Jones Howard éd., Samnium, Settlement and Cultural Change, The Proceedings of the Third E. Togo Salmon Conference on Roman Studies (Archaeologia Transatlantica, XXII), Providence, Rhode Island, Brown Univ., 2004, 1 vol. 21,5 × 28, 134 p., fig. ds t.
- Par Vincent Jolivet
Pages 365x à 437x
Citer cet article
- JOLIVET, Vincent,
- Jolivet, Vincent.
- Jolivet, V.
https://doi.org/10.3917/arch.052.0365x
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- Jolivet, V.
- Jolivet, Vincent.
- JOLIVET, Vincent,
https://doi.org/10.3917/arch.052.0365x
1 Dès sa parution, en 1967, Samnium and the Samnites d’E. Togo Salmon est apparu comme un livre fondateur. Près de quarante ans plus tard, la rencontre publiée dans cet ouvrage se proposait de faire le point sur l’évolution des études samnites, domaine dans lequel la recherche anglo-saxonne s’est particulièrement illustrée au cours de ces dernières années, notamment au travers de plusieurs importantes prospections de territoire. Aussi ne s’étonnera-t-on pas que ce volume, auquel ont pourtant participé, pour moitié, des archéologues italiens, soit presque exclusivement english speaking.
2 L’ouvrage regroupe, après une introduction de H. Jones résumant utilement les objectifs de la rencontre et les différentes contributions, huit textes qui auraient probablement gagné à être agencés différemment, de manière à faciliter la consultation du volume.
3 Son ouverture revenait cependant effectivement à E. Dench, qui retrace avec minutie la postérité de l’œuvre de Salmon en milieu anglophone – il eût été intéressant qu’une contribution parallèle établisse ce même bilan pour le reste du monde scientifique, notamment italien, afin de savoir s’il y avait suscité les mêmes orientations, et les mêmes interrogations. C’est incontestablement l’archéologie qui a permis, comme le prévoyait du reste Salmon lui-même, les percées les plus importantes dans ce domaine. Pourtant, le dernier texte du volume, dans lequel T. Cornell opère une déconstruction incisive et provocante (le lecteur attentif y trouvera, entre autres, une référence inattendue à Marilyn Monroe) des guerres samnites, montre que la révision rigoureuse de documents déjà maintes fois commentés peut changer ou troubler notre regard sur des points considérés, un peu vite, comme définitivement acquis.
4 Les autres contributions reposent sur l’exploitation de données archéologiques ou épigraphiques récentes, concernant une période comprise, pour l’essentiel, entre la fin du Ve siècle et la guerre sociale, et portant le plus souvent sur des parties limitées du territoire samnite. Sur le plan, plus spécifique, des contacts culturels, l’étude d’A. Mc Kay, consacrée aux rapports entre Samnites et Grecs à Cumes, met l’accent sur la contribution samnite à la koinè propre à l’Italie du Sud, tandis que celle de G. Tagliamonte (auteur d’un très utile volume de synthèse publié en 1996 dont le titre, I Sanniti, Caudini, Irpini, Pentri, Carricini, Frentani, donne une juste idée de la complexité du peuplement humain de cette zone) souligne l’ouverture des élites samnites aux influences culturelles grecques, à partir de l’examen des ex-voto de leurs sanctuaires qu’il rattache à la cavalerie. Trois recherches se rapportent plus spécifiquement au thème complexe de l’habitat samnite. L’enquête de M. Gualtieri, qui s’interroge sur les spécificités du type d’organisation urbaine des Samnites, au travers de l’examen d’une portion importante de leur territoire, est prolongée par celle de H. Fracchia qui accorde une place centrale, et justifiée par la qualité de l’enquête qui s’y déroule depuis 1976, au site de Roccagloriosa, dans lequel elle propose de reconnaître un type d’habitat spécifiquement italique, distinct des modèles grec ou romain. G. de Benedettis, enfin, compare le dossier archéologique très contrasté de trois sites du Samnium pentrien, les habitats de Bovianum et de Monte Vairano, d’une part, la colonie latine d’Aesernia, de l’autre. Seule à embrasser la totalité du Samnium, la contribution de J. R. Patterson offre de cette région, entre la guerre sociale et le IIe siècle apr. J.-C., un cadre renouvelé, dans lequel la composante samnite paraît avoir été progressivement totalement oblitérée.
5 C’est probablement la question du settlement, et de la relation problématique entre ce que nous en rapportent les textes et ce que mettent en évidence les fouilles et les prospections, qui constitue le véritable fil conducteur de ce volume, mais la plupart des auteurs, fidèles aux objectifs de la rencontre, ont également traité, directement ou indirectement, le thème du cultural change. On peut seulement regretter que la masse considérable de données rassemblées ici ne soit pas illustrée comme elle l’aurait mérité – trois textes, seulement, sont accompagnés de documents auxquels la taille des vignettes ou la qualité des reproductions, dont la couleur est rigoureusement bannie, ne rendent généralement pas justice. Ce parti pris – évidemment dicté par des contraintes économiques – admis, le lecteur pourra toutefois légitimement s’étonner de ne pas trouver dans le volume une seule bonne carte générale de la région considérée, qui eût été précieuse pour suivre au plus près le propos des différents auteurs.
6 Aux antipodes du coffee table book, cet ouvrage austère, léger en poids mais riche de contenu, manifestement destiné à un public de spécialistes, représente une contribution d’actualité à notre connaissance de cette région spécifique et, plus généralement, du cadre culturel complexe à l’intérieur duquel devait se dérouler le processus de romanisation de l’Italie méridionale.
7 Vincent Jolivet,
8 CNRS / École française de Rome,
Palais Farnèse, Piazza Farnese 67,
I-00186 Rome.