Interprétation et quantification des prises de risque délibérées
Pages 125 à 141
Citer cet article
- PERETTI-WATEL, Patrick,
- Peretti-Watel, Patrick.
- Peretti-Watel, P.
https://doi.org/10.3917/cis.114.0125
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- Peretti-Watel, P.
- Peretti-Watel, Patrick.
- PERETTI-WATEL, Patrick,
https://doi.org/10.3917/cis.114.0125
Notes
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[1]
Par exemple, dans le Baromètre Santé jeunes 97/98, un adolescent déclare avoir pris un risque en ayant un rapport sexuel à son domicile alors que ses parents s’y trouvaient : pour lui c’est un risque, mais pour un expert de santé publique, s’il a utilisé un préservatif, ça n’en est pas un (Peretti-Watel, 2002).
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[2]
C’est-à-dire le fait d’éprouver ses limites, à la fois de les ressentir et de les mettre à l’épreuve pour tenter de les dépasser, ces limites se concrétisant par la frontière entre ordre et chaos, vie et mort, conscience et inconscience...
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[3]
Mitchell (1983) décrit ainsi le membre type d’un club d’alpinisme californien : un ingénieur blanc, la quarantaine, marié, un enfant, cumulant confort matériel, bonne éducation et poste de prestige.
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[4]
Giddens admet toutefois qu’il arrive encore aux individus de se réfugier dans la croyance au destin, en particulier lorsqu’ils font face à une menace à la fois très grave et très incertaine.
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[5]
En partenariat avec la Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés, le ministère de l’Emploi et de la Solidarité, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies, la Fédération nationale de la mutualité française, le Haut Comité de la santé publique et la Fédération nationale des observatoires régionaux de santé. Les données ont été calées sur les chiffres du recensement de 1999.
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[6]
Parmi les items laissés de côté : les risques pris dans un cadre professionnel (n = 44), souvent dans le secteur BTP, qui concernent surtout des 21-40 ans, presque toujours des hommes ; et ceux pris lors d’une activité domestique (n = 54 : monter sur le toit pour une réparation, sur un escabeau pour changer une ampoule...), qui concernent une fois sur deux un plus de 50 ans, avec une parité hommes-femmes.
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[7]
Ce score est calculé à partir des réponses à six assertions : je ne suis pas quelqu’un de facile à vivre, j’ai du mal à me concentrer, je suis à l’aise avec les autres (modalités : tout à fait, à peu près, pas du tout votre cas) ; au cours des huit derniers jours j’ai eu des problèmes de sommeil, l’impression d’être vite fatigué, j’ai été tendu ou nerveux (modalités : pas du tout, un peu, beaucoup). Les modalités sont codées 0, 1, 2 puis sommées. Le score obtenu est normalisé pour prendre ses valeurs entre 0 et 100.
RÉSUMÉ
Les sociétés contemporaines entretiennent un rapport ambivalent au risque : elles sont promptes à s’alarmer pour des risques collectifs, tout en valorisant les prises de risque individuelles. Cet article s’attache à resituer les interprétations sociologiques de ces prises de risque délibérées, en particulier celles de Lyng et Le Breton, dans le cadre de la société du risque décrite par Beck et Giddens. Les prises de risque apparaissent alors comme la réaction à un environnement devenu très incertain et anxiogène. Ce cadre interprétatif invite aussi à nuancer l’opposition entre prises de risque adultes et adolescentes. Si les premières se concrétisent plus souvent dans la pratique d’un sport extrême, tandis que les secondes s’avèrent plus transgressives, il est possible que ce contraste traduise surtout des moyens matériels différenciés. Les données quantitatives du Baromètre Santé 2000 permettent enfin de tester empiriquement quelques hypothèses relatives à ces interprétations.
Mots cles
- Prises de risque délibérées
- Conduites à risque
- Société du risque
Mots-clés éditeurs : Conduites à risque, Prises de risque délibérées, Société du risque
SUMMARY
Risk has an ambivalent status in contemporary societies : great fears of collective risks coexist with an increasing taste for individual risk-taking. This article aims at reframing Lyng and Le Breton’s sociological interpretations of voluntary risk-taking in a broader scope, derived from the « risk society » described by Beck and Giddens. From this viewpoint, such behaviours are individual responses to an environment in which uncertainty is causing anxiety, and adolescent risky behaviours are not so different from those of adults. If adolescents are more prone to take risks in illegal ways, it can result from a restricted access to expensive extreme sports. Using quantitative data from the French survey Baromètre Santé 2000, the article ends with an empirical test of some hypotheses deriving from these interpretations.
Key Words
- Voluntary risk-taking
- Risky behaviours
- Risk society
Mots-clés éditeurs : Risk society, Risky behaviours, Voluntary risk-taking
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