Macroéconomie du coronavirus
- Par Vivien Levy-Garboua
- et Gérard Maarek
Pages 487 à 494
Citer cet article
- LEVY-GARBOUA, Vivien
- et MAAREK, Gérard,
- Levy-Garboua, Vivien.
- et al.
- Levy-Garboua, V.
- et Maarek, G.
https://doi.org/10.3917/comm.171.0487
Citer cet article
- Levy-Garboua, V.
- et Maarek, G.
- Levy-Garboua, Vivien.
- et al.
- LEVY-GARBOUA, Vivien
- et MAAREK, Gérard,
https://doi.org/10.3917/comm.171.0487
Notes
-
[1]
Ce qui suit est très largement basé sur des simulations réalisées à l’aide d’un modèle macroéconomique simple disponible sur notre site Google : « Économie, finance, banque ». https://sites.google.com/site/economiefinancebanque/home/coronavirus-1
-
[2]
Cette distinction est faite notamment par Paul Krugman dans son blog : « Note on coronacoma », New York Times, 1er avril 2020.
-
[3]
« Évaluation au 30 mars de l’impact économique de la pandémie de Covid-19 et des mesures de confinement en France », Département analyse et prévision de l’OFCE, 30 mars 2020.
-
[4]
Qui peuvent être enchéris par les perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les restrictions imposées.
-
[5]
Si par exemple on suppose l’investissement nul, PIB = Consommation (dans une économie fermée), et Revenus = PIB + Transferts, mais aussi Revenus = Consommation + Épargne. Donc Épargne = Transferts.
-
[6]
Dans la réalité, d’autres causes de thésaurisation existent. Ainsi, les revenus non salariaux (retraites, prestations sociales, loyers, rémunération de la fonction publique, etc.) ne sont pas impactés par la baisse d’activité. Leurs titulaires, empêchés de consommer, vont davantage épargner.
-
[7]
Si la réduction d’effectifs était instantanée, cela se traduirait, avec une hypothèse de rendements décroissants (comme dans une fonction de Cobb Douglas), par une efficacité accrue des travailleurs en place et, pour un salaire fixé, par une augmentation de la marge des entreprises, ceteris paribus.
-
[8]
On aurait pu faire en sorte qu’une agence publique, ayant accès au refinancement de la Banque centrale, se substitue aux entreprises, pour honorer leur dette auprès des banques, le temps de la crise. Voir G. Maarek, « La finance au secours des PME et des indépendants », Cercle Les Échos, 16 avril 2020.
-
[9]
L’équilibre du bilan des banques commerciales implique : Crédits + Réserves = Dépôts et de celui de la Banque centrale : Réserves + Billets = Financement monétaire du Trésor. Dans la mesure où les billets sont une fraction b des dépôts, on doit donc avoir : Crédits + Financement monétaire du Trésor = (1 + b) Dépôts. Compte tenu de l’importance des avances au Trésor, il faudrait que les dépôts augmentent beaucoup pour que les crédits puissent progresser.
-
[10]
Les banques privées font en pratique du crédit au Trésor public via les réserves et l’achat direct d’obligations publiques, qui constituent des canaux par lesquels les dépôts financent le déficit public.
La crise de la Covid-19 ne ressemble à rien que nous ayons connu. L’ennemi est nouveau. 1929 était une crise financière doublée de réactions de politique économique inappropriées ; 2008 était la crise d’un monde bancaire qui avait échappé au contrôle des régulateurs. La Grande Épidémie est venue de nulle part, elle n’épargne personne sur la planète. La cause de ce choc « exogène » ne disparaîtra que lorsqu’un traitement ou un vaccin auront été trouvés et, en attendant, la conjoncture des prochains mois dépendra de l’évolution de la situation sanitaire.
Cet article essaye néanmoins de rendre compte de la séquence économique en cours. Mais, plutôt que d’en tenter une description chiffrée à la précision illusoire, elle propose de l’inscrire dans un schéma macroéconomique cohérent. Si ce schéma parvient à rendre compte de quelques faits stylisés observés durant la période du confinement, il permettra peut-être de débrouiller l’écheveau des futurs possibles.
Notre analyse s’appuie sur un modèle d’économie fermée, hypothèse qui autorise à voir le monde comme un tout, la crise du coronavirus ayant touché tous les pays sans exception. Mais, comme nous prendrons la France comme référence, nous serons amenés en cours de route à traiter de l’influence des échanges internationaux sur la conjoncture domestique.
Au moment où nous écrivons ces lignes (juillet 2020), les pays européens lèvent progressivement les mesures restrictives imposées au plus fort de la crise. D’autres grandes nations (les États-Unis, la Russie, l’Inde, le Brésil, etc…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €