Contre une lecture manichéenne de la guerre d’Espagne
- Par Pierre Rigoulot
Pages 924 à 926
Citer cet article
- RIGOULOT, Pierre,
- Rigoulot, Pierre.
- Rigoulot, P.
https://doi.org/10.3917/comm.180.0924
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- Rigoulot, P.
- Rigoulot, Pierre.
- RIGOULOT, Pierre,
https://doi.org/10.3917/comm.180.0924
Notes
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[1]
G. Orwell, Hommage à la Catalogne (1938), cité par P. Moa in Les Mythes de la guerre d’Espagne, op. cit., p. 616.
-
[2]
Voir, pour n’en citer que quelques-uns, Los orígenes de la Guerra Civil española (Encuentro, Madrid, 1999), Los personajes de la República vistos por ellos mismos (Encuentro, Madrid, 2000), El derrumbe de la Segunda República y la Guerra Civil (Encuentro, Madrid, 2001), Los crímenes de la Guerra Civil y otras polémicas (La Esfera de los Libros, Madrid, 2004).
De nos jours encore, l’interprétation de la guerre d’Espagne est comme figée dans le temps. Les illusions, les erreurs et les passions touchant au communisme ont beau avoir été proprement dénoncées, rien n’y a fait. Les prétentions marxistes et léninistes à la réalisation d’une démocratie véritable, quand le capitalisme se pare d’une méprisable démocratie formelle, ont beau avoir été démontées. Les tactiques employées pour s’emparer d’un mouvement populaire – constitution d’un front uni à chaque étape du processus politique (la fameuse « tactique du salami ») – ont beau avoir été mises au jour tout comme l’utilisation d’un vocabulaire mensonger où « peuple » veut dire « parti », « dictature » « liberté » et où « guerre » signifie « paix », répétons-le, rien n’y a fait.
Tout ce travail mené par Orwell, Souvarine, Popper, Kołakowski, Revel et quelques autres semble frappé d’indigence, d’impertinence, d’inadéquation, d’inefficacité dès lors qu’il s’agit de la guerre d’Espagne. À ma gauche, le peuple, la démocratie, les droits de l’homme des Républicains ; à ma droite (extrême), la réaction, l’obscurantisme religieux, le nationalisme obtus, la défense des grands propriétaires terriens des Franquistes.
C’est cette dernière vision qui a majoritairement cours dans les démocraties depuis des décennies. Et, si l’historiographie voire la littérature (on pense évidemment à Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway) ont mis en lumière les ombres, les divisions et même les horreurs du camp républicain ainsi que le poids de l’Internationale communiste et de l’aide monnayée par Staline, le « bon côté » reste le même…
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