Article de revue

Esthétique et styles cognitifs : le cas de la poésie

Pages 59 à 70

Citer cet article


  • Schaeffer, J.-M.
(2010). Esthétique et styles cognitifs : le cas de la poésie. Critique, 752-753(1), 59-70. https://doi.org/10.3917/criti.752.0059.

  • Schaeffer, Jean-Marie.
« Esthétique et styles cognitifs : le cas de la poésie ». Critique, 2010/1 n° 752-753, 2010. p.59-70. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-critique-2010-1-page-59?lang=fr.

  • SCHAEFFER, Jean-Marie,
2010. Esthétique et styles cognitifs : le cas de la poésie. Critique, 2010/1 n° 752-753, p.59-70. DOI : 10.3917/criti.752.0059. URL : https://shs.cairn.info/revue-critique-2010-1-page-59?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/criti.752.0059


Notes

  • [1]
    R. Ingarden, Das literarische Kunstwerk, 4te Auflage, Tübingen, Max Niemeyer Verlag, 1972 (L’Œuvre d’art littéraire, trad. P. Secrétan, avec la collab. de N. Lüchinger et B. Schwegler, Paris, L’Âge d’Homme, 1983).
  • [2]
    R. Tsur, « Rhyme and Cognitive Poetics », Poetics Today, vol. 17, n° 1, 1996, p. 55-87.
  • [3]
    R. Tsur, op. cit., p. 55.
  • [4]
    B. de Cornulier, Théorie du vers, Paris, Éd. du Seuil, 1982.
  • [5]
    R. Tsur, op. cit., p. 62.
  • [6]
    Voir B. H. Repp, « Categorical Perception : Issues, Methods, Findings », dans N. J. Lass (éd.), Speech and Language. Advances in Basic Research and Practice, vol. 10, New York, Academic Press, l984, p. 243-335.
  • [7]
    Ibid., p. 69.

Dans L’Œuvre d’art littéraire, Roman Ingarden a proposé une théorie de l’œuvre littéraire qui repose sur une conception stratifiée du langage. Le philosophe distingue quatre couches ou strates : celle des « formations sonores langagières », l’incarnation phonétique ; celle des « unités de signification », les syntagmes et leur organisation ; celle des « objectités représentées », l’univers représentationnel projeté par le discours ; celle des « vues (aspects) schématisées », la strate grâce à laquelle un discours est capable de produire des représentations mentales ayant un caractère de quasi-expériences. On dit parfois que c’est cette stratification qui définit l’œuvre littéraire. Selon Ingarden tout message linguistique, littéraire ou non, se compose de ces quatre strates. Ce qui distingue l’œuvre littéraire du message pragmatique c’est qu’elle les organise de manière polyphonique : elle maximalise l’attention accordée à chacun des niveaux dans sa spécificité, et surtout, elle exploite systématiquement des relations d’analogie, de contraste, d’association, d’écho, tissées entre eux.
La théorie d’Ingarden est d’abord une ontologie de l’œuvre littéraire. Mais cette ontologie est relationnelle au sens où l’œuvre créée n’a d’existence qu’en tant qu’elle est réalisée dans un acte de lecture. Cette réalisation est une concrétisation, et comme le langage n’est jamais qu’une schématisation des contenus intentionnels qu’il exprime, il sous-détermine les concrétisations des récepteurs…


Date de mise en ligne : 27/02/2012

https://doi.org/10.3917/criti.752.0059

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