Article de revue

Dix ans après la crise… menace !

Pages 883 à 890

Citer cet article


  • Laurent, A.
(2018). Dix ans après la crise… menace ! Commentaire, Numéro 164(4), 883-890. https://doi.org/10.3917/comm.164.0883.

  • Laurent, Ambroise.
« Dix ans après la crise… menace ! ». Commentaire, 2018/4 Numéro 164, 2018. p.883-890. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2018-4-page-883?lang=fr.

  • LAURENT, Ambroise,
2018. Dix ans après la crise… menace ! Commentaire, 2018/4 Numéro 164, p.883-890. DOI : 10.3917/comm.164.0883. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2018-4-page-883?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.164.0883


Notes

  • [1]
    Dans Cette fois, c’est différent : huit siècles de folie financière, Pearson, 2010.
  • [2]
    Faillite de Lehman Brothers survenant après la nationalisation de Fannie Mae et Freddie Mac, sauvetage in extremis de Merrill Lynch et d’AIG.
  • [3]
    Le G20 créé à cette occasion prend le relais du G8 insuffisant et la Chine y joue un rôle clé en lançant un plan de soutien massif (12 % de son PIB).
  • [4]
    Multiples guichets de financement exceptionnels pour pallier l’absence de liquidités sur de nombreux marchés, prises de participation dans toutes les grandes banques, nationalisation d’AIG, etc.
  • [5]
    Dexia, Bankia, BES, MPS…
  • [6]
    Si la participation au marché du travail n’avait pas reculé aux États-Unis depuis 2008, le taux de chômage ne serait pas de 4 % mais proche de 8 %.
  • [7]
    Il n’aura pas fallu moins de quatre plans d’aide (440 milliards de dollars) et la plus importante restructuration de dette de l’histoire (la première pour un pays de l’OCDE) pour y arriver. Le ratio d’endettement public (185 % en 2017) reste néanmoins insoutenable et le FMI réclame une nouvelle restructuration.
  • [8]
    La BCE avait sous-estimé la crise et augmenté à contre-cycle ses taux en 2011.
  • [9]
    Un quart du stock de dette mondiale se trouve désormais dans les bilans des Banques centrales.
  • [10]
    L’annonce d’un resserrement en 2013 avait entraîné une réaction négative telle des marchés que la hausse a été différée de deux ans et demi ! Après sept réajustements consécutifs, le seuil de 2 % vient d’être dépassé et cette hausse progressive devrait se poursuivre.
  • [11]
    Mais la reprise américaine est également due à l’effet keynésien de la hausse massive du déficit budgétaire.
  • [12]
    Et parmi les dix premiers établissements mondiaux figurent maintenant quatre banques chinoises absentes du top 10 en 2008 et dont la solidité repose sur le soutien du gouvernement (cf. niveau élevé des crédits non performants, soutien aux entreprises d’État, etc.).
  • [13]
    Le shadow banking représente près de 55 % des actifs financiers mondiaux. Il recouvre les fonds de pension, assurances, tous les types de fonds (des monétaires aux plus spéculatifs), les institutions spécialisées, les gestionnaires d’actifs. Le SB est théoriquement financé sans endettement par les seuls fonds propres des assurés, souscripteurs, opérateurs, etc. Mais la capacité du SB à absorber lui-même toutes ses pertes n’a pas été démontrée en 2008 (sauvetage du Primary Reserve Fund ou d’AIG).
  • [14]
    En dix ans, la dette publique mondiale est passée de 58 % à 87 % du PIB global et la dette privée des ménages et des entreprises (hors secteur financier) de 135 % à 151 %.
  • [15]
    Cf. analyse de François Ecalle, « Comment réduire la dépense publique », Commentaire, n° 157, printemps 2017, p. 137.
  • [16]
    Le ratio CAPE (multiple des bénéfices ajusté en fonction du cycle économique) est début 2018 à son niveau aussi élevé qu’en 1929, ce qui n’est arrivé qu’en 1999 avant le krach boursier de la bulle Internet.
  • [17]
    Plus de 50 % des ordres sur les marchés actions émanent de programmes informatiques autonomes.
  • [18]
    La montée en puissance des chambres de compensation est un exemple des efforts faits du côté des marchés.
  • [19]
    Le « moment Minsky » est le point d’inflexion sur les marchés à partir duquel se déclenche une crise d’ampleur.
  • [20]
    Cette vision prospective de Keynes est rappelée par Vivien Lévy-Garboua dans son ouvrage très éclairant Le Monde à taux zéro, PUF, 2017.
  • [21]
    Jean Monnet, Mémoires, Fayard, 1976.
  • [22]
    L’auteur tient à remercier François Ecalle et Laurent Quignon pour leurs remarques et suggestions.

Il nous semble qu’il est néanmoins possible de tirer les enseignements de ce que nous avons vécu. Nous le ferons en détaillant successivement ce qui nous permet d’affirmer que la crise est derrière nous et ce qui est désormais acquis, puis ce qui continue de poser question et ce qui n’est toujours pas résolu, enfin ce qui reste à faire et… ce qui nous menace ! Car le paradoxe est là : nous pouvons à la fois constater un certain retour à la normale et nourrir des inquiétudes quant aux signes précurseurs d’une nouvelle crise d’ampleur.
Dans ses derniers rapports, le FMI souligne le niveau soutenu et général de la croissance mondiale dans un climat d’inflation maîtrisée et de volatilité contenue. Il considère que les risques à court terme se réduisent et que ce sont les vulnérabilités de moyen terme qui augmentent. Voilà qui n’est pas loin du constat que ce même Fonds monétaire faisait dans son rapport de… 2007. Nous voilà comme de retour à la « grande modération » économique et financière des années 2000 (croissance régulière, inflation maîtrisée, emploi assuré) imputée alors au succès de la politique monétaire (à l’époque incarnée par Alan Greenspan).
Avant de nous rassurer à bon compte en affirmant avec Héraclite que l’on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve et que, « cette fois, la situation est vraiment différente », détaillons ce que ces dix années de crise nous ont enseigné.
Les professeurs Reinhart et Rogoff ont montré que les crises suivent presque toujours le même schéma séquentiel…


Date de mise en ligne : 28/11/2018

https://doi.org/10.3917/comm.164.0883

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