La place du corps dans les assignations identitaires de genre en milieux fermés
Retour d’expériences décennales
- Par Omar Zanna
- et Stéphane Héas
Pages 331 à 345
Citer cet article
- ZANNA, Omar
- et HÉAS, Stéphane,
- Zanna, Omar.
- et al.
- Zanna, O.
- et Héas, S.
https://doi.org/10.3917/corp1.023.0120
Citer cet article
- Zanna, O.
- et Héas, S.
- Zanna, Omar.
- et al.
- ZANNA, Omar
- et HÉAS, Stéphane,
https://doi.org/10.3917/corp1.023.0120
Notes
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[1]
. Les portes sportives explicitement fermées aux femmes en Occident sont devenues rares puisque les discriminations à l’entrée sont pénalisables, à défaut d’être strictement consignées et combattues vigoureusement (Héas, 2010). Le plus souvent des barèmes, des règles, des outils spécifiques sont mobilisés, par exemple, en athlétisme : hauteur des obstacles (haie, barrière), masses des objets à lancer (poids, disque, marteau…), nombres d’épreuves à réaliser (heptathlon/décathlon), etc. D’autres fois, les portes sont fermées en raison d’une culture masculine toujours omniprésente (football américain, épreuves automobiles ou motocyclistes...). Hors Occident, les pratiques féminines peuvent être toujours prohibées, ou alors totalement séparées de celles des hommes.
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[2]
. Des épreuves mixtes se développent à la marge depuis quelques décennies dans les sports de raquettes et « de petits terrains » notamment pour reprendre le jargon des sciences du sport.
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[3]
. Article 7 du code pénal.
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[4]
. Statistiques mensuelles de la population détenue et écrouée https://www.justice.gouv.fr/statistiques-mensuelles-population-detenue-ecrouee-15
-
[5]
. Dans cet article, le terme d’éducateur sportif est utilisé par commodité. Il ne renvoie pas à une fonction et à un statut (possesseur d’un brevet d’État du ministère des sports). Mais désigne des personnes recrutées souvent par défaut, dans les CEF notamment, afin de pallier le manque de personnel qualifié. Ces personnes sont généralement recrutées (souvent dans les quartiers pas très éloignés des structures) pour leur soi-disant connaissance des publics accueillis.
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[6]
. Il s’agit lors d’un dribble face à face avec l’adversaire de faire passer le ballon entre ses jambes et de le contourner en reprenant possession du ballon. Il fait montre de sa totale maîtrise technique sur son vis-à-vis.
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[7]
. En arable dialectal le terme Beïda signifie blanche mais également œufTransposé sur le terrain du football beïda signifie « petit pont ».
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[8]
. Une allusion au rapport sexuel conquérant, voire forcé ?
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[9]
. Coup de poing rapide, généralement un direct, qui se fait à partir d’une courte distance en boxe.
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[10]
. Symboliquement, une traction permet aussi pendant quelques secondes de s’élever au-dessus de sa propre taille, d’augmenter son horizon, de se surélever en quelque sorte du commun des mortels… rivés au sol.
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[11]
. Le SWO est une pratique urbaine récente en France. Née aux Etats-Unis dans les années 1990, elle associe musculation, souplesse et agilité gymnique. S’inscrivant dans la lignée de la callisthénie, le SWO se réalise sur plusieurs agrès, il vise à développer des capacités de force, de musculation, d’équilibre, d’esthétisme corporel… Et c’est ce genre d’aménagement qui a pris place, à titre expérimental, dans le centre pénitentiaire de Fleury-Mérogis et la maison centrale de Poissy, grâce à l’association « Impact 2024 ». Cet événement fait partie des nombreuses actions financées par le « Fonds de dotation Paris 2024 » afin de soutenir des projets utilisant le sport pour favoriser le bien-être, l’éducation, l’engagement citoyen, l’inclusion, la santé, la solidarité, l’égalité et l’environnement…
Le sport est souvent présenté comme un univers culturel qui condense les valeurs de solidarité, de cohésion d’équipe, de loyauté, de courage, voire d’esprit d’entreprise… (Mignon, 2000 ; Bayle & Mercier, 2008). Par ailleurs, le sport, de compétition notamment, parce qu’il place les individus en situation d’accepter un règlement, une figure d’autorité (un ou plusieurs arbitres), des contraintes horaires, un calendrier, de fournir des efforts réguliers…, permettrait l’intégration sociale des jeunes et notamment des populations les plus vulnérables (Gasparini & Knobé, 2005). L’histoire enseigne également que les valeurs véhiculées par le sport et/ou ses supposées valeurs ont d’abord été conjuguées au masculin. Sanctuaire longtemps réservé aux hommes, aujourd’hui il demeure ce lieu où est célébré un mythe de la virilité fait de force, de courage, d’honneur, de goût de la conquête… (Decker, Lethuiller, 2004). Dans le contexte antique, en Occident, les jeux du stade ne concernent et ne mobilisent pas les femmes… ni les esclaves, ni les étrangers. À la fin du XIXe siècle, Pierre de Coubertin, le rénovateur des Jeux olympiques (JO) modernes confirme cette masculinité sportive, en prenant comme modèles justement les jeux grecs anciens. Ce faisant, de Coubertin, fidèle à son origine sociale, calque sur les JO qu’il désire rénover une vision élitiste… promouvant un idéal masculin, excluant incidemment les femmes (Héas, Léziart, 1999)…
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