Article de revue

Dans la précarité de la prière, quelle force d’en haut invoquer ?

Pages 77 à 81

Citer cet article


  • Baudry, G.
(2024). Dans la précarité de la prière, quelle force d’en haut invoquer ? Christus, 282(2), 77-81. https://doi.org/10.3917/chri.282.0079.

  • Baudry, Gilles.
« Dans la précarité de la prière, quelle force d’en haut invoquer ? ». Christus, 2024/2 nº 282, 2024. p.77-81. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-christus-2024-2-page-77?lang=fr.

  • BAUDRY, Gilles,
2024. Dans la précarité de la prière, quelle force d’en haut invoquer ? Christus, 2024/2 nº 282, p.77-81. DOI : 10.3917/chri.282.0079. URL : https://shs.cairn.info/revue-christus-2024-2-page-77?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/chri.282.0079


Notes

  • [1]
    Søren Kierkegaard, « Quatre discours édifiants », 1844, Œuvres complètes, tome VI, Éditions de l’Orante, 1979, p. 342.

Indicible est l’expérience de la prière. Dès lors, quels mots – toujours infimes et infirmes – seraient aptes à tenter de la traduire ? Peut-être n’est-il pas inutile de préciser d’entrée que l’état de l’orant est celui de la précarité (precare). Est précaire ce qui est demandé par l’humble prière : non celle du pharisien qui vient au Temple pour trouver en Dieu un témoin de sa réussite, mais celle du publicain qui découvre en Dieu un confident de sa misère. « Misericor es, miser sum [Miséricorde tu es, misère je suis] », ainsi priait saint Augustin (Confessions, X, 28, 39).
L’homme ne peut se tenir sous le regard de Dieu que comme un mendiant. La prière est le poème du pauvre. Jamais l’Écriture ne jette le discrédit sur la prière de demande. Au contraire, Jésus enseigne le Notre Père tout entier comme une demande. Il en est de même pour ce qui concerne les paraboles du juge injuste et de l’ami importun. Il s’agit de supplier avec une obstination têtue. « Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira » (Lc 11, 9). Ce sont des injonctions. On le voit : la prière n’est pas facultative, laissée au libre choix de l’homme, au gré de ses humeurs. Elle lui est substantielle, aussi vitale que la nourriture et la respiration.
Nul n’est digne de prier, nul ne le sait. L’homme, par sa finitude, son incomplétude, prend la mesure de la fragilité qui rend vaste sa pauvreté. « La faiblesse des moyens humains est une cause de force », va jusqu’à écrire Charles de Foucauld…


Date de mise en ligne : 12/12/2024

https://doi.org/10.3917/chri.282.0079

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