Article de revue

Le nouveau monde des passions

Pages 765 à 774

Citer cet article


  • Hassner, P.
(2015). Le nouveau monde des passions. Commentaire, Numéro 152(4), 765-774. https://doi.org/10.3917/comm.152.0765.

  • Hassner, Pierre.
« Le nouveau monde des passions ». Commentaire, 2015/4 Numéro 152, 2015. p.765-774. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2015-4-page-765?lang=fr.

  • HASSNER, Pierre,
2015. Le nouveau monde des passions. Commentaire, 2015/4 Numéro 152, p.765-774. DOI : 10.3917/comm.152.0765. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2015-4-page-765?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.152.0765


Notes

  • [1]
    Henry Kissinger, World Order, Penguin Press, 2014 ; traduction française à paraître chez Fayard en 2016.
  • [2]
    Francis Fukuyama, Political Order and Political Decay, Farrar, Straus and Giroux, 2014.
  • [3]
    Zbigniew Brzezinski, Out of Control. Global Turmoil on the Eve of the 21st Century, Collier, 1993.
  • [4]
    Zbigniew Brzezinski, Game Plan : A Geostrategic Framework for the Conduct of the US-Soviet Contest, Atlantic Monthly Press, 1986.
  • [5]
    Zbigniew Brzezinski, The Great Chessboard : American Primacy and Its Geostrategic Imperatives, Basic Books, 1997 ; Le Grand Échiquier, trad. fr. Michel Bessiere et Michelle Herpe-Voslinsky, Fayard, « Pluriel », 2011.
  • [6]
    Zbigniew Brzezinski, Strategic Vision. America and the Crisis of Global Power, Basic Books, 2013 (2e éd.), p. 202.
  • [7]
    Dimensions de la conscience historique, Plon, 1961. Voir le chapitre VII, « L’aube de l’histoire universelle », p. 260 et s.
  • [8]
    Pierre Hassner, « La revanche des passions », Commentaire, n° 110, été 2005, p. 299-312.
  • [9]
    Abram N. Shulsky, « La démocratie libérale : victorieuse et assaillie », Commentaire, n° 148, hiver 2014-2015, p. 725.
  • [10]
    N.d.l.r. : L’article de Francis Fukuyama a d’abord paru dans Commentaire : « La fin de l’histoire ? », n° 47, automne 1989, p. 457 et s. Pierre Hassner lui répondait dans le même numéro : « Fin de l’histoire ou phase d’un cycle ? », p. 476 et s.
  • [11]
    Repris dans Pierre Hassner, La Violence et la Paix. De la bombe atomique au nettoyage ethnique (Éditions Esprit, 1995, puis Seuil, « Points », 2000).
  • [12]
    Élie Halévy, L’Ère des tyrannies, Gallimard, 1938, p. 199.
  • [13]
    N.d.l.r. : Cet auteur, partisan de la restauration impériale de la Russie et de l’intervention militaire en Tchétchénie, avait publié un article sur « Tocqueville et Dostoïevski » dans le n° 70 (été 1995) de Commentaire. Il considérait que l’instauration du marché en Russie devait précéder celle de la démocratie.

Hans Morgenthau, fondateur, dans l’après-guerre, de l’école « réaliste » aux États-Unis, avait annoncé dans un article de 1964 dans l’American Political Science Review (vol. 58, n˚ 1, mars 1964) que l’arme nucléaire rendait obsolète la politique de puissance et qu’il n’y avait pas d’autre solution qu’un gouvernement mondial. De son côté, Kenneth Waltz, fondateur du néoréalisme, s’efforçait de démontrer à la fois la stabilité du monde bipolaire et celle d’un monde d’autant plus stable que le nombre de puissances nucléaires se multipliait. Avec la fin de la Guerre froide, un réaliste important de la génération suivante, John Mearsheimer, annonçait que l’Europe reviendrait au conflit franco-allemand et qu’il faudrait doter l’Allemagne d’armes nucléaires pour obtenir une dissuasion réciproque entre elle et la France.
Plus près de nous, deux auteurs illustres confirment involontairement, par leurs derniers livres, qu’il faut dépasser ces approches. L’un, Henry Kissinger, est le maître unanimement reconnu de la diplomatie. L’autre, Joseph Nye, a eu une influence considérable sur l’analyse de l’interdépendance internationale et sur celle de la puissance en introduisant le terme de soft power et en défendant la thèse de l’inévitabilité du leadership américain.
Le dernier livre de Kissinger, World Order, s’en tient rigoureusement aux rapports entre États, au rôle des grandes puissances et à l’exemple de Metternich et de Bismarck. Déjà, pourtant, qu’il s’agisse du Vietnam, en particulier de son espoir d’un « intervalle décent » entre le départ des États-Unis et l’arrivée à Saigon des Nord-Vietnamiens, ou de son approbation de la guerre d’Irak (pour renforcer, disait-il, la position de négociation des États-Unis et d’Israël face aux Arabes), il avait montré la faille de sa politique : la non-prise en compte de la situation intérieure, de l’évolution des sociétés et de la volonté des peuples…


Date de mise en ligne : 04/12/2015

https://doi.org/10.3917/comm.152.0765

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