Article de revue

Après l’événement, avant l’histoire

À propos du procès Pétain

Pages 881 à 886

Citer cet article


  • Aron, R.
(2001). Après l’événement, avant l’histoire À propos du procès Pétain. Commentaire, Numéro 96(4), 881-886. https://doi.org/10.3917/comm.096.0881.

  • Aron, Raymond.
« Après l’événement, avant l’histoire : À propos du procès Pétain ». Commentaire, 2001/4 Numéro 96, 2001. p.881-886. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-commentaire-2001-4-page-881?lang=fr.

  • ARON, Raymond,
2001. Après l’événement, avant l’histoire À propos du procès Pétain. Commentaire, 2001/4 Numéro 96, p.881-886. DOI : 10.3917/comm.096.0881. URL : https://shs.cairn.info/revue-commentaire-2001-4-page-881?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/comm.096.0881


Notes

  • [1]
    La mère dont le fils avait été tué dans la lutte contre les Allemands, le résistant arrêté par la police française ne discutaient pas, ils n’argumentaient pas : sans Pétain y aurait-il eu plus ou moins de Français sacrifiés ? Ils n’en savaient rien et ils ne voulaient pas le savoir. Ce qui leur paraissait intolérable, en tout état de cause, c’est que la politique de Vichy eût entraîné de pareilles conséquences.
  • [2]
    Cette remarque ne s’applique pas à Léon Blum, qui montra, au procès, une parfaite dignité.

Le maréchal Pétain ne pouvait pas ne pas être condamné à mort, puisque certains de ses subordonnés l’avaient été pour avoir obéi à ses ordres. En raison de son âge, il ne pouvait pas être exécuté. L’issue était donc prévisible et prévue, de même que les convictions des juges, choisis parmi les résistants et les parlementaires de l’Assemblée consultative, ne prêtaient pas au doute. D’où cette impression d’un scénario réglé à l’avance, d’une sorte de rite collectif, auquel les participants ne croyaient qu’à moitié.
Si l’issue était trop claire, le caractère du procès ne l’était pas assez. Il s’agissait nécessairement d’un acte politique ou pour mieux dire révolutionnaire. Le Gouvernement provisoire, sorti d’une insurrection et non d’un vote populaire, accusait celui qui avait reçu le pouvoir constituant, donc suprême, des derniers représentants élus du peuple français. La mise en forme légale était vouée à affaiblir, voire à fausser la signification de l’acte. Parler d’intelligence avec l’ennemi dans le cas d’un chef d’État, alors que le territoire national est occupé, se ramène à une pure fiction juridique. On ne jugeait pas un traître au sens vulgaire du terme, un homme coupable d’avoir entretenu dans l’ombre, par intérêt ou par passion, des relations avec l’ennemi, on jugeait l’homme qui avait sinon décidé, du moins symbolisé une politique. Un tribunal révolutionnaire eût été probablement plus honnête et plus noble.
De plus, l’accusation avait un choix fondamental à faire ; ou bien elle dénonçait la politique de Vichy en tant que telle, en tant que, contraire à l’honneur, elle donnait de notre pays, au-dehors, une image indigne…


Date de mise en ligne : 17/04/2015

https://doi.org/10.3917/comm.096.0881

Cet article est en accès conditionnel

Acheter cet article

3,50 €

6 pages format électronique (HTML et PDF)
Membre d'une institution cliente ?