Article de revue

Usages et mésusages des catégories territoriales : les risques d’un retournement idéologique des causalités

Pages 58 à 74

Citer cet article


  • Doytcheva, M.
(2016). Usages et mésusages des catégories territoriales : les risques d’un retournement idéologique des causalités. Cahiers de la LCD, 1(1), 58-74. https://doi.org/10.3917/clcd.001.0058.

  • Doytcheva, Milena.
« Usages et mésusages des catégories territoriales : les risques d’un retournement idéologique des causalités ». Cahiers de la LCD, 2016/1 N° 1, 2016. p.58-74. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-de-la-lcd-lutte-contre-les-discriminations-2016-1-page-58?lang=fr.

  • DOYTCHEVA, Milena,
2016. Usages et mésusages des catégories territoriales : les risques d’un retournement idéologique des causalités. Cahiers de la LCD, 2016/1 N° 1, p.58-74. DOI : 10.3917/clcd.001.0058. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-de-la-lcd-lutte-contre-les-discriminations-2016-1-page-58?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/clcd.001.0058


Notes

  • [1]
    Cet article développe des éléments pour certains initialement présentés dans : « Usages et mésusages de catégories territoriale, un nouvel âge dans l’analyse des inégalités », Les Cahiers du DSU (2015), « Contre les discriminations, place à l’action ! », n° 61.
  • [2]
    Au nombre de six dans l’article 13 du Traité d’Amsterdam de 1997 qui institue les compétences communautaires en la matière, les catégories prohibées sont dix-sept dans la Charte européenne des droits fondamentaux (2000), vingt actuellement dans la loi française.
  • [3]
    Respectivement : Délégation Interministérielle à la Ville (DIV), Fonds d’Action et de Soutien pour l’Intégration et la Lutte contre les Discriminations (FASILD), Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances (Acsé).
  • [4]
    Voir notamment la loi numéro 2011-1066 du 16 novembre 2001 relative à la lutte contre les discriminations.
  • [5]
    C’est ce que montrent par exemple les recensions effectuées à partir de la presse nationale : c’est en matière d’emploi et au travail que le plus grand nombre de critères discrimination se trouvent associés (Doytcheva, 2015).
  • [6]
    Kirszbaum T. (07/07/2014), « La politique de la ville devrait servir à interroger les institutions », La gazette des communes.
  • [7]
    Si la préoccupation est formulée bien sûr en amont, sa « carrière » institutionnelle recoupe l’avis rendu par la HALDE en 2011 (délibération n° 2011-121 du 18 avril 2011), « relative aux discriminations à raison du lieu de résidence », qui recommande l’inscription de ce nouveau critère dans la loi. Cette recommandation fait suite à la saisine de la Haute Autorité par la Courneuve, ainsi qu’à différentes initiatives politiques entreprises en 2010 (projet de loi).
  • [8]
    CIV du 19 février 2013 et loi n° 2014-173 du 21 février 2014 de programmation pour la ville et la cohésion urbaine. La loi instaure également la reconnaissance des mesures de discrimination positive, lorsque celles-ci sont basées sur le critère géographique.
  • [9]
    Parmi les premières personnalités politiques à avoir porté le thème dans l’arène publique, on compte de manière importante des maires et des élus PC (la Courneuve, Grigny, le Blanc-Mesnil).
  • [10]
    Derrida J. (août 1971), « Signature événement contexte », Communication au Congrès international des Sociétés de philosophie de langue française, republié dans Limited Inc. (1990), Galilée.
  • [11]
    Beckouche P. (28/12/2015), « Terroristes français : une géographie sociale accablante », Libération, http://www. liberation.fr/france/2015/12/28/terroristes-francais-une-geographie-sociale-accablante_1423279. Comme le sous-titre l’article : « De Mohamed Merah à Amedy Coulibaly en passant par les frères Abdeslam, ces jihadistes viennent de communes pauvres et surtout de zones urbaines sensibles ».
  • [12]
    « La politique de la ville est par essence une politique préventive, une politique de proximité à destination des plus fragiles, en particulier les jeunes en rupture, mais toutes les politiques dont j’ai la charge doivent intégrer cette préoccupation inédite et toutes y sont légitimes… », discours de Patrick Kanner à l’occasion de l’inauguration d’un centre de prévention contre la radicalisation (CAPRI) à Bordeaux, le 8 janvier 2016, cf. http://www.jeunes.gouv.fr/ actualites/actualites-interministerielles/article/lancement-du-centre-d-action-et-de (consulté le 25/02/2016).
  • [13]
    Voir par exemple les « ateliers citoyens départementaux » du Nord, organisés par la mission Démocratie participative, qui en 2015 prennent pour thème « Agir pour l’égalité, contre les discriminations » : https://lenord.fr/ jcms/prd2_256528/2015-agir-pour-l-egalite-contre-les-discriminations (consulté le 25/02/2016).
Français

À partir d’une analyse socio-historique, l’article propose d’interroger de manière critique l’institutionnalisation des processus de catégorisation territoriale, au prisme de la lutte contre les discriminations et des politiques de la ville en particulier. Il identifie plusieurs « âges » ou formes d’usage institutionnel des catégories territoriales, allant dans le sens d’une logique de plus en plus normative, puis finalement prescriptive et ascriptive. Il souligne pour conclure les risques induits par de tels effets de « solidification » comme étant ceux d’une inversion idéologique des causalités qui fait du racisme et des discriminations l’apanage privilégié de certaines aires urbaines en particulier.


Date de mise en ligne : 01/01/2018

https://doi.org/10.3917/clcd.001.0058

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