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Les intérêts des femmes et les intérêts des hommes sont-ils fongibles dans la souveraineté nationale ? De quelques discours sur la représentation des femmes « en tant que telles »

Pages 79 à 100

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  • Verjus, A.
(2025). Les intérêts des femmes et les intérêts des hommes sont-ils fongibles dans la souveraineté nationale ? De quelques discours sur la représentation des femmes « en tant que telles » Annales historiques de la Révolution française, 419(1), 79-100. https://doi.org/10.3917/ahrf.419.0079.

  • Verjus, Anne.
« Les intérêts des femmes et les intérêts des hommes sont-ils fongibles dans la souveraineté nationale ? De quelques discours sur la représentation des femmes “en tant que telles” ». Annales historiques de la Révolution française, 2025/1 n° 419, 2025. p.79-100. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2025-1-page-79?lang=fr.

  • VERJUS, Anne,
2025. Les intérêts des femmes et les intérêts des hommes sont-ils fongibles dans la souveraineté nationale ? De quelques discours sur la représentation des femmes « en tant que telles » Annales historiques de la Révolution française, 2025/1 n° 419, p.79-100. DOI : 10.3917/ahrf.419.0079. URL : https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2025-1-page-79?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ahrf.419.0079


Notes

  • [1]
    Isaac Le Chapelier, « Rapport par M. Le Chapelier sur les assemblées de citoyens du même état, lors de la séance du 14 juin 1791 », dans Jules Mavidal et Émile Laurent, Archives parlementaires de 1787 à 1860. Recueil complet des débats législatifs et politiques des Chambres françaises, Première série (1787-1799), 1879, Paris, P. Dupont, t. XXVII, p. 210 (AP).
  • [2]
    Chloé Gaboriaux, L’Intérêt général en partage. La Reconnaissance d’utilité publique des associations en République, 1870-1914, Paris, Les Presses de Sciences Po, 2023, p. 27.
  • [3]
    Voir Adalbert Podlech, « La Représentation : une histoire du concept », Trivium, no 16, 2014, https://doi.org/10.4000/trivium.4781.
  • [4]
    Lucien Jaume, « Le Problème de l’intérêt général dans la pensée de Benjamin Constant », dans Françoise Tilkin (dir.), Le Groupe de Coppet et le monde moderne. Conceptions, images, débats, Liège, Presses universitaires de Liège, 2019, p. 168. Souligné par l’auteur.
  • [5]
    Laure Bereni et Éléonore Lépinard, « “Les Femmes ne sont pas une catégorie”. Les stratégies de légitimation de la parité en France », Revue française de science politique, vol. LIV, no 1, 2004, p. 71-98.
  • [6]
    Un grand nombre de travaux, au tournant des années 1980, ont cherché à montrer comment la masculinité de la représentation nationale à l’époque de la Révolution entrait en contradiction avec la doctrine universaliste. Voir par exemple Geneviève Fraisse, Muse de la raison. La Démocratie exclusive et la différence des sexes, Aix-en-Provence, Alinéa, 1989 ; Vida Azimi, « L’“Exhérédation politique” de la femme par la Révolution », Revue historique de droit français et étranger, vol. ILXX, 1991, p. 177-216 ; Olwen Hufton, Women and the Limits of Citizenship in the French Revolution, Toronto, University of Toronto Press, 1992.
  • [7]
    Patrice Gueniffey, Le Nombre et la raison. La Révolution française et les élections, Paris, éd. de l’EHESS, 1993 ; la citation est extraite de son article « Le Moment du vote. Les systèmes électoraux de la période révolutionnaire », Revue française de science politique, vol. XLIII, no 1, 1993, p. 9.
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    Pierre-Louis Roederer, De la députation aux États généraux, par M. Roederer, conseiller au Parlement de Metz, de la Société royale des sciences et arts de la même ville, 8 novembre 1788, dans Œuvres du comte P.-L. Roederer, Paris, Firmin Didot Frères, 1859, vol. VII, p. 552. Celui qui, entretemps, sera devenu procureur général de la Seine la reprend en 1797 dans ses « Réflexions sur l’ouvrage du citoyen Guiraudet, intitulé De la Famille, considérée comme l’élément des sociétés », Journal d’économie publique, 20 thermidor an V (7 août 1797), publié dans le vol. 5 de ses Œuvres, op. cit., p. 98 : « … les chefs de famille seuls sont citoyens ; bien entendu que sous ce mot, comme chez les Romains, sous le mot de pater familias, on doit comprendre non seulement le père de famille, mais aussi celui qui peut l’être. C’est en vertu de ce principe que les femmes, les mineurs, les domestiques, les soldats mêmes, sont exclus des droits de cité. » Ces affirmations sont replacées dans leur contexte d’énonciation et complétées par une étude des règles et de la jurisprudence électorales de la période dans Anne Verjus, Le Cens de la famille. Les Femmes et le vote, 1789-1848, Paris, Belin, 2002 et Le Bon Mari. Une Histoire politique des hommes et des femmes à l’époque de la Révolution, Paris, Fayard, 2010.
  • [10]
    Ma traduction de : « Women are not incorporated as citizens like men, but as members of the family, a sphere separate from (or in social exile from) civil society and the state ». Je livre la phrase en entier, et donc l’idée qu’il existerait une séparation claire entre la famille et la société civile. Je pense au contraire que, puisque c’est par la famille que se distribuent les droits, elle est une société politique distincte mais non séparée de la communauté des citoyens. Carole Pateman, The Disorder of Women. Democracy, Feminism, and Political Theory, Stanford, Stanford University Press, 1989, p. 182.
  • [11]
    Sur les éléments du droit allant dans le sens de ce paradigme familialiste au Portugal et en Allemagne, voir Raffaele Romanelli (dir.), How Did they Become Voters ? The History of Franchise in Modern European Representation, The Hague, Kluwer Law International, 1998.
  • [12]
    Carole Pateman, « “The Disorder of Women”. Women, Love, and the Sense of Justice », Ethics, vol. XCI, no 1, 1980, p. 24.
  • [13]
    Jacques André, La Révolution fratricide. Essai de psychanalyse du lien social, Paris, PUF, 1993, p. 61.
  • [14]
    Ce ne sont plus des patriarches mais des « pater familias », c’est-à-dire des hommes émancipés des figures d’autorité (telles que le roi ou le détenteur de la puissance paternelle sur les majeurs), qui sont les citoyens et les véritables gagnants de la révolution de la souveraineté nationale. Sur ce point, je me permets de renvoyer à Anne Verjus, Le Bon Mari…, op. cit.
  • [15]
    Lynn Hunt, historienne de la culture, a pris au sérieux cette interprétation psychanalytique du lien social révolutionnaire dans un travail qui sera beaucoup cité ; voir Lynn Hunt, Le Roman familial de la Révolution française, Paris, A. Michel, 1995.
  • [16]
    La jurisprudence, comme souvent, précède l’inscription dans la loi. Si les traces de pratiques « familialistes » recommandées par le comité de Constitution datent, à ce jour, de 1791, la loi électorale attend un arrêté du 12 brumaire an XI (3 novembre 1802) pour systématiser la délégation des contributions en ligne descendante, c’est-à-dire des parents et beaux-parents au fils. Sur ce point, voir Anne Verjus, Le Bon Mari…, op.  cit., p. 311.
  • [17]
    Sur la notion d’englobement, empruntée à l’anthropologue Louis Dumont, je renvoie à Anne Verjus, Les Femmes, épouses et mères de citoyens. De la famille comme catégorie politique dans la construction de la citoyenneté (1789-1848), thèse de science politique, EHESS, sous dir. Pierre Rosanvallon, 1997, ⟨halshs-00003786v2⟩.
  • [18]
    Cette distribution des droits à partir de la famille s’étend, du moins en théorie et seulement à partir du 15 mai 1791, aux personnes libres de couleur nées de deux parents libres, puis à toutes les personnes libres de couleur à partir de 1792, c’est-à-dire aux chefs de ces unités sociales s’ils remplissent les critères censitaires de la citoyenneté. Voir Jean-François Niort, « La Condition des libres de couleur dans la société coloniale ou la ségrégation à l’œuvre (xviie-xixe siècles) », Bulletin de la Société d’histoire de la Guadeloupe, no 131, 2002, p. 61-112.
  • [19]
    Pierre-Louis Roederer, « Troisième discours sur l’organisation sociale, lu au Lycée le 10 février 1793 », dans Œuvres…, op. cit., vol. VIII, p. 162.
  • [20]
    Laure Bereni et Éléonore Lépinard, « “Les Femmes…” », art. cit.
  • [21]
    C’est moi qui souligne. « Discours du Président de la République à l’occasion de la célébration du 150 anniversaire de la proclamation de la République, au Panthéon », le 4 septembre 2020.
  • [22]
    Lucien Jaume, « Le Problème… », art. cit.
  • [23]
    Joseph de Maistre, Considérations sur la France, seconde édition revue par l’auteur, Londres, 1797, p. 102.
  • [24]
    La littérature est pléthorique sur ce sujet. On retiendra, pour les besoins de cet article, l’argument de la représentation comme constitutive de l’unité politique de la nation, ainsi que celui d’une construction de la notion « au fur et à mesure des débats », défendus dans Pierre Brunet, « La Notion de représentation sous la Révolution française », AHRF, no 328, 2002-1, p. 2745.
  • [25]
    William Thompson [et Anna Wheeler], Appeal of one half the human race, women, against the pretensions of the other half, men, to retain them in political, and thence in civil and domestic, slavery, in reply to a paragraph of Mr. Mill’s celebrated « Article on government », Londres, 1825.
  • [26]
    Cette problématique avait été labellisée par Carole Pateman sous la notion de « dilemme de Wollstonecraft » dans Carole Pateman, The Disorder…, op. cit., p. 195-204 ; sur ce dilemme, je me permets de renvoyer à Anne Verjus, « Se faire reconnaître pour mieux disparaître : le paradoxe républicain d’une revendication sur la base de “l’identité de genre” », dans Olivier Christin (dir.), Demain, la République, Paris, Le bord de l’eau, 2018. Joan Scott la reprendra dans son ouvrage sur les paradoxes de la citoyenneté : Joan Scott, La Citoyenne paradoxale. Les féministes françaises et les droits de l’homme, Paris, Albin Michel, 1998. Ces deux philosophes établissent une contradiction entre la nécessité pour les femmes revendiquant leur intégration politique de faire reconnaître leur spécificité par leur situation singulière de « non représentées », et la nécessité républicaine de le faire au nom de leur égalité et de leur appartenance au monde commun. Cette problématique a également été reprise par Anne-Marie Devreux, « Classe de sexe ou contradiction entre femmes : un faux dilemme », dans Francine Descarries et Lyne Kurtzman (dir.), Faut-il réfuter le Nous-femmes pour être féministe au xxie siècle ?, Montréal, Cahiers de l’IREF, 2009, no 19, p. 107-125 et par Elsa Fondimare, « Quelle citoyenneté pour les femmes ? La dimension exclusive du principe d’égalité », La Revue des droits de l’homme. Revue du Centre de recherches et d’études sur les droits fondamentaux, no 22, 2022, https://doi.org/10.4000/revdh.14954.
  • [27]
    On peut, ici, se reporter à la riche bibliographie autour des deux féministes Anna Wheeler et William Thompson qui, dans leur ouvrage publié en 1825, démontrent sur plusieurs centaines de pages que c’est non pas en raison de leur similarité mais, au contraire, de leur différence radicale avec les hommes, que les femmes devraient accéder à la représentation politique. Voir Michel Prum, « William Thompson et Anna Wheeler contre l’esclavagisme matrimonial », dans Mariages à la mode anglo-saxonne, Amiens, Presses de l’UFR CLERC, Université Picardie, 1995 ; Abbie L. Cory, « Wheeler and Thompson’s “Appeal”. The Rhetorical Re-Visioning of Gender », New Hibernia Review, vol. VIII, no 2, 2004, p. 106-120 ; Jim Jose, « On the necessity for gender equality. Anna Doyle Wheeler and William Thompson and “equality in community” », Social alternatives, vol. XXXIV, no 1, 2015, p. 34-38 ; « Feminist Political Theory without Apology. Anna Doyle Wheeler, William Thompson, and the Appeal of One Half the Human Race, Women », Hypatia, vol. XXXIV, no 4, 2019, p. 827-851 ; Ophélie Siméon, « ’Goddess of Reason’: Anna Doyle Wheeler, Owenism and the Rights of Women », History of European Ideas, vol. XLVII, 2020, p. 114. Sur ce différentialisme comme marqueur du féminisme anglais, quoiqu’à une époque plus tardive, voir Pierre Rosanvallon, Le Sacre du citoyen. Histoire du suffrage universel en France, Paris, Gallimard, 1992.
  • [28]
    Voir Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Le Vote des Françaises. Cent ans de débats, 1848-1944, Rennes, PUR, « Archives du féminisme », 2012 ; ainsi que Laurence Klejman et Florence Rochefort, L’Égalité en marche. Le féminisme sous la Troisième République, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques / Des Femmes, 1989.
  • [29]
    Élisabeth Badinter (dir.), Paroles d’hommes, 1790-1793, Paris, POL, 1989.
  • [30]
    Anne-Sarah Bouglé-Moalic, Le Vote…, op. cit., p. 39.
  • [31]
    Il y eut, en 1793, une série assez brève d’échanges autour du vote des femmes, à la Convention ; elle sera suivie d’un décret fameux excluant les femmes de l’espace public. Pour une analyse novatrice de ce décret, voué à mettre fin aux luttes politiques entre divers groupes de femmes, voir Katie Jarvis, La Politique sur les marchés. Travail, genre et citoyenneté dans la France révolutionnaire, Rennes, PUR, 2023.
  • [32]
    Jean-Antoine-Nicolas Condorcet, « Sur l’admission des femmes au droit de cité », Journal de la société de 1789, 3 juillet 1790, n V, p. 2.
  • [33]
    C’est Pierre-Louis Roederer qui, dans son « Troisième discours sur l’organisation sociale lu au Lycée, le 10 février 1793 », prétend que Condorcet a écrit sous l’influence de son épouse : « Rien ne prouve mieux peut-être que l’écrit de Condorcet, composé dans l’oubli de la philosophie et en présence de sa femme, cette vérité que les femmes n’ont besoin que de leur autorité domestique pour exercer sur les hommes au-delà de leurs droits. » Pierre-Louis Roederer, « Cours d’organisation sociale », Œuvres…, op. cit., p. 162. Quelle que soit la vérité de cette rumeur, son existence même témoigne que le couple formait, aux yeux de certains, une communauté d’opinions ; à tel point qu’un autre des arguments contre le droit de vote des femmes était que dans un grand nombre de cas, « elles auraient un intérêt commun avec leurs maris » (ibid.), ce qui avantagerait les hommes mariés. L’égalité entre les hommes nécessitait qu’ils pèsent chacun le même poids, et que soit par conséquent exclu tout vote des membres de leur famille. L’argument avait déjà été utilisé contre les « fils de famille » dans les premières années de la Révolution. Voir Anne Verjus, Le Bon Mari…, op. cit.
  • [34]
    Jean-Antoine-Nicolas de Caritat Condorcet, « Sur l’admission… », art. cit., p. 2.
  • [35]
    Ibid., p. 19.
  • [36]
    Pierre Guyomar, Le Partisan de l’égalité politique entre les individus, ou Problème très important de l’égalité en droits et de l’inégalité en fait, Paris, [de l’Impr. nationale], 1793, p. 12. Ce texte avait été publié d’abord en annexe à la séance de la Convention nationale du lundi 29 avril 1793. Voir AP, t. LXIII, p. 591-599. Il existe une édition critique de ce texte, établie, annotée et commentée par Juliette Janodet, sous la direction d’Olivier Ferret, accompagnée d’un « dossier critique », sur le carnet de recherches dames·de·fer : https://genrelittculture.hypotheses.org/dames·de·fer. Sur Pierre Guyomar, on consultera Gainot Bernard, « Pierre Guyomar et la revendication démocratique dans les débats autour de la constitution de l’an III », dans Roger Dupuy (dir.), 1795, pour une République sans Révolution, Rennes, PUR, Histoire, 1996, p. 261‑273, doi:10.4000/books.pur.19758 ; Dominique Godineau, « Guyomar », dans Christine Bard (dir.), Dictionnaire des féministes. France - xviiie-xxie siècle, Paris, 2017, p. 704‑706 ainsi que Kerisel Thierry, Le Conventionnel Pierre Guyomar. Un révolutionnaire breton promoteur des droits de la femme, 1757-1826, Paris, L’Harmattan, Biographies, 2022.
  • [37]
    Pierre Guyomar, Le Partisan…, op. cit., p. 1-2.
  • [38]
    Ibid., p. 2.
  • [39]
    Ibid.
  • [40]
    AP, t. LXIII, p. 564.
  • [41]
    « Exposé des différents projets de déclaration des droits », lu dans la séance du 17 avril 1793, dans AP, t. LXII, p. 263-269.
  • [42]
    Voir Tim Stretton et Krista J. Kesselring, Married Women and the Law. Coverture in England and the Common Law World, Montréal, McGill-Queen’s Press, 2013.
  • [43]
    Je fais exception de l’article de Rossella Bufano, « La Mère citoyenne. Éléments nouveaux sur le droit de vote des femmes pendant la Révolution française », AHRF, no 411, 2023-1, p. 73-97.
  • [44]
    Isabelle Bour, « Who translated into French and annotated Mary Wollstonecraft’s Vindication of the Rights of Woman ? », History of European Ideas, vol. XLVIII, no 7, 2022, p. 879-891. Sur la proximité entre David Williams et le couple Condorcet, voir Louis Devance, « Le Féminisme pendant la Révolution française », AHRF, no 229, 1977-1, p. 341-376.
  • [45]
    David Williams, Observations sur la dernière constitution de la France, avec des vues pour la formation de la nouvelle constitution. Par David Williams. Traduit de l’anglois par le citoyen Maudru, Chez les Directeurs de l’Imprimerie du Cercle social, rue du Théâtre-François, l’an 2 de la République [1793]. Ce texte avait été terminé début janvier selon une note jointe à l’édition du texte inséré en annexe de la séance du 29 avril 1793 de la Convention nationale. AP, t. LXIII, p. 584. Son auteur, réprouvant l’exécution de Louis XVI, avait quitté la France dès la fin du mois de janvier 1793.
  • [46]
    Ibid., p. 16.
  • [47]
    François-Joseph L’Ange, « Proposition réglant au premier degré la Constitution des États généraux par les citoyens groupés, sans distinctions corporatives, en Centuries élisant chacune un centenier, proposée le 22 octobre et le 1 novembre 1788 », reproduite dans François-Joseph L’Ange, Œuvres, introduction et notes par Paul Leutrat, Paris, Éditions sociales, 1968. On a retranscrit une partie de ce texte dans Anne Verjus, « François Joseph L’Ange et le suffrage des chefs de famille », Carnet de recherche Homosexus, https://doi.org/10.58079/powt
  • [48]
    Jean-Paul Marat, Projet de déclaration des droits de l’homme et du citoyen, suivi d’un Plan de constitution juste, sage et libre, par l’auteur de « l’Offrande à la patrie », Paris, Buisson, 1789, p. 21.
  • [49]
    Pierre-Louis Lacretelle, « art. Science, Onzième principe », dans Encyclopédie méthodique. Logique et métaphysique, Paris, chez Panckoucke, 1791, t. IV, p. 770. 
  • [50]
    « Des Femmes pétitionnaires », Révolutions de Paris, no 124, 19-26 novembre 1791, p. 356-357, cité par Rossella Bufano, « La Mère… », art. cit.
  • [51]
    Sur ce dernier et sa position féministe, voir Stéphanie Roza, « Le Féminisme de Gracchus Babeuf : un anti-Rousseau ? », AHRF, n° 411, 2023-1, p. 141-157. Les extraits sont tirés de cet article qui renvoie à Victor Daline, Armando Saitta, Albert Soboul (dir.), Œuvres de Babeuf, Paris, Bibliothèque nationale, 1977, p. 94.
  • [52]
    Jean-Denis Lanjuinais, « Discours à la Convention nationale, séance du 21 messidor an III », Réimpression de l’ancien Moniteur, Paris, Plon frères, vol. XXV, 1847, p. 196.
  • [53]
    Pierre-Louis Lacretelle, Encyclopédie…, op. cit., p. 770-771.
  • [54]
    David Williams, Observations…, op. cit., p. 16.
  • [55]
    Motions adressées à l’Assemblée nationale en faveur du sexe, s. l. s. d., de l’Imp. de la Veuve Delaguette, rue de la Vieille-Draperie. La Bibliothèque nationale de France date cet opuscule de 1789. L’édition de ce texte est en cours pour le site déjà cité de Dames·de·fer. La critique attribue le texte à une certaine Mme Bastille (citoyenne Desmoulins) sans préciser que l’attribution est indiquée, en 1790, par Mme Mouret dans les Annales de l’éducation du sexe, Paris, 1790, no II, p. 35-38. Je remercie vivement Olivier Ferret de m’avoir permis de bénéficier de ses résultats de recherche avant leur publication. Ce texte sera réédité et remis à la Convention nationale en 1794, inséré sous le titre « Motion en faveur du sexe » dans Étrennes poétiques et morales, p. 21-30. La citoyenne Desmoulins est probablement l’autrice des Délassements d’une philosophe. Almanach dédié à la Convention nationale, pour faire suite aux « Étrennes poétiques et morales ». Par une pensionnaire de la République, Paris, chez Favre, Libraire, Palais de l’Égalité, sous les galeries de bois, no 220, An troisième de la République [1795].
  • [56]
    Marie-Madeleine Jodin, Vues législatives pour les femmes, adressées à l’Assemblée nationale par Mademoiselle Jodin, Fille d’un citoyen de Genève, à Angers, chez Mame, Imprimeur du Département de Maine et Loire, rue S. Laud, 1790, p. 7. Ce texte sera lui aussi bientôt disponible sur le site déjà cité de Dames·de·fer. Voir aussi Felicia Gordon, « “VUES LÉGISLATIVES POUR LES FEMMES” 1790. A REFORMIST-FEMINIST VISION. “And we too are citizens” », History of Political Thought, 1999, vol. 20, no 4, p. 649-673 ; Felicia Gordon et Philip Nicholas Furbank, Marie Madeleine Jodin, 1741-1790. Actress, philosophe and feminist, Aldershot, Ashgate, 2001 ; Elisabeth Zawisza, « Apprentissage de la rhétorique et de la citoyenneté. Les écrits de Marie-Madeleine Jodin », Rhetor, Journal of the Canadian Society for the Study of Rhetoric, 2007, no 2, (non paginé) ; Valentina Altopiedi, « Donne in rivoluzione. Marie-Madeleine Jodin e i diritti della citoyenne », Donne in rivoluzione, 2021, p. 1145.
  • [57]
    Marie-Madeleine Jodin, Vues…, op. cit., p. 7.
  • [58]
    Ibid.
  • [59]
    Ibid., p. 9.
  • [60]
    Ibid., p. 22.
  • [61]
    Ibid., p. 30. Il s’agit probablement de Johann Albrecht von Mandelslo, Voyages célèbres & remarquables, faits de Perse aux Indes orientales, par le Sr Jean-Albert de Mandelslo, Leide, P. Vander Aa, 1719.
  • [62]
    Marie-Madeleine Jodin, Vues…, op. cit., p. 30.
  • [63]
    Elle avait écrit ce texte bien avant la Révolution, semble-t-il, puisqu’un homme auquel elle l’envoie lui répond en signant et datant du 14 novembre 1786. Il s’agit d’un certain Linch.
  • [64]
    Marie-Madeleine Jodin, Vues…, op. cit., p. 44.
  • [65]
    Cahier des doléances et réclamations des femmes, par Mme B*** B***, S. l., 1789. L’édition de ce texte est en cours sur le site Dames·de·fer.
  • [66]
    Paule-Marie Duhet, 1789. Cahiers de doléances des femmes et autres textes, Paris, Des Femmes, 1989, p. 36.
  • [67]
    Cahier des doléances…, op. cit., p. 5.
  • [68]
    Ibid.
  • [69]
    Pierre Guyomar, Le Partisan…, op. cit., p. 6.
  • [70]
    Ibid., p. 19.
  • [71]
    Ibid.
  • [72]
    Pierre-Louis Roederer, De la députation…, op. cit., p. 38-39. L’auteur reproduit ce passage dans le Cours d’organisation sociale qu’il donne au Lycée en 1793 : « Cours d’organisation sociale » dans Pierre-Louis Roederer, Œuvres…, op. cit., t. VIII, p. 162-163.
  • [73]
    Le concept de « représentation descriptive » a été forgé par A. Phillips Griffiths en 1960, dans « How Can One Person Represent Another ? », Proceedings of the Aristotelian Society, Supplementary Volumes, vol. XXXIV, no 1, 1960, p. 187-224. Elle est reprise dans un article traduit en français par la politiste Jane Mansbridge, qui l’interroge quand on l’applique aux femmes et aux personnes racisées. Jane Mansbridge, « Les Noirs doivent-ils être représentés par des Noirs et les femmes par des femmes ? Un oui mesuré », Raisons politiques, vol. L, no 2, 2013, p. 53-77. Je remercie Yves Sintomer de m’avoir indiqué cette référence.
  • [74]
    William Thompson [et Anna Wheeler], Appeal…, op. cit. La philosophe politique Iris Marion Young, dans cette lignée, montrera la difficulté de maintenir une conceptualisation de l’oppression patriarcale comme un processus systématique et structuré, sans conceptualiser les femmes comme un collectif. Voir « Gender as Seriality. Thinking about Women as a Social Collective », Signs, vol. IXX, no 3, 1994, p. 713-738.

À l’époque de la Révolution, la loi promeut l’idée d’une égalité des individus par-delà leurs différences et leurs intérêts particuliers ; ceux-ci sont supposés fongibles dans une représentation nationale qui ne tolère pas de corps intermédiaires (donc de collectifs d’intérêts, appelés aussi « intérêts intermédiaires ») susceptibles de nuire à l’expression de la volonté générale ; on cite souvent un extrait du discours du député Isaac Le Chapelier (1754-1794), à l’appui de ce qui va devenir, et pour longtemps, une véritable doctrine d’État :
« Il ne doit pas être permis aux citoyens de certaines professions de s’assembler pour leurs prétendus intérêts communs. Il n’y a plus de corporations dans l’État : il n’y a plus que l’intérêt particulier de chaque individu et l’intérêt général. Il n’est permis à personne d’inspirer aux citoyens un intérêt intermédiaire, de les séparer de la chose publique par un esprit de corporation. »
L’historienne et politiste Chloé Gaboriaux, qui a travaillé sur la notion d’intérêt général et la reconnaissance d’utilité publique sous la IIIe République, remarque que les lois d’Allarde et Le Chapelier « sont ainsi partout citées pour illustrer le refus des corps intermédiaires consacré par la Révolution française : elles témoigneraient du souci de libérer l’individu de l’emprise des groupes, accusés d’empiéter sur sa souveraineté individuelle (en lui imposant leurs règles) et de l’empêcher d’accéder à l’intérêt général (en l’assujettissant à un intérêt collectif partiel et partia…


Date de mise en ligne : 25/03/2025

https://doi.org/10.3917/ahrf.419.0079

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