Repenser notre système méritocratique
Pages 217 à 219
Citer cet article
- COHEN-TANUGI, Laurent,
- Cohen-Tanugi, Laurent.
- Cohen-Tanugi, L.
https://doi.org/10.3917/comm.149.0217
Citer cet article
- Cohen-Tanugi, L.
- Cohen-Tanugi, Laurent.
- COHEN-TANUGI, Laurent,
https://doi.org/10.3917/comm.149.0217
Outre leur difficulté d’accès et l’érosion de leur avantage comparatif dans la compétition internationale, l’orientation que l’ancrage des grandes écoles dans la sphère étatique imprime au statut socioprofessionnel des élites et à la hiérarchie des valeurs de la société française est loin d’être sans effet sur la relation du pays avec la vie économique, la modernité et la globalisation.
Les grandes écoles ont été créées pour former les cadres de la nation, à une époque où celle-ci était essentiellement centrée sur un territoire et où l’État jouait un rôle prépondérant dans tous les domaines de la vie du pays : éducation « nationale », enseignement supérieur et recherche, haute administration, grands corps d’ingénieurs d’État, entreprises publiques et privées, fonctions politiques. Elles ont donc été conçues comme des machines à fonctionnariser les élites, qu’elles dotent de la sécurité d’un statut permanent et prestigieux, imprègnent du sens du service public, et qu’elles orientent, à l’exception des enseignants et des chercheurs, vers des fonctions d’administration, de gestion, de contrôle ou de normalisation.
Positif à certains égards, ce formatage sociointellectuel très profond s’effectue toutefois au détriment de l’esprit d’entreprise, mû par l’initiative individuelle plutôt que par l’esprit de corps. Il nuit également au développement de l’esprit d’innovation, de création, voire à la créativité, qui sont aux antipodes des fonctions d’encadrement et de normalisation et s’accommodent mal des organisations hiérarchisées…
Cet article est en accès conditionnel
Acheter cet article
3,50 €