L’élection présidentielle et la polarisation majoritaire aux extrêmes
- Par Vincent Feré
Pages 541 à 548
Citer cet article
- FERÉ, Vincent,
- Feré, Vincent.
- Feré, V.
https://doi.org/10.3917/comm.179.0541
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- Feré, V.
- Feré, Vincent.
- FERÉ, Vincent,
https://doi.org/10.3917/comm.179.0541
Notes
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[1]
Par commodité, les noms des partis et alliances politiques cités au cours de cet article seront parfois abrégés comme suit : Europe Écologie Les Verts : EÉLV ; Front national : FN ; La France insoumise : LFI ; La République en marche : LREM ; Les Républicains : LR ; Parti communiste : PCF ; Parti socialiste : PS ; Rassemblement national : RN ; Rassemblement pour la République : RPR.
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[2]
Expressions toutes deux empruntées à P. Rosanvallon, in Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Gallimard, « Bibliothèque des histoires », 1998.
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[3]
J. Sainte-Marie, Bloc contre bloc. La dynamique du macronisme, Cerf, 2019.
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[4]
V. Feré, « Les conséquences des élections présidentielles », Commentaire, n° 157, printemps 2017.
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[5]
Fr. Furet, J. Julliard et P. Rosanvallon, La République du centre. La fin de l’exception française, Calmann-Lévy, « Liberté de l’esprit », 1989.
La victoire d’Emmanuel Macron est remarquable à bien des égards : les commentateurs ont eu tôt fait de souligner qu’il était depuis de Gaulle le premier Président réélu hors cohabitation, avec un score enviable au premier tour (27,85 % des voix le 10 avril, soit pratiquement cinq points d’avance sur Marine Le Pen arrivée en deuxième position) et confortable au second (58,55 % des suffrages exprimés). La période, marquée par de graves crises de différentes natures – sociale avec les Gilets jaunes, sanitaire avec l’épidémie de Covid, internationale avec le déclenchement de la guerre en Ukraine –, aurait pu conduire au rejet massif d’un Président jeune et inexpérimenté, mais il n’en a rien été. Sa réélection large et attendue signifie, au contraire, la reconnaissance par les Français de la capacité du chef de l’État à affronter les difficultés. Sans doute même la gravité du contexte et les diverses menaces ont-elles induit un réflexe légitimiste chez les électeurs : l’heure était mal choisie pour changer de capitaine.
Le succès d’Emmanuel Macron est également remarquable dans la mesure où il marque l’aboutissement de sa stratégie largement amorcée en 2017 : constituer une vaste force centrale, attirant les électeurs modérés de gauche et de droite et faisant travailler ensemble des personnalités venues aussi bien du PS que de LR. La gauche de gouvernement dont est issu Macron a ainsi été sa première victime et ne s’est pas relevée depuis, au contraire : en 2022 Anne Hidalgo a fait un score bien inférieur à celui de Benoît Hamon en 2017. Ses 1,7 % signifient la mort du Parti socialiste refondé par François Mitterrand à Épinay en 1971. En une décennie, le PS, qui avait tous les pouvoirs en 2012, Sénat compris, a sombré corps et biens…
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