Figures juives de l’industrie du cinéma français. Introduction
- Par Ophir Levy
Pages 4 à 9
Citer cet article
- LEVY, Ophir,
- Levy, Ophir.
- Levy, O.
https://doi.org/10.3917/aj1.572.0004
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- Levy, O.
- Levy, Ophir.
- LEVY, Ophir,
https://doi.org/10.3917/aj1.572.0004
Notes
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[1]
Centre de documentation juive contemporaine (ci-après CDJC), CIII_19_5. Photographie du panneau de l’exposition « Le Juif et la France » qui s’est tenue à Paris, au Palais Berlitz, du 5 septembre 1941 au 11 janvier 1942.
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[2]
« Les Juifs, par leurs puissants moyens de propagande (cinéma, maisons d’éditions, agences de diffusion des nouvelles, organisations de toutes sortes), travaillent à tuer le sentiment national, racial, religieux, afin de faire crouler la civilisation échafaudée par les peuples blancs. » (Jean Marquès-Rivière, Catalogue de l’exposition « Le Juif et la France », Paris, Institut d’étude des questions juives, p. 29. Archives CDJC, XIg-118).
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[3]
Neal Gabler, Le Royaume de leurs rêves. La saga des juifs qui ont fondé Hollywood (1988), trad. J.-F. Hel Guedj, Paris, Hachette Littératures, 2005 ; J. Hoberman et Jeffrey Shandler (dir.), Entertaining America. Jews, Movies, and Broadcasting, New York/Princetone, The JewishMuseum/Princetone University Press, 2003 ; Paul Buhle, From the Lower East Side to Hollywood. Jews in American Popular Culture, Londres/New York, Verso, 2004.
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[4]
Noël Burch, Life to those Shadows, trad. Ben Brewster, Berkeley/Los Angeles, University of California Press, 1990, p. 97.
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[5]
Valérie Pozner, « Cinéma et judéité dans les frontières de l’Empire russe entre 1910 et 1918 », in Valérie Pozner et Natacha Laurent (dir.), Kinojudaica. Les représentations des Juifs dans le cinéma de Russie et d’Union soviétique des années 1910 aux années 1980, Paris, Nouveau Monde éditions/La Cinémathèque de Toulouse, 2012, p. 23-77.
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[6]
Voir par exemple : Maya Balakirsky Katz, Drawing the Iron Curtain. Jews and the Golden Age of Soviet Animation, New Brunswick, Rutgers University Press, 2017 ; David Frey, Jews, Nazis, and the Cinema of Hungary, Londres/New York, I.B. Tauris, 2018.
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[7]
À cet égard, le précédent antisémite que constitue Les Tribus du cinéma et du théâtre de Lucien Rebatet (publié en 1941 par les Nouvelles Éditions Françaises, puis réédité en 2020 par Alain Soral) n’invite guère à l’imitation. En revanche, l’analyse de la représentation des Juifs dans le cinéma français ou bien celle de la judéité comme thème propice à la création ont été fréquemment proposées (voir le dossier « Cinéma et judéité », coordonné par Annie Goldmann et Guy Hennebelle, dans la revue CinémAction, no 37, Cerf, 1986).
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[8]
Voir le dossier d’Archives juives dirigé par Shoshana-Rose Marzel, « Les Juifs dans le Paris du vêtement et de la mode » (2006/2, vol. 39).
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[9]
Dans ses mémoires, Félix Mesguich raconte que Louis Lumière, sceptique quant à l’avenir du cinématographe, lui aurait dit en l’engageant : « Ce n’est pas une situation que nous vous offrons, c’est plutôt un métier de forain. Cela peut durer six mois, un an, peut-être plus, peut-être moins. » (Tours de manivelle. Souvenirs d’un chasseur d’images, Paris, Grasset, 1933, p. 129).
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[10]
Albert Kahn cité in Teresa Castro, « Les Archives de la Planète et les rythmes de l’Histoire », 1895, no 54, février 2008, p. 56-81, ici p. 57.
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[11]
Voir André Rossel-Kirschen, Pathé-Natan, la véritable histoire, Paris, Les Indépendants du Premier siècle, 2004, et Dominique Missika, L’Affaire Bernard Natan. Les années sombres du cinéma français, Paris, Denoël, 2023.
Coiffant les portraits alignés de dix producteurs et réalisateurs hexagonaux d’inégale importance, l’inscription « les juifs, maîtres du cinéma français » accueillit les visiteurs, à compter de septembre 1941, dans la section cinéma de l’exposition « Le Juif et la France ». Censé étayer l’antienne antisémite de l’emprise juive exercée sur les esprits, ce volet de l’exposition consacré au « Septième art » s’appuyait sur un fantasme certes grossier (le cinéma français aux mains de ceux qui conspirent à nous corrompre), mais un fantasme dérivant lui-même d’un constat : le fait que nombre de Juifs avaient investi avec succès, dans les années 1920-1930, les différents secteurs de l’industrie cinématographique française. Or, comment expliquer une participation aussi régulière d’acteurs juifs aux activités de production, de distribution ou d’exploitation cinématographiques, et ce, aussi bien en France qu’aux États-Unis, en Russie ou en Europe centrale ?
Cette présence importante des Juifs dans les métiers du cinéma résulte de phénomènes historiques, sociaux et culturels ayant été bien étudiés concernant d’autres pays que le nôtre. Ainsi, Neal Gabler, J. Hoberman, Jeffrey Shandler ou encore Paul Buhle ont montré, pour ce qui est des États-Unis, comment la réputation douteuse du cinéma à ses débuts, le mépris dont il était l’objet aux yeux des élites culturelles WASP et sa structuration économique balbutiante avaient permis à des immigrants juifs d’intégrer un secteur encore peu disputé là où d’autres portes plus prestigieuses (par exemple celles du théâtre) leur étaient souvent fermée…