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Compte rendu

DEGER-JALKOTZY Sigrid, PANAGL Oswald éd., Die neuen Linear B-Texte aus Theben, Ihr Aufschlusswert für die mykenische Sprache und Kultur, Akten des internationalen Forschungskolloquiums an der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 5.-6. Dezember 2002 (Mykenische Studien, 19), Vienne, Österreichische Akademie der Wissenschaften, 2006, 1 vol. 21 × 30, IV + 172 p.

Pages 345a à 438a

Citer cet article


  • Rougemont, F.
(2009). DEGER-JALKOTZY Sigrid, PANAGL Oswald éd., Die neuen Linear B-Texte aus Theben, Ihr Aufschlusswert für die mykenische Sprache und Kultur, Akten des internationalen Forschungskolloquiums an der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 5.-6. Dezember 2002 (Mykenische Studien, 19), Vienne, Österreichische Akademie der Wissenschaften, 2006, 1 vol. 21 × 30, IV + 172 p. Revue archéologique, 48(2), 345a-438a. https://doi.org/10.3917/arch.092.0345a.

  • Rougemont, Françoise.
« DEGER-JALKOTZY Sigrid, PANAGL Oswald éd., Die neuen Linear B-Texte aus Theben, Ihr Aufschlusswert für die mykenische Sprache und Kultur, Akten des internationalen Forschungskolloquiums an der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 5.-6. Dezember 2002 (Mykenische Studien, 19), Vienne, Österreichische Akademie der Wissenschaften, 2006, 1 vol. 21 × 30, IV + 172 p. ». Revue archéologique, 2009/2 n° 48, 2009. p.345a-438a. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-archeologique-2009-2-page-345a?lang=fr.

  • ROUGEMONT, Françoise,
2009. DEGER-JALKOTZY Sigrid, PANAGL Oswald éd., Die neuen Linear B-Texte aus Theben, Ihr Aufschlusswert für die mykenische Sprache und Kultur, Akten des internationalen Forschungskolloquiums an der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 5.-6. Dezember 2002 (Mykenische Studien, 19), Vienne, Österreichische Akademie der Wissenschaften, 2006, 1 vol. 21 × 30, IV + 172 p. Revue archéologique, 2009/2 n° 48, p.345a-438a. DOI : 10.3917/arch.092.0345a. URL : https://shs.cairn.info/revue-archeologique-2009-2-page-345a?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arch.092.0345a


Notes

  • [1]
    Pour cette traduction, voir V. ARAVANTINOS, L. GODART, A. SACCONI, Thèbes, Fouilles de la Cadmée, I, Les tablettes en linéaire B de la odos Pelopidou, Edition et commentaire, Pise, Rome, 2001 [2002], p. 224-225.

1 La publication très attendue du colloque tenu à Vienne en décembre 2002 apporte un éclairage important à l’ensemble des textes publiés dans les Fouilles de la Cadmée (cf. mes recensions : Topoi, 11, 2001, p. 687-704, et RA, 2008, p. 109-111). En effet, outre les éditeurs, ce colloque réunissait pour la première fois un groupe de linguistes et de spécialistes des textes mycéniens qui présentaient leurs critiques et leurs commentaires concernant ce nouveau corpus. Le volume réunit treize contributions, qui portent sur les principaux problèmes soulevés par ces textes :

2 1 / Aspects du lexique : A. Bartonek, « Aspekte des Lexikons der neuesten Theben-Texte », p. 11-18, propose essentiellement un tableau qui contient 53 entrées correspondant à des termes attestés dans les nouveaux textes de Thèbes. Pour chacun il fournit une transcription grecque en alphabet latin, éventuellement un mot grec classique dont on peut rapprocher le terme mycénien, les sites autres que Thèbes où le mot apparaît, et une appréciation de l’interprétation proposée par les éditeurs. Dans l’ensemble, le point de vue adopté est relativement peu critique (voir par ex. l’acceptation de l’interprétation de de-qo-no comme « banquetier » [1], ou l’interprétation de ka-wi-jo comme /gawioi/, « pour le desservant de la Terre », simplement qualifiée de « fraglich », ainsi que l’interprétation de a-ke-ne-u-si comme « pour les purs », acceptée sans commentaire).

3 2 / Terminologie et onomastique : S. Deger-Jalkotzy, « Theben und Pylos : terminologische und onomastische Korrespondenzen ? », p. 19-36, propose d’abord une étude des anthroponymes thébains en les comparant avec ceux de Pylos ; elle étudie les récurrences d’anthroponymes à la lumière des théories sur l’existence d’une élite internationale mycénienne, pour conclure p. 28 que, même si les parallèles entre les deux corpus de noms propres sont nombreux, l’usage qui en est fait ne suffit pas à appuyer cette idée d’une élite internationale. Elle étudie ensuite les correspondances dans la terminologie, et conclut qu’il n’existe aucun indice en faveur de l’idée d’une « überregionale Verwaltung ».

4 J. L. García Ramón, « Zu den Personennamen der neuen Texte aus Theben », p. 37-52, reprend l’étude du corpus des noms propres, soulignant d’emblée que, sur les ca 100 anthroponymes identifiés par les éditeurs, plusieurs ne peuvent être identifiés comme tels avec certitude d’un point de vue philologique ; il souligne les difficultés soulevées dans ce domaine par les textes mycéniens : l’identification d’un nom propre repose en premier lieu sur l’interprétation du texte, qui est loin d’être toujours unanimement admise. Par ailleurs, lorsqu’on identifie un nom propre, la graphie mycénienne ne permet pas toujours, loin de là, de reconnaître précisément la forme grecque du nom en question. Il propose ensuite une étude détaillée d’une cinquantaine de noms, en distinguant ceux qui sont déjà connus sur d’autres sites, et les noms nouveaux, qui sont reconnaissables ou peuvent faire l’objet d’une interprétation ; il formule lui-même un certain nombre d’interprétations et termine son examen par une étude exhaustive des formes a-ko-da-mo et a-ko-ro-da-mo ; il indique en particulier, p. 38, 41 et 46-48, que cette dernière forme ne peut en aucun cas être interprétée comme le titre d’un « rassembleur du damos », en raison de règles de la composition nominale en grec (cf. aussi à ce sujet J.-L. Perpillou, RPh., 75/2, 2001, p. 310 ; M. Del Freo, RFIC, 2001, p. 89-90 ; G. Neumann, ce volume, p. 125 ; J. T. Killen, ce volume, p. 101 ; Th. G. Palaima, AJA, 107, 2003, p. 114 et ce volume, p. 140). Il s’agit très vraisemblablement d’un anthroponyme masculin.

5 3 / Dialectologie : I. Hajnal, « Die Tafeln aus Theben und ihre Bedeutung für die griechische Dialektologie », p. 53-70, propose un récapitulatif sur l’histoire de la recherche dialectologique en mycénien (problème de la position dialectale du mycénien, ainsi que d’éventuelles différenciations internes au mycénien – « mycénien normal » versus « mycénien spécial », selon la distinction proposée par E. Risch en 1966 à propos des textes de Pylos). I. H. analyse les datifs singuliers de thèmes consonantiques en -ei/-i attestés dans les nouveaux textes de Thèbes, et isole quatre formes attribuables au « mycénien spécial » (e-re-o-ni, e-re-u-te-ri, o-nu-ke-wi, et o-u-wa-ja-wo-ni), qui appartiennent toutes à des classes morphologiques (thèmes en -on, -ter, -eu-, -awon) pour lesquelles le phénomène était déjà attesté (à Pylos et à Mycènes). Il reprend les théories déjà exposées dans sa monographie Sprachschichten des mykenischen Griechisch (Salamanque, 1997), pour démontrer que les datifs singuliers en -i sont plus récents que ceux en -ei et que ce type d’innovation est dû à la perte des alternances apophoniques et prosodiques originelles des suffixes de dérivation (-ter tonique versus -tr- atone, etc.). I. H. examine ensuite les nouveaux cas de a < *n syllabique et indique que le timbre de la voyelle (a) est bien celui qui est attendu. Enfin, il analyse le mot u-jo, « fils », en soulignant son caractère d’innovation (forme thématique) et sa valeur de témoignage en faveur d’une proto-différenciation dialectale en mycénien.

6 4 / Linguistique historique : M. Meier-Brügger, « Sprachliche Beobachtungen », p. 111-118, présente des réflexions sur les mots a-pi-e-qe, ke-ro-ta, de-qo-no, di-wi-ja-me-ro, o-je-ke-te-to, po-ro-e-ko-to, ru-ra-ta-e, si-to, et ka-pa. Pour le terme si-to, par exemple, avec d’autres, il réfute l’interprétation comme théonyme au profit d’un rapprochement de bon sens avec le mot grec /sitos/, « grain », « pain », « nourriture » (voir aussi Th. G. Palaima, ce volume, p. 140 ; Minos, 35-36, 2000-2001, p. 478 ; AJA, 107, 2003, p. 114 ; M. Del Freo, RFIC, 2001, p. 87). Le mot précède d’ailleurs en KN Am 819, MY Au 658 et TH Av 100 . 3 des quantités de denrées alimentaires.

7 A. Morpurgo-Davies, « Linguistic Evidence from the Thebes Text in Linear B (hand out) », p. 119-124, aborde la question des variations linguistiques en Grèce mycénienne. Pour cette contribution, seul l’exemplier commenté est publié.

8 5 / Syntaxe : O. Panagl, « Notizen zur Syntax der neuen thebanischen Linear B-Tafeln », p. 149-158, propose un certain nombre de réflexions sur des points de syntaxe, notamment la construction de la préposition pa-ro, l’usage de l’allatif -de (à propos duquel il souligne que le rapport étymologique de cette particule allative avec la particule déictique [hóde] et la conjonction adversative est une question qui n’est pas encore élucidée complètement). Enfin, il relève et tente d’expliquer les variations de cas observées dans les listes de récipiendaires.

9 C. J. Ruijgh, « The Three Temporal Clauses [TH Fq 126 ; 130 ; 254] », p. 159-169, consacre sa contribution à l’étude des trois circonstancielles attestées dans les nouveaux textes. Ainsi, la phrase o-te a-pi-e-qe ke-ro-ta pa-ta (TH Fq 254 [+]255) a fait l’objet de deux grands types d’interprétations différentes, selon que ke-ro-ta est compris comme un nom propre (V. Aravantinos, L. Godart, A. Sacconi, Fouilles de la Cadmée, I, p. 224, « lorsque Ke-ro-ta ? a dressé la purée d’orge », interprétation acceptée par J.-L. Perpillou, RPh., 75-2, 2001, p. 310-311) ou comme un substantif à l’accusatif pluriel, dépendant du verbe a-pi-e-qe (C. J. Ruijgh, Mnemosyne, 57, 2004, p. 31 sq., et 2006, p. 165 : ωτε *3μφBhεσκ γ≅ροντας π0ντας, « lorsqu’il [le prêtre] eut fait suivre des deux côtés tous les Anciens » ; M. Meier-Brugger, dans ce volume, p. 111-112 : « als man alt[erwürdig]en [sc. Sachen, Dinge] ausführlich besprach », allenfalls auch « als man alle Gerontes feierlich verkündete ») ; et, bien sûr, selon l’interprétation que l’on fait de pa-ta (comme forme de π2ς, cf. C. J. Ruijgh et M. Meier-Brugger, ou comme substantif παστ0, comme l’ont proposé les éditeurs, qui y voient une réalité analogue au kykeon de l’époque classique ; ces derniers sont suivis par St. Hiller, ce volume, p. 71). De même, la phrase o-te, o-je-ke-te-to a suscité des interprétations assez variées, puisqu’elle est transcrite par les éditeurs comme ωτε σεBγης θ≅το et traduite par « lorsque fut faite la révélation » (M. Meier-Brügger, ce volume, p. 115, ne tranche pas, mais penche lui aussi pour une solution liée à οεγνμι) ; C. J. Ruijgh (ce volume, p. 163) propose, de son côté, ωτε υyΒ Εκσθετο « when he (the priest) had exposed (placed outside) the tree-fruits ». J.-L. Perpillou (RPh., 75-2, 2001, p. 314-315) rejette le rapprochement de la forme avec οεγνμι, entre autres raisons parce qu’on attendrait dans ce cas un w dans la forme mycénienne. Enfin, l’interprétation de la phrase o-te-tu-wo-te-to a également été discutée ; J. Chadwick, Minos, 31-32, p. 294-295, conteste clairement l’interprétation de /thuos/ comme équivalent de /thusia/ (voir surtout p. 294, § 2 : « Against this it must be argued that θAος, both in its Mycenaean form and later, means “that which is burnt as an offering”, not the act of sacrificing ; and θυσBαν θ≅σθαι cannot, pace LSJ, mean “make a sacrifice” », pour conclure, un peu plus loin, « Thus, the phrase in the Mycenaean context could only mean “established a rite of burnt offering”, which is not the same as “performed a sacrifice” »). Cf. aussi Th. G. Palaima dans Kadmos, 42, 2003, p. 35. Voir par ailleurs la discussion par O. Panagl, ce volume, p. 153-154. J.-L. Perpillou, RPh., 75-2, 2001, p. 313, se sépare des éditeurs sur l’interprétation de la forme verbale te-to, à laquelle il refuse un sens passif (il considère qu’un auteur, « innommé [puisque la principale est omise], agit comme dédicant »).

10 6 / Lecture des signes et commentaire des documents : Th. G. Palaima, « *65 = FAR ? or ju ? and other interpretative conundra in the new Thebes tablets », p. 139-148, formule des critiques étendues, à la fois d’ensemble et de détail, sur l’interprétation des textes qui a été proposée par les éditeurs ; par exemple, il réfute l’interprétation de a-pu-wa comme « harpie » (au profit d’un simple anthroponyme féminin), p. 142 ; il propose, p. 144-148, de lire *65 non comme un idéogramme (FAR) mais comme un syllabogramme, dont la valeur phonétique serait /ju/ ou /hu/ et dont la fonction serait celle d’abréger le nom du « fils » /huios/, par ex. en TH Fq 254 . 6, ka-wi-jo JU, « to Kalwios, Jr V 1 » (au lieu de « pour Kalwios FARINE V 1 »). Il montre, p. 140-141, que le terme o-po-re-i n’est pas à interpréter comme un composé formé sur /opora/ mais sur la préposition o-pi et le substantif /oros/, « montagne » ; il réinterprète, p. 140, to-pa-po-ro-i comme « (pour) les porteurs de paniers », au lieu de « (pour) les porteurs de torches » (à ce sujet voir aussi J. T. Killen, ce volume, p. 99 ; Th. G. Palaima, AJA, 107, 2003, p. 115 ; en revanche A. Bartonek, ce volume, p. 17, se contente de juxtaposer les deux interprétations, sans indiquer de préférence). Il refuse l’interprétation de ma-ka comme théonyme et propose de comprendre /magai/, « [barley] for kneading », ce qui est toutefois difficilement compatible, comme le note J. T. Killen (ce volume, p. 101) avec la mention probable du même terme en Gp 201 . 1, sans doute avec du vin. L’interprétation du mot ma-ka soulève toujours de très vives discussions, alimentées récemment par une observation paléographique d’Y. Duhoux (Kadmos, 45, 2007, p. 1-19), qui jette un doute sur la lecture de ma-ka à la place de ma-qe en KN F (1) 51 ; cette observation, si elle était confirmée par une photographie supplémentaire avec éclairage du côté opposé, jetterait un doute sérieux sur le statut du mot comme théonyme ; en attendant des investigations ultérieures, il est préférable de laisser la question en suspens.

11 St. Hiller, « Some Minor Observations Concerning the New Thebes Tablets », p. 71-78, propose tout d’abord un aperçu des séries attestées dans les textes de la rue Pélopidou, et un résumé des principales interprétations énoncées par les éditeurs de ces textes. Il soutient l’interprétation religieuse de l’ensemble des documents, rappelant le parallèle suggéré par J. T. Killen avec la série Fn de Pylos (J. T. Killen, Religion at Pylos: the Evidence of the Fn Tablets, dans R. Hägg, R. Laffineur éd., Potnia, Deities and Religion in the Aegean Bronze Age, 8th International Aegean Conference, University of Göteborg, 12-15 April 2000, Liège, 2001, p. 435-443). Il souligne le nombre de répétitions (de noms de destinataires, essentiellement) et pose le problème des relations entre les documents et de leur statut (a-t-on ici des documents préliminaires et d’autres définitifs ?). Il suggère, sur la base des quantités, que le fragment Ev 212 pourrait appartenir plutôt à la série Av (p. 73 ; à ce sujet voir déjà M. Del Freo, I censimenti di terreni nei testi in lineare B, Pise, Rome, 2005, p. 205-206). Pour finir, il souligne que les relations entre Thèbes et l’extérieur, déjà attestées par la tablette de Mycènes X 508 et par les récurrences de noms de « collecteurs » mises en évidence par J. T. Killen (TPhS, 1983, p. 66-69), semblent encore confirmées par une relation possible entre ko-ru-we-ja (attesté en KN L 472) et le nom propre ko-ru-we, attesté à Thèbes (Av 101, Fq 117, 126, 169, 214, 241, 284, 309, 331, Gp 210). Sur ce point, toutefois, il faut noter que, si l’on veut voir entre ces deux termes une relation du même type qu’entre les noms de « collecteurs » et les adjectifs possessifs qui en sont dérivés, il faut pouvoir démontrer au préalable que l’anthroponyme en question est le nom d’un « collecteur » ; or ce n’est pas le cas de ko-ru-we, qui ne correspond à aucun des critères formulaires ou thématiques d’identification de ces personnages. St. H. relève également des correspondances de vocabulaire entre textes cnossiens et thébains, ainsi que l’usage commun de certains idéogrammes et ligatures (p. 75), à quoi vient s’ajouter une attestation du signe *22, jusqu’ici attesté uniquement à Cnossos.

12 J. T. Killen, « Thoughts on the Function of the New Thebes Tablets », p. 79-110, reprend de façon exhaustive et nuancée l’analyse des éléments qui permettent de suggérer que l’arrière-plan des textes discutés était bien religieux : il s’agit essentiellement des quantités réduites de denrées enregistrées, ainsi que de la présence d’un certain nombre de termes qui n’apparaissent ailleurs qu’en contexte religieux. Par ailleurs, il reprend l’interprétation d’un certain nombre de mots, comme le couple de-qo-no/po-ro-de-qo-no (p. 101), qui sont des noms communs, δεβπνον et πρπδειπνον, et non des titres, « banquetier » et « vice banquetier », comme cela avait été proposé initialement par les éditeurs ; ou comme di-wi-ja-me-ro, compris par les éditeurs comme « la part de la di-wi-ja », et réinterprété par J. T. K., à la suite de Ch. de Lamberterie, BSL, 1999, p. 151, comme [quantité de nourriture] « pour deux jours », interprétation soutenue par les quantités de denrées alimentaires enregistrées à la suite ; et il nuance prudemment l’hypothèse de l’existence d’une triade divine composée de ma-ka, o-po-re-i, et ko-wa (déjà mise en doute, entre autres, par Th. G. Palaima, AJA, 107, 2003, p. 113-115, et Kadmos, 42, 2003, p. 31-38).

13 G. Neumann, « ... Gans und Hund und ihresgleichen... », p. 125-138, propose une étude stimulante sur la question des noms d’animaux attestés en position de destinataires ; il suggère qu’il s’agit probablement d’animaux sacrés et indique plusieurs parallèles littéraires et épigraphiques intéressants. Les mentions e-mi-jo-no-i, e-pe-to-i, ka-no, ka-si, ke-re-na-i, ko-ro, ku-ne, ku-no, ku-si et o-ni-si, qui peuvent être interprétées comme des noms d’animaux (respectivement des mulets, des serpents, des oies, des grues, un porc, des chiens et des oiseaux), et sont destinataires de denrées alimentaires, suscitent toujours de vives discussions, entre partisans (G. Neumann, p. 125-138 ; St. Hiller, p. 71-72, semble aussi enclin à partager ce point de vue ; et J.-L. Perpillou, RPh., 75-2, 2001, p. 309, qui parle de culte rendu à des images d’animaux, ou « lors de fêtes les concernant s’ils sont divinisés ») et adversaires (Y. Duhoux, Animaux ou humains ? Réflexions sur les tablettes Aravantinos de Thèbes, dans A. Sacconi, M. Del Freo, L. Godart, M. Negri éd., Colloquium Romanum, Atti del XII colloquio internazionale di micenologia, Roma, 20-25 febbraio 2006, Pasiphae, 1, Pise, Rome, 2008, p. 231-250) de leur interprétation comme animaux « sacrés ». Sur ce sujet très disputé, on consultera aussi l’étude récente de J. Weilhartner, « Die Tierbezeichnungen auf den neuen Linear B-Texten aus Theben », dans E. Alram-Stern, G. Nightingale éd., Keimelion: Elitenbildung und elitärer Konsum von der mykenischen Palastzeit bis zur homerischen Epoche, Akten des internationale Kongresses vom 3. bis 5. Februar in Salzburg, Vienne, 2007, p. 339-352.

14 V. Aravantinos, L. Godart et A. Sacconi, « Commentaires aux nouveaux textes insérés dans le corpus de Thèbes », p. 1-10, présentent et commentent des fragments découverts après la publication de Fouilles de la Cadmée I (et donc intégrés dans les vol. III et IV) ; ces nouveaux documents proviennent entre autres de la « pièce au trésor » (nodules Wu 429, 430, 431 et tablette Up 432) et de la rue Haghion Apostolon (tablette X 433). Les auteurs reprennent, par ex., l’étude de l’idéogramme *180, connu déjà dans les textes en linéaire A de Phaistos et Malia, ainsi que dans les textes en linéaire B de Cnossos, et maintenant attesté sur le nodule thébain Wu 429 en ligature avec le syllabogramme DI, sans doute abréviation de /diphthera/ ; ils reprennent aussi la discussion concernant la forme e-pi-*19-ta, attestée sur le nodule Wu 430. On corrigera, p. 5, la traduction de e-ke-i-ja : il ne s’agit pas d’épées mais de lances, comme chez Homère. Enfin, il faut écarter la tentative d’assimilation de la forme me-to-re-ja-de à un dérivé de nom de « collecteur » me-to-re, en l’absence complète d’éléments formulaires et de contexte en ce sens.

15 Ce volume constitue donc un complément indispensable aux différents volumes des Fouilles de la Cadmée pour l’interprétation des textes de la rue Pélopidou.

16 Françoise ROUGEMONT,

17 Chercheur CNRS, UMR 7041,
Maison de l’Archéologie et de l’Ethnologie,
21, allée de l’Université,
92023 Nanterre Cedex.
francoise. rougemont@ mae. u-paris10. fr


Date de mise en ligne : 18/03/2010

https://doi.org/10.3917/arch.092.0345a