L’importance historique du plan Marshall
- Par George de Ménil
Pages 337 à 348
Citer cet article
- DE MÉNIL, George,
- De Ménil, George.
- De Ménil, G.
https://doi.org/10.3917/comm.178.0337
Citer cet article
- De Ménil, G.
- De Ménil, George.
- DE MÉNIL, George,
https://doi.org/10.3917/comm.178.0337
Notes
-
[1]
Si l’on tient compte de l’inflation, les 13 milliards de dollars de 1948 correspondent à 163 milliards de dollars en 2021, chiffre que nous utiliserons comme référence dans ce texte.
-
[2]
Entre 2001 et 2021, le gouvernement américain a dépensé 145 milliards de dollars d’aide civile en Afghanistan (ses dépenses militaires sont estimées à 837 milliards de dollars). Voir Special Inspector General for Afghanistan Reconstruction, « What we need to learn : lessons from 20 years of Afghanistan reconstruction », août 2021, consultable en ligne. Les propres dépenses civiles des États-Unis en Irak ont été sensiblement inférieures.
-
[3]
Consultable en ligne : https://senate.gov/history/ressources/Washingtons_Farewell_Address.pdf.
-
[4]
Voir S. Broadberry, « The economics of World War I : a comparative quantitative analysis », université de Warwick, 2005, tableau 1.
-
[5]
G. Vandenbroucke, « What war saw the highest defense spending ? Depends how it’s measured », Federal Reserve Bank of St. Louis, 2020.
-
[6]
H. Rockoff, « Until it’s over, over there : the US Economy in World War I », NBER Working Paper 10 580, 2005, tableau 8, p. 36. L’auteur calcule les dépenses chaque année, en proportion du PIB moyen de la période.
-
[7]
Ibid., tableau 3.
-
[8]
Leurs rôles respectifs sont détaillés dans l’ouvrage de B. Steil, The Marshall Plan : Dawn of the Cold War, New York, Simon & Schuster, 2018.
-
[9]
Consultable en ligne : https://marshallfoundation.org/marshall/the_marshall_plan/marshall-plan_speach.
-
[10]
Ces limites, initialement promulguées par les autorités d’occupation américaines, correspondaient à l’idée d’une Allemagne neutre et pastorale défendue par le Trésor américain sous H. Morgenthau. Truman abandonna cet objectif en faveur d’un soutien musclé à l’expansion d’une Allemagne industrielle, libre et forte.
-
[11]
Truman signa la loi le 4 avril 1948.
-
[12]
Exceptions faites pour l’Allemagne et l’Autriche, dont la croissance fut également phénoménale, ainsi que pour la Suède et la Turquie, où les reprises furent faibles.
-
[13]
B. Eichengreen et M. Uzan, « The Marshall Plan : economic effects and implications for Eastern Europe and the Soviet Union », Economic Policy, 1992.
-
[14]
Si le coefficient de capital est de 4 et que la part de l’investissement dans le PIB est égale à 20 %, le taux de croissance du capital et de la production sera de 5 % par an.
-
[15]
A. S. Milward, « Was the Marshall Plan necessary ? », Diplomatic History, avril 1989, p. 231-252.
-
[16]
Ch. Maier, « The politics of productivity : the foundations of American international economic policy after World War II », International Organization, automne 1977.
-
[17]
Entre décembre 1947 et juin 1981, aucun membre du PCF ne siégea dans un quelconque gouvernement français.
-
[18]
T. Healey, « Will Clayton, negotiating the Marshall Plan and European integration », Diplomatic History, avril 2011.
-
[19]
Organisme créé par la loi ERA du 4 avril 1948, pour gérer l’administration de l’aide.
-
[20]
Le texte définitif fut adopté le 18 août 1950.
-
[21]
Fr. Boyer et J.-P. Sallé, « The liberalization of intra-european trade in the framework of OEEC », IMF Staff Papers, février 1955, p. 184.
-
[22]
Il était vraisemblablement moins élevé lors de la première réunion de la Conférence des Seize. Le tableau 2 est conçu de telle façon que l’augmentation du pourcentage donné exprime une intensification de la libéralisation.
-
[23]
Une série de dévaluations en 1949 avait approché certaines devises de la convertibilité. Mais d’autres en restaient encore loin.
-
[24]
Les deux documents essentiels qui contribuèrent à façonner et à exprimer la nouvelle politique américaine à l’égard de l’Union soviétique et de l’Europe furent le « long télégramme » adressé par Kennan le 22 février 1946 et l’article anonyme, qu’il fut autorisé à publier dans Foreign Affairs, en juillet 1947, sous le titre « The sources of foreign conduct », qui exprime les mêmes idées directrices du « containment » que le « long télégramme ».
-
[25]
Seulement 15 % en moyenne étaient octroyés sous forme de crédits.
-
[26]
Ce n’est que lors de la conférence de Londres sur la dette allemande, en 1953, que l’essentiel de ces crédits fut effacé.
-
[27]
Le contraste fut radical avec la détermination des Américains à se faire rembourser après la Première Guerre mondiale. À partir de 1947, les Américains n’avaient pas l’intention de se faire rembourser, en tout cas pas par les Allemands. Voir B. Steil, op. cit., p. 358.
-
[28]
B. Eichengreen, The European Economy since 1945, Princeton University Press, 2007, p. 50.
-
[29]
B. Eichengreen, op.cit., p. 81.
-
[30]
https://www.bundesbank.de/en/tasks/topics/inflation-lessons-learnt-from-history-666006. En France, l’inflation a grimpé à 12 % en 1974 et 14 % en 1981.
-
[31]
B. Steil, op. cit., p. 365.
-
[32]
J. Monnet, Mémoires, Fayard, 1976, p. 392.
-
[33]
Cité par J. Monnet, ibid., p. 438.
Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont entrepris un programme d’aide pour la reconstruction de l’Europe, qui, quatre ans plus tard, leur avait coûté 13 milliards de dollars de l’époque. Le drame, le sentiment de crise et l’ampleur de l’engagement pris par le 80e Congrès, en 1948, sont comparables à ceux du 111e Congrès, dont les membres votèrent en février 2009, au faîte de la plus profonde récession que les États-Unis avaient connue depuis 1929, le plan de reprise proposé par le Président Obama. Les sommes engagées représentaient 4,7 % du PIB américain en 1948 et 5,8 % en 2009. En 1948, l’aide était destinée à l’Europe. En 2009, à l’économie américaine. Aucun autre programme d’aide étrangère n’a, depuis 1948, représenté un tel investissement budgétaire de la part des États-Unis.
L’ampleur de l’aide américaine en fait une référence dans de multiples contextes. On a depuis évoqué un plan Marshall pour l’Union soviétique en 1990, pour l’environnement, ou contre les pandémies… Mais, si l’on aborde le Plan comme modèle d’action que l’on peut tirer de son contexte et calquer sur des situations différentes, on risque de passer à côté de l’essentiel. L’importance historique du programme d’aide des États-Unis à l’Europe entre 1948 et 1952 n’est pas de servir de prototype. Elle tient avant tout à la spécificité du virement radical qu’il concrétise dans les rapports à long terme entre l’Amérique et l’Europe.
Un quart de siècle plus tôt, les États-Unis, qui s’étaient longtemps tenus à l’écart de la politique européenne, avaient fini par s’impliquer dans la Première Guerre mondiale, et, par leur entrée dans le conflit, en avaient décidé le dénouement…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €