Allemagne : chronique de la mort d’une coalition
- Par Hans Stark
Pages 787 à 794
Citer cet article
- STARK, Hans,
- Stark, Hans.
- Stark, H.
https://doi.org/10.3917/comm.188.0069
Citer cet article
- Stark, H.
- Stark, Hans.
- STARK, Hans,
https://doi.org/10.3917/comm.188.0069
Notes
-
[1]
Voir H. Stark & J. Vaillant, « Qu’est-ce que l’agression russe de l’Ukraine fait à l’Allemagne ? », Allemagne d’aujourd’hui, nº 243, 2023/1, p. 3-7.
-
[2]
J. Packroff, « L’Allemagne cherche à combler le trou de 60 milliards d’euros dans son budget », Euractiv, 21 novembre 2023.
-
[3]
Kiel Institute for World Economy, « Ukraine Support Tracker », consultable en ligne.
-
[4]
Br. Lestrade & A. Salles, « Chronologie de la transition énergétique en Allemagne », Allemagne d’aujourd’hui, nº 246, 2023/4, p. 11-16.
-
[5]
J.Dahm, « PAC 2023 : les projets de l’Allemagne en matière d’agriculture », Euractiv, 5 janvier 2023.
-
[6]
Fin mai 2024, le gouvernement Scholz a adopté un compromis portant sur une réforme du système des retraites (Rentenpaket II). Cinq mois plus tard, lorsque la « coalition tricolore » éclate, le Bundestag n’avait toujours pas voté cette réforme, faute d’un consensus entre les députés de la majorité sortante. Le SPD et Les Verts défendaient en effet le système de la retraite par répartition et l’âge de la retraite à taux plein de 65 à 67 ans. Le FDP favorisait le passage à un système de retraite par capitalisation et un recul progressif de l’âge de départ à la retraite. Malgré l’accord gouvernemental du mois de mai qui prévoyait une synthèse entre les deux systèmes, les groupes parlementaires des trois partis n’avaient jamais réussi à s’entendre sur un vote de cette réforme des retraites, qui absorbent aujourd’hui un quart du budget fédéral.
-
[7]
Th. Wieder, « En Allemagne, Olaf Scholz, chancelier droit dans ses bottes, malgré une cote de popularité au plus bas », Le Monde, 10 décembre 2023.
-
[8]
J.Rudnicka, « Wirtschaftswachstum : Deutschland zwischen Stagnation und Rezession », Statista, 30 octobre 2024.
-
[9]
« Deutsche Wirtschaft rechnet mit “Null-Wachstum”2025 », Frankfurter Allgemeine Zeitung, 30 octobre 2024.
-
[10]
E. Berretta, « Compétitivité en Europe : les 20 propositions chocs de Mario Draghi », Le Point, 9 septembre 2024.
-
[11]
Le « papier Lindner » rappelle évidemment à tous le fameux « papier Lambsdorff » d’octobre 1982, qui avait entraîné le départ du FDP du gouvernement de Helmut Schmidt et son entrée dans une coalition avec la CDU de Helmut Kohl.
-
[12]
« Um kurz nach halb neun sagt der Kanzler dem Finanzminister : Du bist raus », Der Spiegel, 8 novembre 2024.
-
[13]
Sur l’AfD, voir le dossier « Une résistible ascension de l’AfD ? », in Allemagne d’aujourd’hui, nº 247, janvier-mars 2024.
-
[14]
Sur le BSW, voir Th. Holzhauser, « Ni à gauche, ni à droite, mais les deux à la fois. L’alliance Sahra Wagenknecht (BSW) au lendemain des élections européennes », Notes de l’IFRI, juillet 2024.
Depuis plus d’un an, sur les grandes questions économiques et financières, plus aucun
accord ne s’esquissait entre les trois partis
qui formaient la coalition composée par les
Sociaux-Démocrates (SPD), Les Verts et les Libéraux (FDP). Étant donné que les prochaines élections législatives devaient se tenir initialement
en septembre 2025, la plupart des observateurs
misaient néanmoins sur son maintien au pouvoir jusqu’au prochain scrutin de la majorité,
dont la moitié au moins des députés risquaient
en effet de perdre leur siège d’après les sondages.
Le FDP risquait même de se voir éjecté du Bundestag, comme en 2013, mais avec un résultat
encore plus médiocre qu’à l’époque.
Pour toutes ces raisons, les analystes
d’outre-Rhin pensaient que la coalition « feu
tricolore » avait tout intérêt à éviter les conséquences négatives d’une dissolution anticipée.
Sans parler de la perspective d’une montée en
puissance du parti d’extrême droite Alternative
für Deutschland (AfD) et de la nouvelle extrême
gauche antimigratoire et ouvertement prorusse,
l’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW). Or la
méfiance entre les protagonistes de la coalition
tripartite et leurs divergences sur les questions
économiques et budgétaires – dans un contexte
marqué par la récession – étaient devenues si
profondes que la chute du gouvernement Scholz
devenait inévitable.
Pour comprendre comment la coalition a
pu dilapider en trois ans seulement le soutien
que les électeurs lui avaient accordé en 2021, il
faut revenir sur les réformes – très contestées –
menées depuis son arrivée au pouvoir, sur l’impact des élections régionales qui ont témoigné
de l’impopularité croissante d’une coalition il est
vrai atypique, ainsi que sur le contexte économique difficile pour une Allemagne dont la compétitivité décline…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €