De la réaction thérapeutique négative en question : quand le symptôme ne cesse pas
- Par Simon Flémal
Pages 451 à 461
Citer cet article
- FLÉMAL, Simon,
- Flémal, Simon.
- Flémal, S.
https://doi.org/10.3917/bupsy.552.0451
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- Flémal, Simon.
- FLÉMAL, Simon,
https://doi.org/10.3917/bupsy.552.0451
Notes
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[1]
Voir, entre autres, l’article de McDougall (1972) sur ce qu’elle nomme les « anti-analysants », celui de Pontalis (1981), reliant la réaction thérapeutique négative à une dynamique nocive entre le sujet et son partenaire maternel, ainsi que celui de Dorey (1981), associant la réaction thérapeutique négative à ce qu’il appelle la « relation d’emprise ».
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[2]
Voir notamment les écrits de Lacan (1955), de Zenoni (2009) et de Maleval (2012) sur la réaction thérapeutique négative et ce qui fait obstacle au traitement.
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[3]
Lacan (1977), dans son séminaire « L’insu que sait de l’une-bévue s’aile à mourre », parle, notamment, de se faire « disciple de son symptôme », c’est-à-dire de « s’en laisser enseigner », dans le sens de « savoir faire avec ce symptôme, savoir le débrouiller, savoir le manipuler (…) ».
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[4]
En Belgique, la mesure de soins sous contrainte, appelée « mise en observation », est lancée à partir de la requête d’un tiers (famille, voisin, ami, passant, police), à laquelle doit être joint un rapport médical circonstancié, tel que défini dans la loi du 26 juin 1990. Dans le cadre de cette procédure, nous avons fait le choix, avec l’équipe soignante de l’établissement, de prendre contact avec la ou les personnes à l’origine de la demande de l’injonction de soins, afin de récolter, si possible, un certain nombre d’informations sur les circonstances entourant la mise en place de cette mesure. C’est dans ce contexte que la sœur et la mère de Roberto, à l’initiative de la demande de l’hospitalisation sous contrainte, furent contactées.
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[5]
La notion de volonté a été abordée de différentes manières dans le champ de la psychiatrie et de la psychanalyse (voir notamment : Ribot 1888). Zenoni (2009), en suite des enseignements de Lacan, examine cette notion ; à partir d’un constat clinique singulier : la coexistence, au sein de la condition humaine, d’une volonté motivée par un bien, un idéal, une raison, correspondant à la définition habituelle de la volonté, et d’une volonté réduite à un « pur vouloir », disjointe de toute explication et de tout intérêt, que Zenoni relie à la pulsion de mort freudienne. Il nous semble que cette distinction entre ces deux registres de volonté se révèle opérante dans l’appréhension de ce qui se répète pour Roberto, ce dernier témoignant d’une intention de se reconnecter aux autres et à la vie, tout en étant rapidement dépassé par une force nocive qu’il ne s’explique pas et qui le pousse vers l’isolement social et la mort.
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[6]
Dans le cas de Roberto, sa confrontation à des idéaux très lourds, sa tendance à se renfermer et à s’exclure du lien social, ainsi que sa propension, lors des premiers temps de son hospitalisation, à se reprocher d’être la cause de ses propres malheurs, nous amènent à formuler l’hypothèse d’une position mélancolique chez ce patient, dans le contexte de la séparation et de la procédure de divorce de son épouse. Ce repérage diagnostique ne rencontre pas la thèse de Freud (1940), qui associe la réaction thérapeutique négative et le champ des névroses. Il tend davantage à conforter celle soutenue par Lacan (1955) selon qui la réaction thérapeutique négative serait transversale à la condition humaine et ne constituerait pas ou ne serait pas appariée à une entité clinique particulière.
Au cours de ses différents travaux, Freud introduit et développe une expression conceptuelle particulière : la réaction thérapeutique négative. Cette dernière correspond à un « besoin d’être malade » ou un « besoin de souffrir » qui, en raison de la prégnance d’un « surmoi devenu particulièrement dur et cruel », s’oppose à toute tentative de guérison. Près d’un siècle après la parution de ces écrits, qu’en est-il de la réaction thérapeutique négative aujourd’hui ? Comment ce concept a-t-il été repris et interprété par d’autres auteurs, tant dans sa valeur épistémologique que dans sa pertinence clinique ? Dans une perspective thérapeutique, quels sont les modes d’accueil et d’accompagnement susceptibles d’aider les personnes ne « voulant » pas guérir ? Quelle position adopter face à un symptôme qui ne cesse pas ? Afin de développer ces différentes questions, nous partirons des écrits de Freud consacrés à la réaction thérapeutique négative, pour, ensuite, étudier la manière dont ces derniers ont été relus par Anzieu et par Lacan. Il s’agira, ensuite, d’examiner la portée clinique de ces théorisations, à partir de l’étude de cas d’un patient hospitalisé sous contrainte, et pour qui l’accompagnement thérapeutique ne permet pas de prévenir la répétition de passages à l’acte suicidaires.
The Negative Therapeutic Reaction in Question : When the Symptom Doesn’t Cease
The Negative Therapeutic Reaction in Question : When the Symptom Doesn’t Cease
Over the course of his various works, S. Freud introduced and developed a particular conceptual expression : the negative therapeutic reaction. This concept corresponds to a “need to be sick” or “need to suffer” which, because of the predominance of a “super-ego become particularly harsh and cruel,” opposes any attempt to effect a cure. Nearly a century after the publication of these writings, what about the negative therapeutic reaction today ? How has this concept been questioned by other authors, both in its epistemological value and in its clinical relevance ? In a therapeutic perspective, what are the treatment devices that can help people who don’t “want” to recover ? How can symptoms that don’t cease be dealt with ? To develop these issues, we will discuss the writings of S. Freud regarding the negative therapeutic reaction and we will then study how these writings have been reviewed by D. Anzieu and J. Lacan. Subsequently, we will examine the clinical relevance of these theories from the case study of a patient hospitalized in compulsory commitment and for whom therapeutic accompaniment does not prevent the repetition of suicidal acting out.