Compte rendu

CHRONIQUE BIBLIOGRAPHIQUE

Un spectre hante l'Afrique, le spectre du communisme d'Albert T. Nzula !

Pages 433 à 444

Citer cet article


  • Copans, J.
(2017). Un spectre hante l'Afrique, le spectre du communisme d'Albert T. Nzula ! Cahiers d'études africaines, 226(2), 433-444. https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.20746.

  • Copans, Jean.
« Un spectre hante l'Afrique, le spectre du communisme d'Albert T. Nzula ! ». Cahiers d'études africaines, 2017/2 n° 226, 2017. p.433-444. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-cahiers-d-etudes-africaines-2017-2-page-433?lang=fr.

  • COPANS, Jean,
2017. Un spectre hante l'Afrique, le spectre du communisme d'Albert T. Nzula ! Cahiers d'études africaines, 2017/2 n° 226, p.433-444. DOI : 10.4000/etudesafricaines.20746. URL : https://shs.cairn.info/revue-cahiers-d-etudes-africaines-2017-2-page-433?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.20746


Notes

  • [1]
    À propos de l'ouvrage d'A. T. Nzula, I. I. Potekhin & A. Z. Zusmanovitch, Forced Labour in Colonial Africa, London, Zed Press 1978. A. T. Nzula a été l'objet de plusieurs articles qu'utilise Robin Cohen, l'éditeur de cet ouvrage, voir Davidson (1975), Historicus (1976) et Edgar (1983).
  • [2]
    A. T. Nzula porte un pseudonyme, Tom Jackson, à Moscou, et c'est sous ce dernier nom qu'il est crédité comme troisième co-auteur dans l'édition originelle de 1933. Faut-il rappeler que les termes negro en anglais et nègre en français n'avaient pas à l'époque la connotation raciste qu'on leur a accolé depuis un demi-siècle.
  • [3]
    Avec qui j'avais co-édité l'année précédente, ainsi qu'avec P. C. W. Gutkind, l'ouvrage collectif African Labor History (Gutkind, Cohen & Copans 1978).
  • [4]
    J'ai bien contribué de mon côté à la même époque, à la fin des années 1970, en tant que co-directeur de la collection « Dossiers africains » du Centre d'études africaines (EHESS) aux éditions François Maspero, à la parution d'une anthologie de textes de sociologues marxistes sud-africains portant pour partie sur l'analyse des classes laborieuses sud-africaines, Apartheid et capitalisme (Messiant & Meunier 1979). J'ai évoqué le texte d'A. T. Nzula ultérieurement dans ma contribution (Copans 1984) à l'ouvrage dirigé par Z. Laïdi, L'URSS vue du Tiers Monde.
  • [5]
    Le PC sud-africain est fondé en 1921 par des militants ouvriers blancs immigrés de Grande-Bretagne, et il est d'abord dirigé par des Blancs. La littérature militante ou communiste blanche est bien connue de l'historiographie sud-africaine : voir par exemple les ouvrages de B. Bunting (1964), E. Roux (1964), E. Roux & W. Roux (1970), J. Simons & R. Simons (1969) et D. Wolton (1947) qu'utilise R. Cohen pour son introduction. Le Parti participa à la lutte armée contre l'apartheid conduite par l'ANC. Entre 1984 et 1991, il fut à nouveau dirigé par un Blanc, l'avocat Joe Slovo. Le SACP contribua au succès des négociations conduisant à l'arrivée de N. Mandela au pouvoir en 1994 en formant une alliance avec l'ANC et la COSATU. On peut consulter les travaux de l'historienne A. Drew pour éclairer cette période de l'histoire du communisme et du trotskysme en Afrique du Sud : voir son Ph. D. (Drew 1991) ainsi que ses collections documentaires publiées en ligne (<ww.sahistory.org.za.>), ces dernières ne comportant aucun texte d'A. T. Nzula.
  • [6]
    Sur cette histoire française et francophone, voir notamment P. Dewitte (1985), L. Senghor (2012) et D. Murphy (2015).
  • [7]
    L'ICU, fondée en 1919, ne réussit pas à défendre une position radicale et s'accommodera finalement de la ségrégation.
  • [8]
    Les témoins commencent déjà à noter sa propension à une alcoolisation poussée.
  • [9]
    Le 16 décembre est la journée de célébration de la bataille dite de Blood River qui a vu la victoire des Boers sur les Zulu au terme de leur Grand Trek en 1838. Dingaan était roi des Zulu depuis 1828. Cette célébration est le fondement du nationalisme boer et constituerait la confirmation de la prédestination de son rôle moral et politique.
  • [10]
    Plusieurs des textes écrits par A. T. Nzula à cette occasion, notamment dans le journal The Negro Worker, font partie des annexes de l'ouvrage en revue.
  • [11]
    Le terme d'Orient désigne quasiment tout le Tiers-monde, y compris soviétique, depuis la perspective bolchévique. Voir par exemple les actes du Premier congrès des peuples de l'Orient tenu à Bakou en septembre 1920 (Troisième Internationale communiste 1921).
  • [12]
    Il est l'auteur d'une Histoire de l'Afrique noire en deux volumes dans les années 1960, très mal reçue par les historiens africanistes occidentaux de l'époque (Sik 1961, 1964). Fait prisonnier par les Russes pendant la Première Guerre mondiale, il s'installe ensuite à Moscou, adhère au PCUS à partir de 1920 et y vit jusqu'en 1945. À son retour en Hongrie, il se lancera dans la politique et deviendra ministre des Affaires étrangères en 1958 (Darch & Littlejohn 1983).
  • [13]
    Notons que la situation des études sur l'Afrique coloniale et moderne est à peine meilleure dans les grandes métropoles coloniales occidentales de l'époque, voir l'ouvrage généraliste publié en 1968 (Potekhin 1968). À propos d'I. I. Potekhin, lire M. Morris (1973) et L. Rytov (1973).
  • [14]
    G. Padmore (1903-1959) né à Trinidad, devient communiste en 1927 et se retrouve à Moscou en 1929. Il dirige le Bureau africain du Profintern (l'Internationale syndicale rouge) et est élu au Conseil municipal de Moscou. Il publie un ouvrage, The Life and Struggles of Negro Toilers (Padmore 1931) qui a pu inspirer nos trois auteurs, puis il s'installe à Hambourg pour s'occuper du journal The Negro Worker. Il est expulsé vers l'Angleterre en 1933 par les nazis et l'Internationale communiste suspend son soutien au journal. Il quitte l'Internationale communiste sans autorisation puis en est expulsé officiellement. Il deviendra l'un des « inventeurs » du panafricanisme. C'est également lui qui a soutenu la venue du Kenyan J. Kenyatta à Moscou en 1932-1933. Ce dernier partage l'évolution de G. Padmore puis poursuit ses études à la London School of Economics sous la direction de B. Malinowski avec qui il soutient son mémoire de Master d'anthropologie sociale, publié en 1938 (Kenyatta 1938, 1960 ; Peatrick 2014).
  • [15]
    C. L. R. James (1949) est l'auteur d'un des premiers ouvrages sur Toussaint-Louverture, paru pour la première fois en 1938 sous le titre Les Jacobins noirs. Voir l'ouvrage récent que lui consacre M. Renault (2016).
  • [16]
    Sur ce point, voir l'analyse du Sud-Africain P. Trewhela (1988).
  • [17]
    N'oublions pas qu'à peine deux ans et demi plus tard, en août 1936, débutent les fameux procès de Moscou.
Français

Cette chronique bibliographique présente la traduction en langue anglaise de l'ouvrage collectif rédigé par le premier Secrétaire général noir du Parti communiste d'Afrique du Sud, A. T. Nzula, et les deux premiers chercheurs africanistes soviétiques I. Potekhin et A. Zusmanovich, et publié en russe en 1933. Nous évoquons tout d'abord la vie professionnelle et militante d'A. T. Nzula en Afrique du Sud, puis en Russie où il se rend en 1931 ; il y décéde début 1934. Nous présentons ensuite une analyse et des commentaires de l'ouvrage, traduit sous le titre : Le travail forcé en Afrique coloniale. Il s'agit là de la première tentative marxiste et communiste d'analyse des mouvements sociaux et politiques africains coloniaux (nationalistes, réformistes et révolutionnaires) et notamment ceux d'Afrique du Sud.

  • nationalisme
  • colonisation
  • études africaines
  • économie coloniale
  • communisme
  • Albert T. Nzula
  • classe ouvrière
  • partis révolutionnaires

Mots-clés éditeurs : Albert T. Nzula, classe ouvrière, colonisation, communisme, économie coloniale, études africaines, nationalisme, partis révolutionnaires


English

‪ This review presents the English translation of the collective book written by the first black General Secretary of the South African Communist Party, A. T. Nzula, and the two first Soviet Africanist scholars, I. Potekhin and A. Zusmanovich, published in Russian in 1933.  We describe the South African professional and activist life of A. T. Nzula who went to Russia in 1931 and died in Moscow in 1934.  Then we analyze and comment the contents of the book, entitled Forced Labour in Colonial Africa.  This book is the first Communist and Marxist endeavour to analyze African social and political movements including nationalist, reformist and revolutionary parties especially in South Africa.‪

  • nationalism
  • African studies
  • communism
  • Albert T. Nzula
  • working class
  • colonization
  • colonial economy
  • revolutionary parties

Mots-clés éditeurs : African studies, Albert T. Nzula, colonial economy, colonization, communism, nationalism, revolutionary parties, working class


Date de mise en ligne : 13/10/2017

https://doi.org/10.4000/etudesafricaines.20746

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