Éditoriaux
Pages 935 à 937
Citer cet article
- SCHNAPPER, Dominique,
- Schnapper, Dominique.
- Schnapper, D.
https://doi.org/10.3917/comm.096.0935
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- Schnapper, D.
- Schnapper, Dominique.
- SCHNAPPER, Dominique,
https://doi.org/10.3917/comm.096.0935
Je voudrais signaler un sujet d’interrogation inquiète, à savoir le retour de l’irrationnel et de l’obscurantisme. Jean-Claude Guillebaud vient d’ailleurs de consacrer au sujet un bel essai.
José Bové a de fort belles moustaches. Chez les Français, la moustache est populaire. Celles de nos-ancêtres-les-Gaulois, selon la vieille imagerie de notre enseignement primaire, étaient également fournies, c’était la marque de leur formidable énergie. Astérix, notre héros gaulois, à son tour, n’a pas manqué d’exhiber des moustaches abondantes. Elles expliquent sans nul doute la victoire constante des Gaulois contre César, dont nos enfants se sont abreuvés en lisant Astérix.
Comme Astérix et les irréductibles Gaulois, José Bové résiste encore et toujours à l’envahisseur, il défend le dernier carré de la civilisation contre César, c’est-à-dire contre l’impérialisme américain. Il est bavard et il parle bien. Cela a toujours plu aux Français. Et, comme, contrairement à beaucoup de Français, par un hasard biographique miraculeux, il est également bien-disant en anglais, sa popularité est aussi grande aux États-Unis et dans le monde des antimondialistes.
« Démonter », selon cet étonnant euphémisme, le restaurant Mac Donald a également plu. Comment ne pas vibrer à cette victoire de l’homme de la nourriture-comme-civilisation contre la mondialisation de la nourriture élaborée aux États-Unis ? D’ailleurs nos hommes politiques ne s’y sont pas trompés. Le président de la République a été sensible aux inquiétudes exprimées par les manifestants de Gênes et José Bové a été longuement reçu par les collaborateurs du Premier ministre…
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