Compte rendu

Une histoire russe de la Première Guerre mondiale

Pages 930a à 933

Citer cet article


  • D’Aboville, B.
(2015). Une histoire russe de la Première Guerre mondiale. Commentaire, Numéro 152(4), 930a-933. https://doi.org/10.3917/comm.152.0930.

  • D’Aboville, Benoît.
« Une histoire russe de la Première Guerre mondiale ». Commentaire, 2015/4 Numéro 152, 2015. p.930a-933. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2015-4-page-930a?lang=fr.

  • D’ABOVILLE, Benoît,
2015. Une histoire russe de la Première Guerre mondiale. Commentaire, 2015/4 Numéro 152, p.930a-933. DOI : 10.3917/comm.152.0930. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2015-4-page-930a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.152.0930


Notes

  • [1]
    Londres, Allen Lane, Penguin Books, 2015, 428 p.
  • [2]
    L’auteur avance que « le contrôle des Détroits est plus important pour l’Empire de Russie que le canal de Suez l’est pour l’Empire britannique ou le canal de Panama pour l’Amérique », ce qui, à ses yeux, justifie les craintes de Moscou vis-à-vis des ambitions allemandes à Constantinople et l’émotion que suscite chez Sazonov la mission du général Liman von Sanders (octobre 1913-juin 1914) à un moment décisif de la crise.
  • [3]
    Voir les deux articles de Gérard Araud, « Juillet 1914 », Commentaire, n° 145 et 146, printemps et automne 2014, p. 5 et 245.
  • [4]
    On ne peut s’empêcher de penser aux conséquences qu’aurait eues un aboutissement des tentatives secrètes de paix menées en 1917 (l’« année trouble » selon Poincaré) entre émissaires français et autrichiens, laissant les mains libres à l’Allemagne à l’est, en échange d’un armistice et du maintien de l’Autriche-Hongrie. G.-H. Soutou a montré que Painlevé et Briand étaient fort conscients des implications pour l’équilibre européen.

Historien britannique réputé de Trinity College à Cambridge, l’auteur, d’origine russe, a publié le printemps dernier, sous le titre Toward the Flame : Empire, War and the End of Tsarist Russia , une importante somme historique qui, à partir de nombreuses sources (l’auteur a pu avoir un large accès aux archives de Moscou, avant que celles-ci se referment, et a utilisé des archives privées inédites), renouvelle largement la connaissance de la politique russe au cours de la période cruciale 1905-1918. Il propose surtout une lecture stimulante, même si elle peut être controversée, de l’enjeu que constitue, tout au long de ces années, la rivalité entre la Russie et l’Allemagne pour le contrôle de l’Europe centrale.
Plaçant l’Ukraine au cœur du débat, il rejoint évidemment l’actualité, même si l’auteur prend soin de souligner la différence avec la situation d’aujourd’hui. Cette approche explique le nombre important de commentaires que l’ouvrage a suscités dans la presse américaine et britannique.
La date de départ choisie pour la période étudiée ne tient pas au hasard. C’est en effet à partir de la double humiliation de la défaite vis-à-vis du Japon et de l’échec dans les Balkans face à l’Autriche-Hongrie que, pour l’auteur, tout se joue dans la politique russe à l’approche de la Grande Guerre. Elle va conduire à une triple évolution : un raidissement nationaliste qui appelle à la solidarité avec les Slaves des Balkans, une préoccupation nouvelle face à la montée en puissance de l’Allemagne, suscitant des interrogations sur l’équilibre européen et conduisant à un resserrement de l’alliance avec Paris et Londres, enfin un effort considérable de modernisation de l’armée…


Date de mise en ligne : 04/12/2015

https://doi.org/10.3917/comm.152.0930

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