ch. Thomas (éd.), L’Invention de la catastrophe au xviiie siècle. Du châtiment divin au désastre naturel, Genève, Droz, 2008 ; S. Forero-Mendoza, Le Temps des ruines. Le goût des ruines et les formes de la conscience historique à la Renaissance, Paris, Champ Vallon, 2002.
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[2]
Voir Cl. Cohen, Science, libertinage et clandestinité à l’aube des Lumières. Le transformisme de Telliamed, Paris, PUF, 2011 ; R. Rappoport, When Geologists Were Historians 1665-1750, Ithaca et Londres, Cornell University Press, 1998.
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[3]
T. Burnet, The Sacred Theory of the Earth, Londres, 1684 [1681], p. 121 [Trad. de l’auteur].
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[4]
J. J. Scheuchzer, Physique sacrée ou histoire naturelle de la Bible, Amsterdam, 1732-1737 ; L. Bourguet et P. Cartier, Lettres philosophiques sur la formation des sels, Amsterdam, 1729 ; L. Bourguet, Traité des pétrifications, Paris, 1742 ; É. Bertrand, Recueil de divers traités sur l’histoire naturelle de la terre et des fossiles, Avignon, 1766 ; J. A. de Luc, Lettres physiques et morales sur l’histoire de la terre et de l’homme, La Haye, 1780.
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[5]
Leibniz, Protogaea, sive de prima facie telluris et antiquissimae historiae vestigiis in ipsis naturae monumentis dissertatio, Goettingae, 1749.
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[6]
Voir l’article « Déluge » de l’Encyclopédie de d’Alembert et Diderot, écrit par Boulanger et achevé par d’Holbach ; N.-A. Boulanger, Anecdotes physiques de l’histoire de la nature, éd. P. Boutin, Paris, Honoré Champion, 2006.
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[7]
J. F. Blumenbach, Handbuch fur Naturgeschichte ; Manuel d’histoire naturelle, trad. S. Artaud, Metz, Collignon, 1803, t. II, section seizième.
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[8]
Dans le « Discours préliminaire » au premier volume de ses Recherches sur les ossemens fossiles de quadrupèdes (1812) ; puis dans son Discours sur les révolutions de la surface du globe (1825).
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[9]
Le géologue William Buckland (1784-1856) est l’auteur d’un traité de paléontologie éloquemment intitulé Reliquiae diluvianae (1823) ; il fut aussi choisi pour être l’auteur d’un des Bridgewater Treatises on the Power, Wisdom and Goodness of God As Manifested in the Creation. Geology and Mineralogy Considered with Reference to Natural Theology (1836).
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[10]
G. Cuvier, Discours sur les révolutions de la surface du globe [1825], Paris, Christian Bourgois, 1989, p. 45.
-
[11]
Voir R. Hooykaas, Continuité et discontinuité en géologie et en biologie, Paris, Éd. du Seuil, 1970, p. 13-125.
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[12]
Ch. Lyell, Principles of Geology, Being an Attempt to Explain the Former Changes of The Earth Surface by Reference to Causes Now in Operation, vol. 1, Londres, John Murray, 1830.
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[13]
Ch. Darwin, L’Origine des espèces, trad. E. Barbier, 6e éd., Paris, Maspero, 1980, vol. 2, chap. xi, p. 394.
-
[14]
D. M. Raup, De l’extinction des espèces, trad. M. Blanc, Paris, Gallimard, 1993 ; voir aussi la postface de S.-J. Gould et, du même S.-J. Gould, La vie est belle, Paris, Éd. du Seuil,1991.
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[15]
Extinctions de la fin du Cambrien (-500 M.?A.), de l’Ordovicien (-440 Ma), du Dévonien (-365 M.?A.) du Permien (-250 M.?A.), du Trias (-200 M.?A.), du Crétacé (-65 M.?A.), de la fin du Quaternaire (-10 000 A.).
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[16]
D. M. Raup, De l’extinction des espèces, op. cit., p. 12.
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[17]
Ibid., p. 199.
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[18]
L. W. Alvarez, W. Alvarez, F. Asaro et H. V. Michel, « Extraterrestrial Cause for the Cretaceous-Tertiary Extinction », Science, vol. 208, n° 4448, juin 1980, p. 1095-1108.
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[19]
V. Courtillot et al., « Deccan Flood Basalts and the Cretaceous / Tertiary Boundary », Nature, vol. 333, n° 6176, 1988, p. 843-846 ; V. Courtillot, « A Volcanic Eruption », Scientific American, vol. 263, 1990, p. 53.
Ils sentent la terre trembler sous leurs pas ; la mer s’élève en bouillonnant dans le port, et brise les vaisseaux qui sont à l’ancre. Des tourbillons de flammes et de cendres couvrent les rues et les places publiques ; les maisons s’écroulent, les toits sont renversés sur les fondements, et les fondements se dispersent ; trente mille habitants de tout âge et de tout sexe sont écrasés sous des ruines. [...] « – Quelle peut être la raison suffisante de ce phénomène ? disait Pangloss. – Voici le dernier jour du monde ! » s’écriait Candide.
Ces lignes célèbres décrivent le tremblement de terre de Lisbonne de 1755. On sait que l’évocation de cette catastrophe géologique aux retombées humaines effroyables donna à Voltaire l’occasion de ridiculiser les positions philosophiques de Leibniz et particulièrement son « optimisme » qui invitait à voir, jusque dans les plus épouvantables désastres, l’ordre et le sens du « meilleur des mondes possibles ».
Deux paragraphes de la Théodicée (1710) présentaient les idées de Leibniz sur la formation de la Terre : l’histoire du monde, avec ses aléas et ses cataclysmes, révèle le déploiement progressif du plan de Dieu, dont un observateur fini et partiel ne peut espérer comprendre la nécessité globale. « On ne doit pas s’étonner, écrivait Leibniz, que je tâche d’éclaircir ces choses par des comparaisons prises des mathématiques pures où tout va dans l’ordre, et où il y a moyen de les démêler par une méditation exacte et qui nous fait jouir, pour ainsi dire, de la vue des idées de Dieu » (§ 242)…
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