Article de revue

George Eliot, romancière positiviste ?

Pages 379 à 386

Citer cet article


  • Sartori, É.
(2019). George Eliot, romancière positiviste ? Commentaire, Numéro 166(2), 379-386. https://doi.org/10.3917/comm.166.0379.

  • Sartori, Éric.
« George Eliot, romancière positiviste ? ». Commentaire, 2019/2 Numéro 166, 2019. p.379-386. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2019-2-page-379?lang=fr.

  • SARTORI, Éric,
2019. George Eliot, romancière positiviste ? Commentaire, 2019/2 Numéro 166, p.379-386. DOI : 10.3917/comm.166.0379. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2019-2-page-379?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.166.0379


Notes

  • [1]
    Mona Ozouf, L’Autre George. À la rencontre de George Eliot, Gallimard, 2018, p. 144-145.
  • [2]
    Ibid., p. 152-154.
  • [3]
    Cours de philosophie positive, 56e leçon.
  • [4]
    Mona Ozouf, op. cit., p. 153.
  • [5]
    Ibid., p. 104.
  • [6]
    Ibid., p. 141.
  • [7]
    Mona Ozouf, op. cit., p. 210-214.
  • [8]
    On pense bien sûr à Auguste Comte, lettre à Henry Edger, 3 Archimède 68 : « La soumission est la base du perfectionnement. »
  • [9]
    « Sur l’émancipation des femmes », Revue occidentale, 1er juillet 1893.
  • [10]
    Voir Martha S. Vogeler, « George Eliot and the positivists », Nineteenth-Century Fiction, numéro spécial George Eliot, vol. 35, n° 3, 1980, p. 406-431 et Frederic Harrison, George Eliot (1819-1880), The Harvard Classics Shelf of Fiction, 1917.
  • [11]
    Voir notamment : T.R. Wright, « George Eliot and positivism : a reassessment », The Modern Language, vol. 76, n° 2, 1981, p. 257-272.
  • [12]
    Système de politique positive, chapitre V, « Théorie positive de l’incorporation romaine », dans la traduction de Beesly : « Catholicism owes a debt of gratitude to Judaism, which it has never paid. Positivism alone can discharge it, as the systematic organ of the gratitude of the Great Being to all her servants collective as well as individual. » Les disciples anglais de Comte ont bien travaillé leurs traductions, jusqu’à les rendre parfois supérieures à l’original…

Cette rencontre de la romancière et intellectuelle George Eliot se prépare heureusement par la présentation brillante et astucieuse qu’en propose Mona Ozouf, reliant chacun de ses grands romans aux questions qu’elle posait : Le Moulin sur la Floss et l’emprise du passé, Middlemarch et les aménagements du présent, Daniel Deronda et l’imagination du futur, Felix Holt et le témoin de son temps, Silas Marner et la moraliste. Brillant, vraiment ; et c’est toute une humanité, « des vies ordinaires qui puissent avoir du prix pour tous » qui, avec George Eliot, se met à vivre devant nous. Une humanité, explique Mona Ozouf, qui a dû rompre avec l’héritage théologique, mais ne peut concevoir la religion que sur le modèle de l’ancienne foi. Ou d’une nouvelle foi positiviste ; car l’œuvre et la vie de George Eliot invitent aussi à redécouvrir l’histoire du positivisme et de l’Église de l’Humanité en Angleterre, une histoire dont elle fit partie.
On ne peut, dans le cadre de cet article, que donner de rapides repères sur la riche histoire du positivisme en Angleterre. Elle doit beaucoup à deux couples scandaleux au regard de la pruderie victorienne, qui vont diffuser l’œuvre de Comte dans les milieux intellectuels : James Stuart Mill et Harriet Martineau, puis George Lewes et George Eliot. Mill entretint une correspondance abondante avec Comte durant près de six ans, entre 1841 et 1847, mais ce fut sa maîtresse, puis femme, la féministe Harriet Martineau qui se chargea de la traduction en anglais d…


Date de mise en ligne : 11/06/2019

https://doi.org/10.3917/comm.166.0379

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