Article de revue

L'objet de la théorie dialectique

Le débat entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno

Pages 449 à 470

Citer cet article


  • Noppen, P.-F.
(2012). L'objet de la théorie dialectique Le débat entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno. Archives de philosophie, Tome 75(3), 449-470. https://doi.org/10.3917/aphi.753.0449.

  • Noppen, Pierre-François.
« L'objet de la théorie dialectique : Le débat entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno ». Archives de philosophie, 2012/3 Tome 75, 2012. p.449-470. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2012-3-page-449?lang=fr.

  • NOPPEN, Pierre-François,
2012. L'objet de la théorie dialectique Le débat entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno. Archives de philosophie, 2012/3 Tome 75, p.449-470. DOI : 10.3917/aphi.753.0449. URL : https://shs.cairn.info/revue-archives-de-philosophie-2012-3-page-449?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/aphi.753.0449


Notes

  • [1]
    Parmi eux, on peut compter Karl Korsch, Georg Lukács, Ernst Bloch, Walter Benjamin, Max Horkheimer, Theodor W. Adorno et Herbert Marcuse, pour ne nommer que ceux qui ont été les plus influents en Allemagne.
  • [2]
    Cette interprétation s’appuie essentiellement sur les protocoles de deux discussions publiés dans le deuxième tome des œuvres complètes de Max Horkheimer. Il s’agit des Diskussionen über die Differenz zwischen Positivismus und materialistischer Dialektik et de la Diskussion über Dialektik (cf. infra).
  • [3]
    Georg Lukács y renvoyait d’ailleurs dans la préface à Histoire et conscience de classe (trad. par K. Axelos et J. Bois, Paris, Minuit, 1960, p. 14) afin de justifier sa propre entreprise dans un contexte idéologique très particulier.
  • [4]
    En 1886, dans Feuerbach, après avoir attribué la paternité de la conception matérialiste de l’histoire à Marx, Engels écrit que la « dialectique matérialiste » avait été depuis des années « notre meilleur outil et notre arme la plus efficace » (Ludwig Feuerbach und der Ausgang der klassischen deutschen Philosophie, Marx-Engels Werke, Band 21, Dietz, Berlin, 1962 [ci-après MEW 21], p. 293) (je traduis les passages cités dans l’original allemand).
  • [5]
    À ces deux textes, il faut ajouter le manuscrit rédigé entre 1873 et 1883, publié en 1925 sous le titre de Dialectique de la nature ; certaines des idées qu’on y trouve avaient déjà été présentées dans l’Anti-Dühring. C’est dans ce texte, en effet, qu’Engels introduit l’idée d’une « dialectique » de la nature ; il affirme alors que la dialectique n’est « rien de plus que la science des lois générales du mouvement et du développement de la nature, de la société humaine et de la pensée » (Herrn Eugen Dühring’s Umwälzung der Wissenschaft, MEW 20, 131 sq.). Dans Feuerbach (op. cit., MEW 21), il parle de même du « développement dialectique de la nature et de l’histoire » (p. 292) : la « conception dialectique de la nature » (p. 306) fait alors pendant à la conception matérialiste de l’histoire ; le tout est ancré dans une « vision matérialiste du monde » (p. 292). Le rapport de Marx aux notions qu’avance Engels mériterait un traitement de détail. Soulignons simplement que rien dans les écrits de Marx ou dans sa correspondance ne laisse croire qu’il souscrit à l’ensemble des caractérisations précédentes. D’ailleurs, les développements d’Engels sur la dialectique n’apparaissent bien souvent que comme autant de paraphrases des remarques de Marx sur sa méthode dialectique, augmentées de quelques réflexions générales sur le « développement dialectique de la nature et de l’histoire », sur sa « vision matérialiste du monde », etc. Dans leur correspondance, Marx se montre très prudent à l’égard de l’idée d’une « dialectique de la nature ». Peu de temps après qu’il a rédigé sa Postface à la deuxième édition du Capital (datée de janvier 1873), où il expose certains rudiments de sa méthode dialectique, Engels lui écrit pour lui faire part de quelques réflexions sur la dialectique en ce qui concerne les sciences naturelles et lui demander son avis. Marx répond : « Je ne m’aventurai à aucun jugement avant d’avoir eu le temps de réfléchir à la question et de consulter les “autorités”. » (mai 1873) La suite est éloquente : Marx n’écrira plus rien à ce sujet. Sur le concept de nature dans la pensée de Marx, cf. Alfred Schmidt, Le concept de nature chez Marx, trad. par J. Bois, Paris, PUF, 1994.
  • [6]
    Pour un aperçu de cette funeste histoire, voir Étienne Balibar, La philosophie de Marx, Paris, La découverte, 2001 (1993), p. 4 (dans l’encadré).
  • [7]
    Il n’est question par là en aucune façon d’atténuer les difficultés que comporte ce projet ; celles-ci font au contraire explicitement l’objet du présent article.
  • [8]
    Voir surtout le manuscrit de 1857 qui devait servir d’introduction à la Contribution à la critique de l’économie politique, publiée en 1859, et la Postface à la seconde édition du Capital de 1973.
  • [9]
    MEW 32, p. 547.
  • [10]
    MEW 23, p. 29.
  • [11]
    Tant le procédé de l’investigation que celui de la recherche, comme le soutient Marx dans la Postface à la seconde édition du Capital (ibid.).
  • [12]
    Notons que cette distinction vient étayer l’idée selon laquelle le projet marxien d’une « dialectique » n’a pas échoué. On utilise souvent l’expression de théorie dialectique pour désigner indifféremment les deux types de théories. En réalité, le plus souvent, la théorie dialectique (dialektische Theorie) désigne une théorie de la société qui procède de manière dialectique.
  • [13]
    Un principe qui découle de la formule marxienne déjà citée selon laquelle « l’idéel n’est que le matériel traduit et transposé dans le cerveau humain ».
  • [14]
    Théorie critique : essais, trad. par le Collège de philosophie, présenté par L. Ferry et A. Renaut, Paris, Payot, 1978 (Gesammelte Schriften, Band 3, hrsg. von Alfred Schmidt, Frankfurt a.M., 1988 [ci-après GS 3], p. 20-35).
  • [15]
    Il s’agit bien entendu de l’essai Théorie traditionnelle et théorie critique, publié en 1937 dans Zeitschrift für Sozialforschung 6 (et repris en traduction française dans un volume paru sous le même titre, trad. par C. Maillard et S. Muller, Paris, Gallimard, 1974 [GS 3]).
  • [16]
    Il est d’ailleurs étonnant que ce projet n’ait pas reçu plus d’attention étant donné l’importance que lui accordait Horkheimer. Dans sa lettre à Mme Favez de février 1939, par exemple, il écrit : « Tous mes plans sont actuellement conçus pour pouvoir travailler dans les prochaines années à ce livre dont toutes mes études antérieures, publiées ou non, n’étaient que les ébauches » (citée dans Rolf Wiggershaus, L’École de Francfort : histoire, développement, signification, trad. L. Deroche-Gurcel, Paris, PUF, 1993, p. 169). Quand on évoque le projet horkheimerien d’une dialectique, c’est surtout pour souligner le caractère inachevé des réflexions que Horkheimer consacre au projet et au rapport en général que la théorie dialectique entretient avec la théorie critique de nature interdisciplinaire (cf. R. Wiggershaus, op. cit., p. 169 sq. et David Held, Introduction to Critical Theory. Horkheimer to Habermas, Cambridge, Polity Press, 1990 [1980], p. 175 sq.) ; ou encore pour rappeler qu’au tournant des années 1940, le projet d’une dialectique s’estompe en même temps que les promesses de la première théorie critique et pour interroger les « fondements normatifs » du modèle qui lui succède (cf., entre autres, Jürgen Habermas, Le discours philosophique de la modernité : douze conférences, trad. C. Bouchindhomme et R. Rochlitz, Paris, Gallimard, 1988, et Sheyla Benhabib, Critique, Norm and Utopia. A Study of the Foundations of Critical Theory, New York, Columbia Press, 1986).
  • [17]
    Voir L’actualité de la philosophie et autres essais, Jacques-Olivier Bégot dir., Paris, éditions Rue d’Ulm/Presses de l’ENS, 2008. Pour l’original allemand, voir Gesammelte Schriften, Bd. 1, Rolf Tiedemann Hrsg., Frankfurt a. M., Suhrkamp, 1973 (ci-après GS 1).
  • [18]
    Ibid., p. 7 (GS 1, p. 325).
  • [19]
    « La philosophie n’a fait qu’interpréter le monde de différentes façons, il s’agit de le transformer » (MEW 3, p. 7).
  • [20]
    Dans son étude pionnière de 1977, Susan Buck-Morss avait déjà, de manière tout à fait convaincante, mis en évidence l’importance du texte de 1931 et d’autres de la même époque pour la compréhension du développement du projet adornien (The Origin of Negative Dialectics. Theodor W. Adorno, Walter Benjamin and the Frankfurt Institute, New York, The Free Press, 1977), alors que ces textes étaient encore dans les archives. Son interprétation ne couvre pourtant pas les protocoles de 1939 qui fournissent une clef d’interprétation de la genèse du projet adornien. C’est qu’il faut attendre 1985 pour voir les protocoles en question publiés dans le douzième volume des œuvres complètes de Max Horkheimer (cf. infra).
  • [21]
    Les protocoles des discussions forment un corpus d’une rare opacité, ce qui explique en partie qu’on leur ait accordé si peu d’attention. Les discussions s’articulent autour de thèmes déterminés d’avance et sont menées dans un esprit de communauté de recherche. Tantôt les protocoles rapportent point par point les répliques de chacun, tantôt ils semblent résumer des pans entiers de discussion. Les échanges sont faits de propositions, d’objections, de retours, de digressions, de sauts thématiques et d’autres associations qui témoignent de la liberté avec laquelle ils furent menés. S’y ajoutent un grand niveau d’abstraction, quelques omissions ainsi que de nombreuses références souvent implicites. Le résultat est par endroit déroutant. C’est pourquoi il m’a semblé utile de reconstituer la ligne argumentative principale sans toujours respecter l’ordre dans lequel les arguments sont avancés. Là où cela s’avère possible, je tâche de rendre fidèlement le fil des échanges.
  • [22]
    Pour la discussion de 1932, cf. «Wissenschaft und Krise. Differenz zwischen Idealismus und Materialismus. Diskussionen über Themen zur Vorlesung Max Horkheimers » (Theodor
    W. Adorno, Max Horkheimer, Leo Löwenthal et al.) (Semestre d’hiver 1932) in Horkheimer, GS 12 (en particulier) p. 371 sq. Pour la discussion de 1946, cf. plus loin.
  • [23]
    Plus précisément, Horkheimer dit qu’elle est le produit de la confrontation entre l’être humain et son environnement naturel et humain (cf. entre autres, « À propos de la querelle du rationalisme dans la philosophie contemporaine » (1934), Théorie critique, op. cit., p. 145 et p. 144 (GS 3, p. 192 sq. et p. 191).
  • [24]
    Il l’affirmait d’ailleurs explicitement dans À propos de la querelle du rationalisme dans la philosophie contemporaine : « Les concepts, les jugements et les théories sont des phénomènes [Phänomene] qui se développent au cours de la confrontation des hommes entre eux et avec la nature » (Théorie critique : essais, op. cit., p. 145 [GS 3, p. 192 sq.] ; cf. aussi « Matérialisme et métaphysique » (1933), ibid., p. 119 sq. [GS 3, p. 91]).
  • [25]
    « Diskussionen über die Differenz zwischen Positivismus und materialistischer Dialektik » (menées du 3 janvier 1939 au 5 avril 1939, entre Max Horkheimer et Theodor W. Adorno), in GS 12, p. 436 sq.
  • [26]
    Horkheimer vise alors le positivisme ambiant des sciences sociales empiriques (cf. « La dernière attaque contre la métaphysique » (1937), Théorie critique, op. cit. [GS 3]).
  • [27]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 489. Adorno qui s’exprime ici librement vise sans trop les nommer certains concepts fondamentaux de la philosophie moderne (dans sa caractérisation marxienne : bourgeoise), aussi bien ceux de la philosophie théorique (sujet, objet, totalité) que ceux de la philosophique pratique (liberté, autonomie). La thèse adornienne fait écho aux thèses développées par Lukács dans Histoire et conscience de classe (sur le rapport d’Adorno à Lukács, voir entre autres, Buck-Morss, op. cit., p. 26 sq.) Pour mon propos, il importe surtout de cerner la forme théorique qu’il cherche à exposer : celle de l’aporie philosophique. Il s’agit d’ailleurs d’une forme qui apparaît dès son Kierkegaard (rédigé entre 1929 et 1931, publié en 1933 : Kierkegaard. Construction de l’esthétique, trad. par E. Escoubas, Paris, Payot, 2003 [1979], p. 166 [GS 2, p. 140]) et que l’on retrouve tout au long de son œuvre.
  • [28]
    « Diskussionen über die Differenz…» (5 avril 1939), op. cit., GS 12, p. 489.
  • [29]
    Adorno affirme ainsi qu’un « monde théorique duquel auraient disparu ces questions aurait un air bien différent » (ibid. [5 avril 1939], GS 12, p. 489).
  • [30]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 490.
  • [31]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 491.
  • [32]
    Ce qu’il formulera de façon encore plus catégorique dans leur discussion de 1946 (cf. « Rettung der Aufklärung. Diskussionen über eine geplante Schrift zur Dialektik » [du 3 au 14 octobre 1946], GS 12, p. 594).
  • [33]
    Ibid. (3 février 1939), GS 12, p. 473.
  • [34]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 491. On retrouve dans cette réserve la distinction faite en 1931 : la tâche première de la philosophie, telle qu’Adorno la conçoit, n’est pas l’anéantissement des questions de la philosophie, mais leur dissolution.
  • [35]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 490 (pour les deux citations).
  • [36]
    « La formulation négative n’est-elle pas un simple truc ? » se demande Horkheimer (ibid.).
  • [37]
    Ibid.
  • [38]
    Ibid.
  • [39]
    Cf. ibid.
  • [40]
    Ibid. (5 avril 1939), GS 12, p. 488.
  • [41]
    On le voit d’ailleurs adopter cette stratégie dès 1932 (cf. « Hegel et le problème de la métaphysique », in Les débuts de la philosophie bourgeoise de l’histoire, trad. par D. Authier, Paris, Payot, 1970 [GS 2]).
  • [42]
    Cf. « Diskussion über die Differenz… » (5 avril 1939), op. cit., GS 12, p. 488. Adorno n’emploie pas ici le concept du non-identique, devenu emblématique de sa Dialectique négative. Il affirme simplement que l’immédiat n’est pas identique, au sens où il n’est pas d’entrée de jeu sous l’emprise du principe d’identité.
  • [43]
    « Diskussion über Dialektik » (1939 [date probable], entre Theodor W. Adorno et Max Horkheimer), in GS 12, p. 526 sq. On constatera que les principaux thèmes développés en 1931 y sont repris, alors même qu’Adorno s’efforce d’élaborer le projet d’une théorie dialectique. L’importance accordée au concept de donation a alors pour effet de polariser le projet sur les concepts de sujet et d’objet.
  • [44]
    En conformité avec le principe épistémique du matérialisme marxien. Cf. plus haut.
  • [45]
    Ce que Horkheimer exprime en disant que les concepts de donations et ceux qui doivent permettent de l’articuler (sujet, d’objet, etc.) n’ont de sens que si, pour les développer, on renvoie en chaque cas à des donations déterminées (cf. ibid., GS 12, p. 528).
  • [46]
    Ibid., GS 12, p. 530.
  • [47]
    Ibid., GS 12, p. 531.
  • [48]
    Cf. ibid., GS 12, p. 536.
  • [49]
    Cf. ibid., GS 12, p. 536 sq.
  • [50]
    Ibid., GS 12, p. 540.
  • [51]
    Cf. ibid.
  • [52]
    Op. cit., GS 12, p. 593 sq. Les deux auteurs tentent sans succès de fixer une orientation à leur projet commun d’une théorie dialectique. Comme dans les discussions précédentes, les oppositions sont marquées. À titre d’exemple, Horkheimer suggère d’amorcer le travail par une discussion d’enjeux politiques. La problème décisif est, dit-il, « dans le passage des questions politiques vers les questions logiques et métaphysiques » (ibid. [7 octobre 1946], p. 597). À l’inverse, Adorno suggère plutôt de commencer par des « analyses de catégories logiques et épistémologiques ». « La substance historique et sociale des catégories doit être conçue à partir de leur sens immanent » (ibid. [10 octobre 1946], p. 600 [pour les deux citations]).
  • [53]
    Cf. plus haut.
Français

Cet article veut contribuer à définir l’objet de la théorie dialectique. Afin d’y parvenir, il reconstruit le projet d’une théorie dialectique tel qu’il a pris forme au cours des années trente au sein de l’École de Francfort – dont on rappelle qu’elle s’est toujours voulue, depuis sa naissance à Francfort dans les années 30, et dans le contexte de la société allemande, une continuation et une reprise du marxisme et sur le plan spéculatif et sur le plan des sciences empiriques – en prenant appui sur les protocoles de discussions qui eurent lieu en 1939 à l’International Institute for Social Research à New York et dont l’importance n’a jamais été pleinement reconnue. Je défends que le projet peut être lu à la lumière d’une déclaration de Marx et que les termes qu’il emploie suggèrent, paradoxalement, que l’on peut emprunter l’une ou l’autre de deux voies distinctes pour élaborer la théorie dialectique. Je montre ensuite ce qui motive Max Horkheimer à emprunter l’une de ces voies et Theodor W. Adorno à emprunter plutôt l’autre. Je montre enfin pourquoi, dans la confrontation de leur position, l’une des deux voies s’affirme sur l’autre et comment cela nous permet de discerner plus précisément la nature de l’objet de la théorie dialectique.

Mots-clés

  • Horkheimer
  • Adorno
  • Marx
  • théorie dialectique

Mots-clés éditeurs : Adorno, Horkheimer, Marx, théorie dialectique


English

Abstract

This article works to define the object of dialectical theory. To do so, I reconstruct the project of this theory as it unfolded in the early years of the Frankfurt School using protocols of discussions held in 1939 at the International Institute for Social Research in New York City, the importance of which has not yet been fully acknowledged. I claim that this project can be read in light of one of Marx’s own statements which paradoxically suggests that one can choose either one of two paths to develop this project. I show what leads Max Horkheimer to take one of these paths and Theodor W. Adorno to rather take the other. I then explain why, in the confrontation of their respective positions, Adorno’s position asserts itself over Horkheimer’s and show how this confrontation allows us to sharpen our focus on the object of dialectical theory.

Keywords

  • Horkheimer
  • Adorno
  • Marx
  • dialectical theory

Mots-clés éditeurs : Adorno, dialectical theory, Horkheimer, Marx


Date de mise en ligne : 16/08/2012

https://doi.org/10.3917/aphi.753.0449

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