Compte rendu

Chiisme et philosophie

Pages 915 à 920

Citer cet article


  • Trainar, P.
(2021). Chiisme et philosophie. Commentaire, Numéro 176(4), 915-920. https://doi.org/10.3917/comm.176.0915.

  • Trainar, Philippe.
« Chiisme et philosophie ». Commentaire, 2021/4 Numéro 176, 2021. p.915-920. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2021-4-page-915?lang=fr.

  • TRAINAR, Philippe,
2021. Chiisme et philosophie. Commentaire, 2021/4 Numéro 176, p.915-920. DOI : 10.3917/comm.176.0915. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2021-4-page-915?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.176.0915


Ch. Jambet consacre son dernier ouvrage, Le Philosophe et son guide, au philosophe et théologien chiite Mullâ Sadrâ et à sa somme théologico-philosophique, La Sagesse suréminente dans les quatre voyages de l’intellect. Mullâ Sadrâ a commencé à rédiger cette œuvre en 1606 à Kahak, où il s’est réfugié, et il l’a poursuivie jusqu’à sa mort en 1640 à Shiraz. On peut encore y admirer aujourd’hui la beauté de la madrassa où il enseignait. Dans son ouvrage, Mullâ Sadrâ substitue à la division traditionnelle de la philosophie en logique, physique et métaphysique une division « gnostique » qui file la métaphore du voyage de l’âme. La première partie est consacrée à l’ascension de l’âme humaine jusqu’à Dieu (principes de base de la philosophie et signification de la métaphysique, question de l’être). La deuxième est consacrée à la pérégrination de l’âme en Dieu (la nature divine et les attributs divins). La troisième traite du retour de l’âme en ce monde (relations entre Dieu et le monde, nature, temps, création et le monde en général). La quatrième partie, enfin, décrit le pèlerinage de l’âme en ce monde, en compagnie de Dieu (sotériologie et eschatologie). Les influences d’Avicenne, de Sohrawardi, d’Ibn Arabi et des néo-platoniciens qui ont évolué dans l’orbe du chiisme se font sentir dans l’œuvre de Mullâ Sadrâ. Il s’agit d’une œuvre philosophique par nature, mais au service de la religion, en l’occurrence de la religion musulmane. Elle pose la question de la capacité à faire partager une expérience religieuse dont l’auteur affirme haut et fort la nature singulière, en ce sens que la relation à Dieu est, pour lui, partout et toujours le résultat d’une expérience « existentielle » particulière, difficilement objectivable dans un cadre scientifique préconçu…


Date de mise en ligne : 07/12/2021

https://doi.org/10.3917/comm.176.0915

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