Article de revue

L’accord Churchill-Staline

Pages 0482 à 0484

Citer cet article


  • Hassner, P.
(2003). L’accord Churchill-Staline. Commentaire, Numéro 102(2), 0482-0484. https://doi.org/10.3917/comm.102.0482.

  • Hassner, Pierre.
« L’accord Churchill-Staline ». Commentaire, 2003/2 Numéro 102, 2003. p.0482-0484. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2003-2-page-0482?lang=fr.

  • HASSNER, Pierre,
2003. L’accord Churchill-Staline. Commentaire, 2003/2 Numéro 102, p.0482-0484. DOI : 10.3917/comm.102.0482. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2003-2-page-0482?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.102.0482


Notes

  • [1]
    Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, t. III, p. 53.
  • [2]
    Raymond Aron, Une histoire du xx e siècle, Plon, 1996, p. 225-255 et 362-388.

Vers 1945, selon mes souvenirs d’enfant, un mot circulait dans Bucarest, victime de l’occupation soviétique et du régime communiste en voie d’installation : « Roosevelt peut tout et ne comprend rien, Churchill comprend tout et ne peut rien, Staline comprend tout et peut tout. »
L’accord Churchill-Staline, objet central du livre de Maria Bratianu, confirme ce diagnostic porté à chaud et dans l’ignorance des tractations au sommet, tout en lui apportant quelques nuances. Roosevelt ne comprenait pas grand-chose à Staline ou du moins pariait en faveur d’une interprétation erronée ; il aurait pu faire beaucoup plus pour l’Europe de l’Est, mais il ne pouvait effacer le fait de base, celui de la présence des troupes soviétiques dans cette partie de l’Europe. Churchill comprenait beaucoup plus (bien qu’il se fît lui aussi des illusions sur la portée d’un accord signé avec Staline) et croyait pouvoir faire quelque chose sinon pour la Roumanie, du moins pour d’autres pays des Balkans ou d’Europe centrale. Staline comprenait tout à court terme, y compris les limites géographiques de son pouvoir, mais ne comprenait pas que la nature de celui-ci le condamnait à long terme.
Si j’évoque ce souvenir lointain c’est précisément parce que ce livre nous permet de confronter le jugement immédiat et le jugement rétrospectif, la perception vécue des dirigeants et des peuples et l’analyse objective des historiens. Personne n’était plus qualifié pour confronter ou combiner ces points de vue que Maria Bratianu…


Date de mise en ligne : 10/04/2015

https://doi.org/10.3917/comm.102.0482

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