Risques mineurs, changements majeurs
Pages 1 à 16
Citer cet article
- GARDÈRE, Elizabeth
- et D’ALMEIDA, Nicole,
- Gardère, Elizabeth.
- et al.
- Gardère, E.
- et D’Almeida, N.
https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.4456
Citer cet article
- Gardère, E.
- et D’Almeida, N.
- Gardère, Elizabeth.
- et al.
- GARDÈRE, Elizabeth
- et D’ALMEIDA, Nicole,
https://doi.org/10.4000/communicationorganisation.4456
Notes
-
[1]
A. Bouzon dans un article paru sur ce sujet in Communication & Organisation, no 20, 2001, p. 27-48, rappelait opportunément la double filiation étymologique possible du terme de risque renvoyé à resecum - l’écueil - ou à rixare - se quereller.
L’objectif de ce numéro est d’analyser comment s’opère, sous l’effet des dispositifs d’information et de communication, le couplage entre une culture généralisée du risque et une réorganisation du social, des pratiques et des modes de vie tant individuels que collectifs. À la différence de bon nombre de publications consacrées aux crises et risques dits majeurs, nous avons souhaité nous inscrire dans un horizon qui n’est ni celui de la catastrophe, ni celui de l’apocalypse, mais dans la perspective du vécu et du quotidien. Si un certain nombre de travaux invitent à penser que des événements majeurs n’ont guère produit de changement majeur dans les pratiques ultérieures (de Tchernobyl à Fukushima), nous avons décidé de nous pencher sur l’ordinaire du changement, lieu souterrain où s’opèrent de puissantes transformations. Consacré à des objets minuscules (telles les nanotechnologies) ou mineurs (l’e-cigarette, le menu de la cantine), explorant les lieux de la quotidienneté (l’école, l’hôpital, la table familiale ou l’entreprise), ce numéro ne se résout pas à la force des choses mais explore la dynamique sociale, humaine et communicationnelle en présence et la puissance de transformation en jeu.
Dans le travail de qualification-configuration de la catégorie de risque est en jeu un processus civilisationnel de l’ordre de ce qu’étudiait Norbert Elias dans La Civilisation des Mœurs. La généralisation de la question du risque désormais présent dans tous les interstices de la vie avive la tension entre une idéologie libertaire de l’ouverture et de la créativité et une idéologie sécuritaire et normalisée qui anime tous les aspects de la vie quotidienne : consommation de produits et de services, relations aux autres, fonctionnement des organisations, attentes envers les institutions…