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Compte rendu

Karageorghis Vassos, en coll. avec Chamay Jacques, Chrzanovski Laurent, Decrouez Danielle, Zimmermann Jean-Louis, Ancient Cypriote Art in the Musée d’Art et d’Histoire, Geneva, Athènes-Kapon, Fondation Costakis - Leto Severis, 2004, 1 vol. 21 × 27,5, 152 p., fig. ds t.

Pages 365e à 437e

Citer cet article


  • Fourrier, S.
(2005). Karageorghis Vassos, en coll. avec Chamay Jacques, Chrzanovski Laurent, Decrouez Danielle, Zimmermann Jean-Louis, Ancient Cypriote Art in the Musée d’Art et d’Histoire, Geneva, Athènes-Kapon, Fondation Costakis - Leto Severis, 2004, 1 vol. 21 × 27,5, 152 p., fig. ds t. Revue archéologique, 40(2), 365e-437e. https://doi.org/10.3917/arch.052.0365e.

  • Fourrier, Sabine.
« Karageorghis Vassos, en coll. avec Chamay Jacques, Chrzanovski Laurent, Decrouez Danielle, Zimmermann Jean-Louis, Ancient Cypriote Art in the Musée d’Art et d’Histoire, Geneva, Athènes-Kapon, Fondation Costakis - Leto Severis, 2004, 1 vol. 21 × 27,5, 152 p., fig. ds t. ». Revue archéologique, 2005/2 n° 40, 2005. p.365e-437e. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-archeologique-2005-2-page-365e?lang=fr.

  • FOURRIER, Sabine,
2005. Karageorghis Vassos, en coll. avec Chamay Jacques, Chrzanovski Laurent, Decrouez Danielle, Zimmermann Jean-Louis, Ancient Cypriote Art in the Musée d’Art et d’Histoire, Geneva, Athènes-Kapon, Fondation Costakis - Leto Severis, 2004, 1 vol. 21 × 27,5, 152 p., fig. ds t. Revue archéologique, 2005/2 n° 40, p.365e-437e. DOI : 10.3917/arch.052.0365e. URL : https://shs.cairn.info/revue-archeologique-2005-2-page-365e?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arch.052.0365e


1 Avec celui de Dublin, rédigé par Chr. Souyoudzoglou-Haywood (voir RA, 2005, p. 92), ce volume est le deuxième catalogue d’antiquités chypriotes à paraître en 2004, dans le cadre du programme initié par V. Karageorghis au sein de la Fondation Leventis.

2 On admirera, comme à chaque fois, l’efficacité du travail accompli – quatre jours ont suffi pour sélectionner les œuvres et rédiger les notices (préface, p. 8) – et la qualité de l’ouvrage, muni d’un tableau chronologique, d’une carte, d’une bibliographie, d’une table de concordance, d’un index et, surtout, de superbes photographies en couleurs. Les coquilles sont peu nombreuses : on corrigera toutefois, dans la bibliographie, le renvoi à Hermary 1992 (il s’agit d’un article paru dans le CCEC, 16, 1991-1992) et à Hellmann, Tytgat 1984 (il s’agit du premier volume des Testimonia d’Amathonte, dû à P. Aupert et M..Chr. Hellmann).

3 À l’exception des sceaux de la collection Kenna et des sculptures en pierre, publiés précédemment, la majeure partie de la collection est inédite. Or le musée possède de belles séries (vases du Bronze Moyen, figurines archaïques de production amathousienne) et quelques objets rares. C’est, par ex., le cas des deux vases accolés, en forme de bœufs sous le joug (no 62), de l’amphorisque du « style d’Amathonte » (no 118), de la représentation, déjà connue, de personnage portant un masque (no 165), ou encore de la jarre miniature no 110, que l’on rapprochera d’exemples de découverte récente, provenant d’Episkopi-Phoinitzi (BCH, 123, 1999, p. 606, fig. 24) et d’Amathonte-Anemos (BCH, 126, 2002, p. 697, fig. 22).

4 Certaines interprétations sont discutables. Le cruchon no 108 ne me paraît pas d’origine phénicienne : cette forme est courante, en fabrique Plain White, dans le répertoire des potiers amathousiens. La figurine féminine no 176 n’est certainement pas chypriote, elle a été plus vraisemblablement fabriquée dans un atelier de Syrie du Nord.

5 Ce volume s’inscrit dans une série de publications, dont il reprend les principes (choix d’œuvres, notices succinctes), à destination non seulement des étudiants et des chercheurs, mais aussi du public cultivé (p. 8). De fait, à l’exception des chapitres rédigés par L. Chrzanovski (lampes) et J.-L. Zimmermann (objets métalliques), qui offrent en introduction un panorama de l’ensemble de la collection et un état des recherches, le catalogue est brut, sans commentaire. La notice du vase no 116 n’indique pas qu’il s’agit de l’imitation chypriote d’une forme grecque. Seul l’emploi du terme skyphos, au lieu de « bol », permet de le deviner : on aurait aimé au moins un renvoi, en bibliographie, à l’article fondateur de N. Coldstream (RDAC, 1979, p. 255-269). On voit mal l’intérêt des résultats d’analyses pétrographiques, livrés sans exposé de la problématique ni commentaire (p. 116) : sans doute faut-il en conclure que toutes les sculptures ont été réalisées dans le même calcaire, d’origine chypriote. De manière plus générale, les provenances données pour les œuvres issues de la collection Castan (les plus nombreuses) sont étonnantes. L’A. s’est justifié ailleurs de ne pas mener de recherches sur l’origine des collections : ce n’est pas le but de ces catalogues, qui servent avant tout à faire connaître l’art chypriote antique. Mais il aurait sans doute fallu alerter le lecteur sur le caractère douteux de la plupart des indications de provenance. L’historique, rédigé par J. Chamay (p. 10-13), note seulement que L. Castan mena des fouilles à Kition et, c’est à rechercher dans la n. 3, à Kourion et à Amathonte. Or, si l’on consulte l’article d’A. Hermary (CCEC, 16, 1991-1992, p. 29-32), on apprend qu’une partie au moins de la collection Castan provient de Cesnola. Les similitudes entre les deux collections sont frappantes, aussi bien dans leur composition (rares « temple boys » en marbre, par ex.) que dans les provenances données. Comme pour la collection Cesnola, les objets dits provenir de Paphos ont certainement été recueillis ailleurs (nos 137-138, 140, 153-154, 179 et 181). De même, on remarque une certaine confusion entre Kourion et Amathonte : il est tout à fait improbable que des céramiques de l’Âge du Bronze aient jamais été découvertes à Amathonte (nos 29, 50-52, 54-55, 57-59 et 92) ; de nombreux vases et figurines de fabrication amathousienne sont dits provenir de Kourion (nos 117, 155-156, 162-163, 165, 168, 180), notamment des masques (nos 185-186) qui ont des parallèles exacts dans la collection Cesnola de New York, avec une même indication de provenance. En somme, il apparaît que la collection Castan est un condensé de celle de Cesnola, dont elle est vraisemblablement, en grande partie, issue. Il y a là un travail historiographique à mener.

6 Ces réserves mises à part, gageons que cet ouvrage atteindra son but en suscitant, comme le souhaite l’A., le développement des études chypriotes dans les universités suisses.

7 Sabine Fourrier,

8 CNRS / HiSoMA-UMR 5189,
Maison de l’Orient et de la Méditerranée,
7, rue Raulin,
69365 Lyon Cedex 07.


Date de mise en ligne : 01/08/2007

https://doi.org/10.3917/arch.052.0365e