Article de revue

Les argiles utilisées au Moyen Âge et à l’époque moderne par l’industrie tuilière de Barbery (Calvados)

Pages 49 à 77

Citer cet article


  • Bocquet-Liénard, A.,
  • Bataillé, M.-P.,
  • Davidson, R.,
  • Dupré, J.,
  • Leclerc, M.,
  • Thierry, M.-A.,
  • Savary, X.,
  • Dubois, A.,
  • Vincent, J.-B.,
  • Maquaire, O.
  • et Cantin, N.
(2023). Les argiles utilisées au Moyen Âge et à l’époque moderne par l’industrie tuilière de Barbery (Calvados) ArcheoSciences, 47-1(1), 49-77. https://doi.org/10.4000/archeosciences.11589.

  • Bocquet-Liénard, Anne.,
  • et al.
« Les argiles utilisées au Moyen Âge et à l’époque moderne par l’industrie tuilière de Barbery (Calvados) ». ArcheoSciences, 2023/1 n° 47-1, 2023. p.49-77. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-archeosciences-2023-1-page-49?lang=fr.

  • BOCQUET-LIÉNARD, Anne,
  • BATAILLÉ, Marie-Paule,
  • DAVIDSON, Robert,
  • DUPRÉ, Juliette,
  • LECLERC, Mathilde,
  • THIERRY, Marc-Antoine,
  • SAVARY, Xavier,
  • DUBOIS, Adrien,
  • VINCENT, Jean-Baptiste,
  • MAQUAIRE, Olivier
  • et CANTIN, Nadia,
2023. Les argiles utilisées au Moyen Âge et à l’époque moderne par l’industrie tuilière de Barbery (Calvados) ArcheoSciences, 2023/1 n° 47-1, p.49-77. DOI : 10.4000/archeosciences.11589. URL : https://shs.cairn.info/revue-archeosciences-2023-1-page-49?lang=fr.

https://doi.org/10.4000/archeosciences.11589


Notes

  • [1]
    L’abbaye est fondée en 1181 (Dubois & Vincent, 2015).
  • [2]
    BNF, fr 26026 no 1906.
  • [3]
    Arch. dép. Calvados, F 4096/1, quittance de Roger Vivier, marchand de tuile à Barbery (4 décembre 1442).
  • [4]
    Arch. dép. Calvados, E453.
  • [5]
    Arch. dép. Calvados, H 1381/2 en ligne sur le site des Archives départementales du Calvados.
  • [6]
    Un article sur les structures de cuisson a été soumis à la revue Archéologie médiévale. Le four A1, représenté sur le plan de 1783, et bien repéré par la géophysique ainsi qu’une autre anomalie A2, située à proximité, n’ont pas encore fait l’objet d’investigation archéologique.
  • [7]
    Arch. dép. Calvados, H 1457, bail de la tuilerie des religieux de Barbery à Pierre Le Myere pour 5 ans (2 janvier 1582 ns).
  • [8]
    Arch. dép. Calvados, H 1792. Une grande partie des terres dans le secteur de l’étang de Corneville appartiennent à l’abbaye de Barbery.
  • [9]
    Arch. dép. Calvados, 8 E 3259, 24 novembre 1652. Ce lieu n’est pas localisé sur la figure 1.
  • [10]
    Lors de la vente des biens nationaux, concernant la tuilerie de l’abbaye de Barbery, il est indiqué « que la pièce de la tuilerie sur laquelle est bâtie ladite tuilerie forme l’emplacement ou se tire la terre propre à cette fabrique » (Arch. dép. Calvados, 1 Q 1221, no 299).
  • [11]
    Arch. dép. Calvados, 8 E 3275, 27 septembre 1693.
  • [12]
    Les carottages sont identifiés en fonction des lieux d’implantation : BT = Barbery Tremblay ; BQE = Barbery Queue de l’Étang ; BCF = Barbery Champs de Fontenay.
  • [13]
    Les profondeurs des prélèvements sont indiquées en cm.
  • [14]
    Les prélèvements en gouge ouverte et la moitié des carottes en gouge fermée sont archivés au Craham et chez Idees-Caen. Les quatre premiers mètres du carottage BT2 correspondent à un dépotoir de terres cuites, l’argile en place a été atteinte à 650 cm de profondeur.
  • [15]
    Valeur déterminée pour le granulomètre Malvern 2000 utilisé pour nos mesures.
  • [16]
    Pour les essais d’Atterberg, environ 200 g de sol sont mis à imbiber dans un récipient d’eau pendant au moins 24 h. Le matériau est tamisé par voie humide à 400 µm. L’eau de lavage et le tamisat sont recueillis dans un bac. Après décantation de 24 h, l’eau est siphonnée puis l’eau résiduelle est évaporée sans chauffage.
  • [17]
    Nous avons modifié et adapté ces essais selon notamment le protocole proposé par Rekk en 2014 ou dans Allinne & Léon, 2015. Les exigences de plasticité d’une matière première pour le moulage d’une tuile ou d’une céramique montée au colombin sont moins importantes que pour une céramique tournée. Ces types d’observations sur le façonnage du colombin seront utilisées dans le cadre d’autres études.
  • [18]
    La cuisson est réalisée en atmosphère oxydante, avec une montée de 100 °C par heure. Le refroidissement est lent pour la cuisson à 900 °C et un refroidissement rapide pour les cuissons à 500 et 700 °C.
  • [19]
    Le retrait au séchage a été simplement observé sur les colombins pour les échantillons des carottes BT1-4 et BQE alors que nous avons évalué le retrait au séchage et à la cuisson en réalisant des bâtonnets de 10 cm de long pour les carottes BCF1 et 2. Il serait plus judicieux de procéder à la détermination de la limite de retrait (courbe de Bigot) sur les différents prélèvements, mais la mesure de cette valeur nécessite un équipement spécifique (voir norme NF P 94-060-2) et des essais de dessiccation d’une éprouvette cylindrique, que nous n’avons pas à notre disposition.
  • [20]
    Les fréquences ont été déterminées à partir des chartes d’estimation visuelle du pourcentage (Matthew et al. 1991).
  • [21]
    Même si BCF2 n’a pas fait l’objet d’analyse pétrographique, les oolithes ferrugineuses ont pourtant bien été identifiés comme le montre la photo de ces grains arrondis de taille comprise entre 0,2 et 0,5 mm, prisonniers dans un ciment argileux jaune pour le prélèvement BCF2-320 (cf. figure 47 Bocquet-Liénard et al., 2021, p. 63).
  • [22]
    Ces grains sombres pourraient être des indices de gleyfication.
  • [23]
    Nous n’avons pas eu la possibilité de faire des lames minces dans les sédiments de la carotte BCF2. Cependant les caractéristiques macroscopiques et géomécaniques tendent à montrer que ces sédiments sont très similaires et de même nature.
  • [24]
    Les analyses par diffraction-X ont été réalisées par Nadia Cantin et Virginie Moineau du laboratoire Archéosciences Bordeaux. Afin de distinguer les minéraux argileux proprement dit, le protocole habituel nécessite une sédimentation de l’échantillon suivant la loi de Stockes afin d’extraire les particules inférieures à 2 µm et préparer une lame orientée. Certains minéraux ont des réflexions basales voisines, des traitements thermiques ou à l’éthylène glycol permettent de modifier l’écartement des distances interréticulaires fondamentales ou de changer l’intensité des raies. Ce dernier n’a pas été pratiqué car le traitement à l’éthylène glycol permet surtout de différencier les minéraux argileux à structure gonflante, ce que les essais au bleu de méthylène (VBS) pour les échantillons BQE ne semblent pas montrer (annexe 3). L’hypothèse de la chlorite peut être écartée parce qu’il n’y a pas de pic à 14 Å dans le diffractogramme.
  • [25]
    La kaolinite est encore identifiée à 500 °C parce que la durée de la cuisson des essais empiriques n’a pas dépassé une heure.
  • [26]
    L’échantillon garde une couleur claire après cuisson à 500, 700 et 900 °C.
  • [27]
    Les cales d’enfournement sont façonnées avec la même pâte que les TCA.
  • [28]
    Ouvrable : [En parlant de matériaux], qui peut être façonné, d’après http://www.cnrtl.fr/definition/ouvrable.
  • [29]
    La couleur de la terre cuite est un paramètre important pour l’architecte au même titre que les propriétés mécaniques.
  • [30]
    La limite de liquidité la plus élevée pour cet échantillon poolé indique qu’il faudrait plus d’eau que les autres échantillons pour réaliser le moulage d’une tuile.
  • [31]
    Ce matériau trop riche en argile (au sens granulométrique et minéralogique) constitue une pâte trop déformable pour permettre la manipulation de la forme.
  • [32]
    Ce matériau pourrait éventuellement convenir en ajoutant une fraction d’inclusions non plastiques telles que du sable, du calcaire, des lithoclastes, des grains de terre cuite broyées afin de diminuer la plasticité et la distribution dans la classe des éléments fins. Cette expérimentation n’a pas été testée dans le cadre de cette étude.
  • [33]
    Cf. note 25. Dans l’échantillon Z7-1, la mullite a été identifiée en plus de la pyrophyllite dont les pics sont décalés par rapport aux échantillons argileux. La présence de la mullite témoigne d’une cuisson du pavé à une température plus haute que pour l’autre échantillon analysé, Z11-2 (où ce minéral est absent). Bien que différents travaux sur les argiles contenant de la pyrophyllite présentent les transformations des minéraux au cours de la cuisson, il est délicat dans le cas de cet échantillon de proposer une température de cuisson. Dans une argile riche en kaolinite et en pyrophyllite, la mullite apparaît sur le diffractogramme dès 1000 °C (Erdemoğlu et al., 2020, figure 5). Dans un kaolin, la mullite a été identifiée entre 1100 et 1150 °C (Castelein et al., 2001, p. 2375) et la transformation est complète au-delà de 1200 °C (Ali et al., 2021).
  • [34]
    Louis-Amédée Léchaudé d’Anisy, au début du xixe siècle, indique quelle argile est utilisée, lorsqu’il estime que « l’abbaye de Barbery faisait exploiter, probablement depuis son origine, une terre argilleuse violacée », BNF, fr. 14543.
  • [35]
    Nous n’avons pas réalisé d’observation en lame mince pour BT3-135.
  • [36]
    L’approche archéométrique réalisée dans le cadre de l’étude de la production des TCA par les cisterciens de Morimond (Haute-Marne) a montré également la filiation entre les TCA utilisées pour couvrir les bâtiments de l’abbaye et une terre en particulier (argiles de Levallois). L’installation d’une tuilerie monastique répond aux besoins des chantiers de (re)constructions des bâtiments de l’abbaye (Rouzeau et al., 2011, p. 177-180).
  • [37]
    Les premiers éléments du mode d’exploitation et de la géographie des tuileries ont été présentés dans le rapport du projet de recherche de l’opération de 2017 (Bocquet et al., 2018a).
Français

Entre le xive et le xviiie siècle, à Barbery (Calvados), plusieurs tuileries ont produit les matériaux destinés à la couverture d’un grand nombre d’édifices de la plaine de Caen et du Pays de Falaise. La richesse des sources écrites (tabellionage, comptabilités, iconographie) a incité à la mise en place d’un programme de recherche pluridisciplinaire visant à étudier la totalité de la chaîne opératoire depuis l’extraction de la matière première jusqu’à la diffusion des produits finis. Cet article présente le croisement des résultats d’approches géologique, géomécanique, pétrographique et géochimique, croisement qui a permis d’identifier les lieux d’extraction de la matière argileuse, dont ceux indiqués par les sources écrites, de caractériser ses propriétés et de mettre en lumière les choix opérés par les tuiliers pour les terres cuites et la construction des fours.

  • pétrographie
  • terre cuite
  • géochimie
  • production
  • granulométrie
  • argile
  • Moyen Âge
  • tuileries
  • époque moderne

Mots-clés éditeurs : argile, époque moderne, géochimie, granulométrie, Moyen Âge, pétrographie, production, terre cuite, tuileries


English

The clays used in the Middle Ages and in the Early Modern period by the tile makers of Barbery (Calvados)

‪Between the 14th and 18th centuries, in Barbery (Calvados, France), several tileries produced the materials used to cover a large number of buildings in the Caen plain and the Falaise region. The abundance of written sources (tabellionage, accounts, iconography) prompted the implementation of a multidisciplinary research programme aimed at studying the operating chain from the extraction of the raw material to the distribution of the finished products. This article presents the results of geological, geomechanical, petrographic and geochemical approaches, which have made it possible to identify the sites where the clay material was extracted, to characterise its properties and to shed light on the choices made by the tile makers for the terracotta objects and the construction of the kilns.‪

  • terracotta
  • petrology
  • geochemistry
  • production
  • granulometry
  • clay
  • tileries
  • Middle Ages
  • Early Modern period

Mots-clés éditeurs : clay, Early Modern period, geochemistry, granulometry, Middle Ages, petrology, production, terracotta, tileries


Date de mise en ligne : 26/03/2024

https://doi.org/10.4000/archeosciences.11589