Souveraineté ou soumission ? L’Europe face à la révolution stratégique états-unienne
- Membre du comité de rédaction Pascal Boniface
Pages 8 à 11
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- Membre du comité de rédaction Boniface, P.
https://doi.org/10.3917/apdem.076.0008
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Notes
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[1]
Organisation du traité de l’Atlantique nord.
-
[2]
Ndlr : l’on prête à Churchill ces mots, au sujet du gouvernement de Chamberlain, après la signature des accords de Munich qui permirent à Hitler de mettre la main sur les régions germanophones de Tchécoslovaquie : « Le gouvernement avait le choix entre la guerre et le déshonneur ; il a choisi le déshonneur et il aura la guerre. »
La réélection de Donald Trump à la présidence des États-Unis ne se traduit pas seulement par une évolution majeure de la politique étrangère de ce pays. Elle occasionne un bouleversement de l’ordre mondial et en réalité une révolution stratégique. C’est la fin du monde occidental tel qu’on le connaissait depuis l’après Seconde Guerre mondiale.
Les différents clivages, entre le monde occidental et la Russie depuis l’agression de l’Ukraine par Moscou, entre les Occidentaux et le « Sud global » et entre la Chine et les États-Unis, ont été profondément rebattus. Le monde occidental n’est plus : l’Occident, qui constituait un bloc civilisationnel cohérent, sous leadership états-unien, a cessé d’exister. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la sécurité des pays européens passait en effet par la protection de Washington contre Moscou. Or Donald Trump a affirmé que l’Otan n’était plus un traité qui lui imposait des obligations et a même envisagé de créer un axe Washington-Moscou, en passant par-dessus la tête des Européens.
Depuis 1945, l’homme qui entrait à la Maison-Blanche se demandait comment il allait gérer le système international. Donald Trump, pour sa part, se demande comment s’en débarrasser. S’attaquant à l’ensemble des institutions multilatérales bâties au sortir de la Seconde Guerre mondiale – notamment par Washington –, il affiche un mépris absolu pour le droit international. Il le perçoit comme une contrainte illégitime et inacceptable pesant sur la souveraineté des États-Unis : c’est une limite à la puissance, et Donald Trump ne peut en supporter aucune…
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