Léonard de Vinci, prophète ou ancêtre ?
- Par Marc Fumaroli
Pages 309 à 320
Citer cet article
- FUMAROLI, Marc,
- Fumaroli, Marc.
- Fumaroli, M.
https://doi.org/10.3917/comm.170.0309
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- Fumaroli, M.
- Fumaroli, Marc.
- FUMAROLI, Marc,
https://doi.org/10.3917/comm.170.0309
L’honorable famille Da Vinci se serait bien passée de s’augmenter d’un beau petit garçon, né le 15 avril 1452, fruit d’une liaison entre le chef de la tribu, Pietro da Vinci, notaire, chancelier ambassadeur de la République florentine, et la belle paysanne Catarina, récemment immigrée (semble-t-il) de Hongrie et fixée avec les siens dans le village de Vinci à 45 km de Florence. La position sociale et la bonne réputation de maître Pietro Da Vinci dans la capitale toscane l’obligeaient à se protéger contre les commérages dont bruissait la cité-État gouvernée en dernier ressort par les banquiers Médicis et leurs vassaux, ne visant à rien de moins qu’à de futures mésalliances et mariages d’intérêt avec les Habsbourg, ceux d’Espagne et ceux d’Autriche, avec la dynastie de Savoie, voire, en dernier lieu, avec les Bourbons, successeurs des Valois sur le trône de France. Cas extrême : la régence florentine de deux roturières successives Catherine et Marie, pendant près d’un demi-siècle de régence « noire », étrangère et féminine, détestée des Français, en attendant le cardinal italien Jules Mazarin adopté par Richelieu pour assurer la suite de sa politique européenne.
La naissance illégitime et les origines en partie étrangères de Léonard devaient donc rester longtemps ignorées : Pietro Da Vinci se sentait tenu de faire bella figura dans l’élite politico-religieuse de la capitale toscane, et de passer sous silence son fils « de trop », ce que rendait facile l’éloignement entre Vinci et la capitale…
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