L’Université française du xixe au xxie siècle
Sept thèses pour expliquer son histoire
Pages 193 à 204
Citer cet article
- CASANOVA, Jean-Claude,
- Casanova, Jean-Claude.
- Casanova, J.-C.
https://doi.org/10.3917/comm.117.0193
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- Casanova, J.-C.
- Casanova, Jean-Claude.
- CASANOVA, Jean-Claude,
https://doi.org/10.3917/comm.117.0193
Notes
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[1]
Voir ce tableau historiques des Prix Nobel dans : Jean-Claude Casanova, « Une pièce au dossier », Commentaire, n° 104, hiver 2003-2004, p. 845-846. De 1901 à 1920, la France obtient 11 prix Nobel sur 60, l’Allemagne 19 et la Grande-Bretagne 8.
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[2]
Op. cit.
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[3]
Pour toute comparaison avec d’autres pays, notamment avec les pays anglo-saxons, on doit se souvenir que la coupure du baccalauréat entre l’enseignement dit secondaire et l’enseignement dit supérieur crée une différence. En fait les élèves des classes terminales du lycée par la nature des programmes et par la qualité des enseignants sont comparables aux étudiants des deux premières années de college aux États-Unis par exemple.
Je voudrais m’aventurer et énoncer sept thèses concernant l’histoire universitaire française, en essayant de démêler les relations entre l’histoire générale de notre pays et l’histoire particulière de l’Université.
Commençons par constater que l’intitulé choisi, « L’Université française du xixe au xxie siècle », ne saurait être utilisé pour un autre pays que la France, sinon par une métonymie excessive. Il n’est pas conseillé de dire « l’Université américaine » ou « l’Université anglaise » ou « l’Université allemande ». Ces pays ont des universités et on parle des universités anglaises, allemandes ou américaines. En revanche, on pourra dire « l’Université française » parce que les universités françaises ont disparu en 1793 et n’ont été reconstituées formellement qu’en 1896. La France a rêvé d’une Université unique que le décret impérial de 1806 a définie comme le « corps chargé exclusivement de l’enseignement et de l’éducation publique dans tout l’Empire ». Cette Université était divisée en académies – une dizaine –, en cinq ordres de facultés – énumérés protocolairement selon la classification ancienne : théologie, droit, médecine, sciences et lettres –, attribuant trois grades universitaires – le baccalauréat, la licence, le doctorat. Elle a duré pendant tout le xixe siècle, et ce sentiment fort d’unité influence encore notre système. Dans cette université napoléonienne, les lycées faisaient partie de l’Université, les facultés étaient distinctes par discipline, mais instruction leur avait été donnée à l’origine de n’avoir aucun rapport entre elles…
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