La leçon de sœur Jeanne
- Par Michel Kobik
Pages 64 à 68
Citer cet article
- KOBIK, Michel,
- Kobik, Michel.
- Kobik, M.
https://doi.org/10.3917/chri.282.0066
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- Kobik, Michel.
- KOBIK, Michel,
https://doi.org/10.3917/chri.282.0066
« Au mois de septembre, notre cuisinier est décédé, ainsi tout ce
temps jusqu’au 30 novembre, j’ai été à la cuisine de la communauté. Ma tête était occupée par les différents plats à préparer.
Maintenant que nous avons le nouveau cuisinier, je commence à
sentir le poids de ce visa qui n’arrive pas. Que l’Avent m’aide à vivre
cette attente dans la sérénité. »
Je viens de répondre à ce message de sœur Jeanne, une religieuse
africaine d’une cinquantaine d’années. Après avoir été au service
de sa congrégation comme provinciale, elle vient de terminer six
mois de formation à l’accompagnement spirituel et elle a reçu une
nouvelle mission en Amérique du Sud, dans un pays dont elle ne
connaît rien, pas même la langue usuelle. Depuis la fin des six mois
de formation, comme le visa tarde à venir, elle attend en Afrique de
pouvoir rejoindre son nouveau lieu de mission. Elle a fait la cuisine
pour la communauté nombreuse où elle se trouve et elle s’efforce
comme elle peut, à 50 ans passés, d’apprendre une nouvelle langue
étrangère, alors qu’elle en parle déjà quatre couramment ! Mais
l’attente lui pèse et elle perçoit bien que la paix du cœur est menacée
par cette contrainte de devoir renoncer, pour un temps indéterminé,
à pratiquer l’accompagnement spirituel pour lequel elle s’est formée
à la demande de sa supérieure, dans une obéissance qui lui a coûté.
Elle tient bon dans cette épreuve de la patience, soutenue par la foi
et la prière, en demandant la grâce de la sérénité.
À l’évidence, ce que vit sœur Jeanne suppose un…
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