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Goodbye Britannia : le regard de notre ancienne ambassadrice à Londres

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  • Leymarie, M.
(2022). Goodbye Britannia : le regard de notre ancienne ambassadrice à Londres. Après-demain, N ° 62, NF(2), 5-5. https://doi.org/10.3917/apdem.062.0005.

  • Leymarie, Michel.
« Goodbye Britannia : le regard de notre ancienne ambassadrice à Londres ». Après-demain, 2022/2 N ° 62, NF, 2022. p.5-5. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-apres-demain-2022-2-page-5?lang=fr.

  • LEYMARIE, Michel,
2022. Goodbye Britannia : le regard de notre ancienne ambassadrice à Londres. Après-demain, 2022/2 N ° 62, NF, p.5-5. DOI : 10.3917/apdem.062.0005. URL : https://shs.cairn.info/revue-apres-demain-2022-2-page-5?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/apdem.062.0005


Notes

  • [*]
    Sylvie Bermann, Goodbye Britannia, Le Royaume-Uni au défi du Brexit, Paris, Stock, coll. « Essais – documents », 2021, 260 p.
Description de l'image par IA : Couverture de livre avec Union Jack, brique et texte en français.

1 Le référendum du 23 juin 2016 a conduit le Royaume-Uni à quitter l’UE (51,9% pour la sortie, 48,1% pour le maintien). Dans Goodbye Britannia, Le Royaume-Uni au défi du Brexit[*] (Stock, Essais et documents, 2021), Sylvie Bermann traite non seulement du Brexit, dont elle démonte avec finesse et humour la mécanique des débats et le vote, mais elle livre aussi un tableau convaincant de la conjoncture nationale et mondiale. Première femme ambassadrice dans trois pays membres du conseil de sécurité des Nations unies (la Chine de 2011 à 2014, le Royaume-Uni de 2014 à 2017 et la Russie de 2017 à 2019), cette diplomate de grande expérience assiste médusée, de son poste à Londres, aux débats qui conduisent au vote du Brexit.

2 Le Royaume-Uni dont l’économie est dynamique est alors « l’incarnation de la mondialisation heureuse ». Londres, ville-monde après les Jeux olympiques, est la capitale de la finance mondiale, des assurances, du droit international, siège de nombreuses entreprises étrangères, l’épicentre des médias prescripteurs, la porte d’entrée de la Chine vers l’Europe. Cependant, les brexiters l’ont emporté.

3 Pourquoi ? Aux causes profondes – la croyance en un exceptionnalisme britannique, la rémanence du mythe du Royaume-Uni sauveur de l’Europe dans la Seconde Guerre mondiale, la situation économique et sociale du Nord-Est et des Midlands…, une vieille défiance britannique envers l’Europe et la fable d’un pays victime qui contribuerait trop aux institutions du Marché commun (Margaret Thatcher, Première ministre déclare en 1979 : « I want my money back ») – s’ajoutent divers éléments : Les brexiters veulent s’affranchir des régulations de Bruxelles et commercer librement avec le monde ; une de leurs campagnes qui s’inscrit dans la continuité de la position de la « Dame de fer » propose de réduire les sommes qui seraient indument versées à l’Europe et devraient plutôt revenir au Service national de santé ; l’exploitation de la peur et du rejet de l’immigration ; un contexte de haine entretenu par ceux qui veulent « Britain first » et « Keep Britain independent » ; les désinformations et mensonges des tabloïds et des réseaux sociaux populistes, les manipulations frauduleuses de la société Oxford Analytica.

4 Mais les premiers responsables sont des politiques. Pour contrer ses adversaires au sein du parti Tory ainsi que Nigel Farage, le dirigeant ultranationaliste et raciste du UKIP, David Cameron, Premier ministre de 2010 à 2016, ouvre en 2013 la boîte de Pandore en affirmant que le Royaume-Uni serait plus fort s’il « reprenait le contrôle ».

5 Theresa May qui lui succède considère que le Brexit est sa « mission sacrée » (« Brexit means Brexit ») ; elle déclenche la procédure de retrait sans que ni le dispositif ni la stratégie ni la définition du Brexit ne soient arrêtés ; elle est trahie par sa famille politique. Par sa position ambiguë, le leader travailliste Jeremy Corbyn porte lui aussi sa part de responsabilité. Le populaire et démagogue Boris Johnson, leader intransigeant du mouvement Leave, considéré par certains remainers comme un « menteur impénitent », entre en juillet 2019 au 10 Downing Street et réalise le Brexit. Le Royaume-Uni rompt ses liens institutionnels avec l’UE le 31 janvier 2020 et la rupture est actée le 1er janvier 2021.

6 Cette rupture s’avère être une erreur historique. Le « Global Britain » et l’idée d’une relation privilégiée avec les États-Unis se révèlent illusoires. En s’excluant volontairement de l’UE, le Royaume-Uni doit gérer de nouveaux défis économiques, géopolitiques ou sanitaires face auxquels l’Europe continentale paraît mieux armée.

7 Un an après la publication de Goodbye Britannia, les analyses géopolitiques de Sylvie Bermann, au-delà du seul Brexit, n’ont rien perdu de leur pertinence.


Date de mise en ligne : 13/06/2022

https://doi.org/10.3917/apdem.062.0005