Franziska Hammer, Räume erzählen – erzählende Räume. Raumdarstellung als Poetik. Mit einer exemplarischen Analyse des ‘Nibelungenliedes’
- Par Peter Andersen
Pages 294 à 297
Citer cet article
- ANDERSEN, Peter,
- Andersen, Peter.
- Andersen, P.
https://doi.org/10.4000/ccm.4353
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https://doi.org/10.4000/ccm.4353
Après les défaites d’Austerlitz et d’Iéna, les penseurs d’outre-Rhin transformèrent la Chanson des Nibelungen en épopée nationale et en « poésie des champs [de bataille] et des camps [militaires] », propre à défendre la nation contre « les destructeurs de l’empire, les incendiaires gaulois, la prétention romaine » (« Das ist Feld- und Zeltpoesie, damit kann man Armeen aus der Erde stampfen, wenn es den Verwüstern des Reichs, den gallischen Mordbrennern, der römischen Anmaßung zu wehren gilt », Karl Simrock, 1870). Le détournement idéologique de cette magnifique œuvre médiévale culmina quand un peintre raté forgea la légende du coup de poignard dans le dos. Il le fit en comparant la supposée trahison du soldat allemand par les politiciens à l’assassinat de Siegfried par Hagen près de Worms. Si ce peintre avait lu le texte attentivement, il aurait su que Hagen se sert d’une lance pour transpercer le dos cuirassé et presque invulnérable du tueur de dragon.
Dès 1786, Johannes Müller avait écrit que la Chanson des Nibelungen pourrait devenir « l’Iliade allemande » (die Teutsche Ilias). Aujourd’hui, ce poème continue à passionner nos voisins et à inspirer un flot ininterrompu de travaux universitaires, sans parler des livres de vulgarisation. L’année 2018 confirma la popularité de l’épopée, avec la parution de deux nouvelles thèses, celle de Florian Schmid sur la version *C du poème et de son épilogue, la Plainte (Florian Schmid, Die Fassung *C des “Nibelungenlieds” und der “Klage”…