Article de revue

Le primat de la politique

Pages 1121 à 1124

Citer cet article


  • Hassner, P.
(2011). Le primat de la politique. Commentaire, Numéro 136(4), 1121-1124. https://doi.org/10.3917/comm.136.1121.

  • Hassner, Pierre.
« Le primat de la politique ». Commentaire, 2011/4 Numéro 136, 2011. p.1121-1124. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2011-4-page-1121?lang=fr.

  • HASSNER, Pierre,
2011. Le primat de la politique. Commentaire, 2011/4 Numéro 136, p.1121-1124. DOI : 10.3917/comm.136.1121. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2011-4-page-1121?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.136.1121


Notes

  • [1]
    N.d.l.r. : Nous reproduisons ici la préface de Pierre Hassner au volume « La Politique » de L’Anthologie du savoir, dirigée par Jean Daniel, Le Nouvel Observateur/Presses du CNRS, mai 2011.
  • [2]
    F. Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1re partie, Prologue, I, 5.
  • [3]
    A. Arendt, La Condition de l’homme moderne, traduction française, Calmann-Lévy, 1961, chap. 6.
  • [4]
    Ch. Montesquieu, L’Esprit des Lois, livre XI, chap. 6.
  • [5]
    B. Constant, De l’esprit de conquête, chap. 6.
  • [6]
    Aristote, Politique, III, 9 et VI, 11.
  • [7]
    J.-J. Rousseau, Émile, livre V.
  • [8]
    C. Schmitt, La Notion du politique, traduction française, Flammarion, 1932.

La politique se meurt, la politique est morte  ! Son oraison funèbre est souvent prononcée. Mais de quoi s’agitil ? De la société sans classes et du dépérissement de l’État annoncé par Marx? De l’avènement du « dernier homme » de Nietzsche, c’est-à-dire d’un monde qui ressemblerait à un seul troupeau sans aucun pasteur, où chacun trouverait trop fatigant de commander ou d’obéir, ou d’entrer en conflit avec autrui ? De l’arrivée, dénoncée par Hannah Arendt, d’une société où l’action, définie par la politique, c’est-à-dire le dialogue public et la guerre, aurait dépéri au profit de la production, puis de la consommation, c’est-à-dire d’une vie purement biologique pour ne renaître que passagèrement, dans les rares moments révolutionnaires où les citoyens se retrouvent et se parlent ?
Aussi profondes et fulgurantes que soient ces vues, elles n’éclairent que partiellement le phénomène de la politique (qui ne se réduit ni à la lutte des classes, ni à l’autorité d’un guide, ni à la guerre, ni à la délibération), et celui de sa crise actuelle. On s’en rapproche davantage si on pense aux crises parallèles, elles aussi souvent déplorées, de la démocratie et de la république.
On oppose souvent, en particulier en France, démocrates et républicains. Les uns mettraient l’accent sur les droits des individus, sur leur liberté et leur égalité, sur leur épanouissement et sur leurs intérêts. Les autres sur le bien public et sur la participation de tous les citoyens à sa définition et à sa défense…


Date de mise en ligne : 28/12/2013

https://doi.org/10.3917/comm.136.1121

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