Article de revue

La question keynésienne

Pages 667 à 670

Citer cet article


  • Peyrelevade, J.
(2010). La question keynésienne. Commentaire, Numéro 131(3), 667-670. https://doi.org/10.3917/comm.131.0667.

  • Peyrelevade, Jean.
« La question keynésienne ». Commentaire, 2010/3 Numéro 131, 2010. p.667-670. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2010-3-page-667?lang=fr.

  • PEYRELEVADE, Jean,
2010. La question keynésienne. Commentaire, 2010/3 Numéro 131, p.667-670. DOI : 10.3917/comm.131.0667. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2010-3-page-667?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.131.0667


Un État qui s’endette connaît un besoin de financement. Celui-ci, en économie fermée ou dont les échanges avec l’étranger sont à l’équilibre, est comblé par le secteur privé, donc les ménages. En effet, les entreprises consacrent leur épargne brute à l’investissement et sont elles-mêmes, la plupart du temps, emprunteuses.
Le seul équilibre comptable des emplois et des ressources commande donc que le taux d’épargne des ménages augmente en même temps que le déficit public. Et, de façon cumulée dans le temps, si la dette publique augmente en proportion du PIB, c’est donc – sauf à vivre aux crochets de l’étranger – qu’une partie croissante du patrimoine financier des citoyens est investie en créances sur l’État.
En bref, la dette publique est un moyen détourné d’enlever aux ménages une capacité de dépense que l’État exerce à leur place, là où l’impôt est jugé politiquement trop rude pour l’atteinte du même objectif. Derrière toute politique d’endettement public se glisse donc l’idée que l’État, incarnation de la collectivité, est mieux placé que les individus pour juger du bien-fondé de leur dépense. De là découle que le keynésianisme résonne souvent comme un écho assourdi, sinon du collectivisme, en tout cas de l’étatisme auquel il fournit une sorte de caution académique.
La dépense publique vaut-elle de contraindre les ménages à l’épargne (donc à diminuer leur propre dépense) pour la financer ? Est-elle, en quelque sorte, supérieure à la dépense privée ? Certains le pensent pour des raisons philosophiques parfois inattendues…


Date de mise en ligne : 26/12/2013

https://doi.org/10.3917/comm.131.0667

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