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Article de revue

Le diable au corps

Pages 75 à 88

Citer cet article


  • Mossuz-Lavau, J.
(2022). Le diable au corps. Cités, 91(3), 75-88. https://doi.org/10.3917/cite.091.0075.

  • Mossuz-Lavau, Janine.
« Le diable au corps ». Cités, 2022/3 N° 91, 2022. p.75-88. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cites-2022-3-page-75?lang=fr.

  • MOSSUZ-LAVAU, Janine,
2022. Le diable au corps. Cités, 2022/3 N° 91, p.75-88. DOI : 10.3917/cite.091.0075. URL : https://shs.cairn.info/revue-cites-2022-3-page-75?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cite.091.0075


Notes

  • [1]
    Film de Claude Autant-Lara, Le Diable au corps, 1947. Avec Gérard Philippe et Micheline Presle. Par la suite, des remakes ont été tournés (notamment par Marco Bellocchio en 1986).
  • [2]
    Références in Alain Rey, Dictionnaire amoureux du diable, Paris, Plon, 2013.
  • [3]
    Julien Green, Jeunesse, Paris, Plon, 1974.
  • [4]
    « Les usages du monde sont formels : si le rire de l’homme est considéré comme une juste récréation ou un remède à sa mélancolie, une femme qui rit risque toujours de passer pour une effrontée, une luronne paillarde, une folle hystérique, ou encore de perdre sa séduction et d’être cataloguée garçon manqué. » Sabine Melchior-Bonnet, Le Rire des femmes. Une histoire de pouvoir, Paris, Puf, 2021, p. 7.
  • [5]
    On ne donnera pas ici l’immense bibliographie établie au sujet des sorcières mais simplement quelques titres. Guy Bechtel, La Sorcière et l’Occident. La destruction de la sorcellerie en Europe, des origines aux grands bûchers, Paris, Plon, 1997, et aussi Les Quatre Femmes de Dieu. La putain, la sorcière, la sainte et Bécassine, Paris, Plon, 2000 ; Jules Michelet, La Sorcière (1862), Paris, Flammarion, 1966 ; Armelle Le Bras-Chopard, Les Putains du diable. Procès des sorcières et construction de l’État moderne, Paris, Dalloz, 2016.
  • [6]
    Cf. Armelle Le Bras-Chopard, Les Putains du diable, op. cit.
  • [7]
    Ibid., p. 79.
  • [8]
    In Terrafemina du 14 mars 2022 ainsi que dans d’autres journaux féminins.
  • [9]
    Ibid., p. 158.
  • [10]
    Paul Valéry, Variétés II, Paris, Gallimard, 1930, p. 256.
  • [11]
    Anna Göldi a été décapitée en Suisse, en 1782. Dernière en date dans ce long martyre des femmes accusées de sorcellerie.
  • [12]
    Sénèque, cité in Marcel Bernos, Jean Guyon, Charles de la Roncière, Philippe Lécrivain, Le Fruit défendu. Les chrétiens et la sexualité de l’Antiquité à nos jours, Paris, Bayard, 1985.
  • [13]
    Claude Langlois, « Catholicisme », in Janine Mossuz-Lavau (dir.), Dictionnaire des sexualités, Paris, Bouquins, 2014, p. 152-157.
  • [14]
    Acta Apostolica sedis, 43, 851. Cité par John-Thomas Noonan, Contraception et mariage. Évolution ou contradiction dans la pensée chrétienne, Paris, Éditions du Cerf, 1969, p. 624.
  • [15]
    Paul VI, La Régulation des naissances, Humanae Vitae, Encyclique du 25 juillet 1968, Paris, Éditions du Centurion, 1968, p. 35.
  • [16]
    Guy Michelat et Janine Mossuz-Lavau, « Le refus du plaisir : intégration au catholicisme et comportements sexuels », in Jacques Maître et Guy Michelat (dir.), Religion et Sexualité, Paris, L’Harmattan, 2002, p. 239-263.
  • [17]
    In Le Parisien, 22 juillet 2021.
  • [18]
    Denis de Rougemont, La Part du diable (1946), Paris, Gallimard, 1982, p. 16.
  • [19]
    Jacques Cazotte, Le Diable amoureux, texte établi par Gérard de Nerval, Paris, Plon, 1871, chap. 17-18, p. 264-272.
  • [20]
    E. T. A. Hoffmann, « Le pot d’or », Contes, fantaisies à la manière de Callot, septième veillée, trad. fr. Émile de la Bédollière, Georges Barba, 1871.
  • [21]
    Alfred de Vigny, Éloa ou la Sœur des anges, chant deuxième, « Séduction », Paris, Lemerre, 1883, p. 32.
  • [22]
    Théophile Gautier, La Morte amoureuse, in Nouvelles, Paris, Lemerre, 1897, p. 412.
  • [23]
    Georges Bernanos, Sous le soleil de Satan, Paris, Plon, 1926, p. 169.
  • [24]
    À l’origine, sur la tombe de la jeune mère et de sa fille, une plaque rappelait : « Ici repose Fays Régine tuée le 3 décembre 1956 par le curé de la paroisse à l’âge de 19 ans. » Du vivant du père de Régine, l’Église n’a pu faire retirer cette plaque mais, après sa mort, elle est revenue à la charge et ne subsiste aujourd’hui sur la tombe que le nom des deux victimes.
  • [25]
    Arnaud Zuck, L’Aube du diable, Plombières-les-Bains, Éditions ex Aequo, 2021. En ligne.
  • [26]
    Alberto Moravia, La Chose, trad. fr. René de Ceccatty, Paris, Flammarion, 1985, p. 111.
  • [27]
    William Shakespeare, Roméo et Juliette, acte III, scène 2, traduit et présenté par Victor Bourgy, in Œuvres complètes, édition bilingue, Tragédies, t. 1, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1995, p. 608.
  • [28]
    André Suarès, Cressida, Paris, Émile-Paul Frères, 1913.
  • [29]
    Nathalie Bajos et Michel Bozon (dir.), Enquête sur la sexualité en France, Préface de Maurice Godelier, Paris, La Découverte, 2008.
  • [30]
    Cf. Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl, Les Joies d’en bas. Tout sur le sexe féminin, trad. fr. Céline Romand-Monnier, Arles, Actes Sud, 2018.
  • [31]
    Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose (Le spleen de Paris), Paris, Éditions Garnier Frères, Introduction, notes, bibliographie et choix de variantes par Henri Lemaitre, 1958, p. 45.
  • [32]
    Jacques Sutter, « La culpabilité, un défi pour le devenir du fait religieux », in Guy Michelat, Julien Potel et Jacques Sutter, L’Héritage chrétien en disgrâce, Postface de Paul Ladrière, Paris, L’Harmattan, 2003, p. 36.
  • [33]
    Janine Mossuz-Lavau, La Vie sexuelle en France. L’enquête sans tabous, Paris, Éditions de la Martinière, 2018.
  • [34]
    C’est ce que rappelle la philosophe Catherine Malabou in Le Plaisir effacé, Paris, Payot-Rivages, 2020 ; Libération, 28-29 novembre 2020.
  • [35]
    Janine Mossuz-Lavau, La Vie sexuelle en France, Paris, Éditions de La Martinière, 2002, p. 215-216.
  • [36]
    Mona Chollet, Sorcières. La puissance invaincue des femmes, Paris, Zones-La Découverte, 2018, p. 11.
  • [37]
    « Et si le diable, c’était l’autonomie ? » écrit encore Mona Chollet. Ibid., p. 65.
  • [38]
    Isabelle Sorrente, Le Complexe de la sorcière, Paris, Éditions Jean-Claude Lattès, 2020.

S’il est un titre qui, de nos jours encore, évoque un lien indéfectible entre le désir sexuel (la libido sentiendi selon saint Augustin) et le diable, c’est bien celui du roman de Raymond Radiguet (1903-1923), inspiré de la propre histoire du jeune écrivain. Livre qui donna lieu plus tard à un film.
L’histoire : en avril 1917, à Saint-Maur-des-Fossés, Raymond Radiguet « rencontre » Alice, une jeune voisine de ses parents, tout juste mariée à Gaston, parti pour le front. Leur liaison dure un an. Publié en 1923, le roman montre en action ce désir qui fait rejeter tout à la fois les règles du mariage et le respect dû aux soldats. C’est en cela qu’il est associé au diable. Ne parle-t‑on pas aussi du « démon de midi » pour stigmatiser ces désirs qui reviennent à la cinquantaine ou plus tard, faisant rejaillir le feu sur des volcans qu’on croyait éteints ? Un lien qui remonte à loin dans l’histoire et dans les arts. « Femme, tu es la porte du diable » écrivait Tertullien, « lionne de Satan » disait d’elle Bernard de Morlas au xiie siècle, car, plus qu’au désir masculin, même si celui-ci n’est pas toujours épargné, les références au diable renvoient au désir féminin. Curieusement d’ailleurs, quand ce diable est évoqué à propos des envies des hommes, c’est plutôt lorsqu’elles s’expriment en faveur d’autres hommes. Ainsi, dans Jeunesse, Julien Green se décrit, sortant de chez lui, à 23 ans, malade de désir : « Comment oublierais-je ce moment qui compta si fort dans ma vie ? Ce fut celui où le démon me lança dans les rues de la ville nocturn…


Date de mise en ligne : 22/09/2022

https://doi.org/10.3917/cite.091.0075

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