L’entreprise aux travailleurs ?
- Par Jean Peyrelevade
Pages 375 à 382
Citer cet article
- PEYRELEVADE, Jean,
- Peyrelevade, Jean.
- Peyrelevade, J.
https://doi.org/10.3917/comm.114.0375
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- Peyrelevade, Jean.
- PEYRELEVADE, Jean,
https://doi.org/10.3917/comm.114.0375
Comment empêcher, dans l’entreprise elle-même, la séparation de l’économique et du social, la fracture grandissante entre actionnaires et salariés ? L’association du capital et du travail, telle est la réponse qu’apporta dès 1947 le général de Gaulle à cette question, « l’association digne et féconde de ceux qui mettraient en commun, à l’intérieur d’une même entreprise, soit leur travail, soit leur technique, soit leurs biens et qui devraient s’en partager, à visage découvert et en honnêtes actionnaires, les bénéfices et les risques ».
L’idée reste d’actualité, même si son intérêt tient davantage à ses implications sur la répartition du pouvoir que sur celle des richesses à laquelle le patronat a entendu la cantonner. La participation, l’intéressement sont souvent conçus comme supports de rémunérations complémentaires visant à favoriser motivation du personnel et rentabilité de l’entreprise : on donne à tous une partie du profit (ou du surplus de productivité) afin d’inciter chacun à son accroissement.
Là n’est pas l’essentiel, mais plutôt dans l’influence que le salarié, propriétaire de quelques actions, pourrait avoir sur son propre destin. Ne doit-on pas lui donner voix au chapitre ? Car étrange est le déséquilibre des forces entre les deux principales parties prenantes ! La collectivité de travail, lentement renouvelée, partage sur une longue durée le sort de l’entreprise sans y disposer d’aucun pouvoir. L’actionnaire, fugace et changeant au point de ne jamais avoir d’identité stable et pour qui chaque société n’est qu’une occasion de placement parmi tant d’autres, y dit toute la loi…
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