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Article de revue

La folie citoyenne

Pages 37 à 46

Citer cet article


  • Querrien, A.
(2025). La folie citoyenne. Chimères, 107(2), 37-46. https://doi.org/10.3917/chime.107.0037.

  • Querrien, Anne.
« La folie citoyenne ». Chimères, 2025/2 n° 107, 2025. p.37-46. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-chimeres-2025-2-page-37?lang=fr.

  • QUERRIEN, Anne,
2025. La folie citoyenne. Chimères, 2025/2 n° 107, p.37-46. DOI : 10.3917/chime.107.0037. URL : https://shs.cairn.info/revue-chimeres-2025-2-page-37?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/chime.107.0037


Notes

  • [1]
    F. Tosquelles, Fonction poétique et psychothérapie, tr. A. Viader, Toulouse, érès, 2003.
  • [2]
    Cf. Chimères n° 95, La folie en partage, 2019.
  • [3]
    Fonction poétique, op. cit., p. 25.
  • [4]
    Ibid.
  • [5]
    F. Tosquelles, Soigner les institutions, textes choisis par J. Masó, Paris, L’Arachnéen/Arcadia, 2021, p. 264.

Bien qu’il semble a priori étrange d’accoler l’adjectif queer à la personne de François Tosquelles, mort avant que l’usage de cet adjectif ne se répande dans la société, on peut dire qu’il lui convient bien parce que Tosquelles présente cette particularité très étrange de ne pas avoir peur de la folie, alors que toutes les institutions qui en traitent se donnent pour mission de la contenir et d’en séparer le reste de la société. Comme il l’écrit dans plusieurs de ses ouvrages, cette volonté de contention et de séparation est particulièrement sensible chez les personnes des professions médicales, raison pour laquelle il s’est efforcé de former les médecins et les infirmiers de l’armée républicaine espagnole plus encore que de soigner les blessés et les délirants, confiés par lui aux bons soins d’anciennes prostituées, lorsqu’il était psychiatre de cette armée. Plus tard il souligne dans Fonction poétique et psychothérapie que la difficulté de comprendre les paroles et les actions des malades mentaux fait peur. Soignants et malades ne savent pas quoi dire et cette incapacité leur fait peur. Quand de la violence surgit on fuit ou on oppose une violence encore plus forte au lieu de chercher les mots pour intervenir. On est persuadé que l’autre cache quelque chose, le fou pense que ceux qui l’entourent cachent quelque chose, les théoriquement non fous pensent que le fou leur cache ses intentions forcément malveillantes. Or un accès de folie en public n’est qu’un cas limite de la difficulté de communiquer entre humains d’après Tosquelles ; cela n’a rien d’exceptionnel…


Date de mise en ligne : 26/01/2026

https://doi.org/10.3917/chime.107.0037

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