S'abonner
Article de revue

Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel

Récit à deux voix et plus

Pages 63 à 76

Citer cet article


  • Gosselin, S.
  • et Gé Bartoli, D.
(2023). Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel Récit à deux voix et plus. Chimères, 103(2), 63-76. https://doi.org/10.3917/chime.103.0063.

  • Gosselin, Sophie.
  • et al.
« Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel : Récit à deux voix et plus ». Chimères, 2023/2 N° 103, 2023. p.63-76. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-chimeres-2023-2-page-63?lang=fr.

  • GOSSELIN, Sophie
  • et GÉ BARTOLI, David,
2023. Terre-mondes et personnes-chimères : donner voix au pluriversel Récit à deux voix et plus. Chimères, 2023/2 N° 103, p.63-76. DOI : 10.3917/chime.103.0063. URL : https://shs.cairn.info/revue-chimeres-2023-2-page-63?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/chime.103.0063


Notes

  • [1]
    Comme l’anthropologue brésilien Eduardo Viveiros de Castro, par exemple.

L’hypothèse que l’on fait, avec d’autres penseurs, c’est qu’il ne s’agit pas de la fin du monde, au sens de la fin de la planète Terre, mais plutôt de la fin d’un monde : le monde moderne. Ce monde moderne, qui a pris forme à la Renaissance dans le contexte européen et qui s’est imposé par la violence à l’échelle mondiale à travers la colonisation puis plus récemment la globalisation, s’effondre. Mais ce faisant il laisse place à la possibilité qu’émergent d’autres manières de faire monde et d’habiter la Terre.
C’est le Sujet tel que Descartes le met en scène au xviie siècle, c’est-à-dire cet être de conscience capable de s’envisager indépendamment de son corps, et qui se trouve aujourd’hui, de manière radicale, remis à l’épreuve de ses limites corporelles.
Mais c’est aussi la traduction politique de ce Sujet sous la forme du grand Léviathan, de l’État moderne incarnant une souveraineté une et indivisible, qui est bousculé par la multiplication des soulèvements terrestres et par l’irruption de tous les corps invisibilisés, exploités ou anéantis, sur le dos desquels il s’est historiquement érigé : les femmes, les ouvriers, les racisés, les peuples indigènes, les autres qu’humains.
Les relations se transforment et les êtres changent d’identité, de nouvelles figures émergent, plus ou moins hybrides ou monstrueuses, incompréhensibles dans les systèmes d’interprétation qui organisaient jusque-là notre manière de faire monde.
Le récit du progrès grâce aux développements des science et des techniques se retourne contre les humains eux-mêmes avec l’industrie de la mort nazie et avec les explosions de la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki…


Date de mise en ligne : 10/10/2023

https://doi.org/10.3917/chime.103.0063

Cet article est en accès conditionnel