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La Terreur vécue. Régime d’incertitude et transactions sociales dans les projets pédagogiques de l’an II

Pages 51 à 72

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  • Lancereau, G.
(2017). La Terreur vécue. Régime d’incertitude et transactions sociales dans les projets pédagogiques de l’an II. Annales historiques de la Révolution française, 390(4), 51-72. https://doi.org/10.3917/ahrf.390.0051.

  • Lancereau, Guillaume.
« La Terreur vécue. Régime d’incertitude et transactions sociales dans les projets pédagogiques de l’an II ». Annales historiques de la Révolution française, 2017/4 n° 390, 2017. p.51-72. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2017-4-page-51?lang=fr.

  • LANCEREAU, Guillaume,
2017. La Terreur vécue. Régime d’incertitude et transactions sociales dans les projets pédagogiques de l’an II. Annales historiques de la Révolution française, 2017/4 n° 390, p.51-72. DOI : 10.3917/ahrf.390.0051. URL : https://shs.cairn.info/revue-annales-historiques-de-la-revolution-francaise-2017-4-page-51?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/ahrf.390.0051


Notes

  • [1]
    Cette publication est issue d’un mémoire de recherche réalisé en 2011-2012 dans le cadre du master « Pratiques de l’interdisciplinarité dans les sciences sociales » (Ens-Ehess) sous la direction d’Éric Brian et de Jean-Luc Chappey. Qu’ils soient ici vivement remerciés, ainsi qu’Antoine Lilti, pour leurs conseils et relectures attentives.
  • [2]
    Évoquons ici quelques ouvrages désormais classiques : Dominique Julia, La Révolution : les trois couleurs du tableau noir, Paris, Belin, 1981 ; Mona Ozouf, L’école de la France. Essais sur la Révolution, l’utopie et l’enseignement, Paris, Gallimard, 1984 ; Robert R. Palmer, The Improvement of Humanity. Education and the French Revolution, Princeton, Princeton University Press, 1985 ; Carlo Pancera, L’utopia pedagogica rivoluzionaria (1789-1799), Rome, Ianua, 1985 ; Marie-Françoise Lévy (dir.), L’enfant, la famille et la Révolution française, Paris, Olivier Orban, 1990 ; René Grevet, L’avènement de l’école contemporaine en France (1789-1835), Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2001.
  • [3]
    Ce chiffre, comme le précédent, provient du croisement des données établies par Hans-Christian Harten dans Les écrits pédagogiques sous la Révolution, Paris, INRP, 1989. Leur usage demande néanmoins quelques précautions, notamment du fait de leur caractère parisiano-centré justement noté par Philippe Bourdin, « Vie culturelle et religieuse », dans Michel Biard (dir.), Les politiques de la Terreur, 1793-1794, Rennes, SER/PUR, 2008, p. 363-364.
  • [4]
    Haïm Burstin, Révolutionnaires. Pour une anthropologie politique de la Révolution française, Paris, Vendémiaire, 2013, p. 52.
  • [5]
    Voir Célestin Hippeau, L’instruction publique en France pendant la Révolution, Paris, Didier, 1883, réédité en 1990 aux éditions Klincksieck, et, plus récemment, Bronislaw Baczko, Une éducation pour la démocratie, Genève, Droz, 2000. Cette accessibilité même a été avancée comme critère d’explication du caractère parlementaro-centré de l’historiographie : voir Dominique Julia, « Enfance et citoyenneté : Bilan historiographique et perspectives de recherches », Histoire de l’éducation, n° 45, 1990, p. 4-5 et Bruno Belhoste, « La Révolution et l’éducation : dernier bilan », Histoire de l’éducation, n° 53, 1992, p. 48.
  • [6]
    La proposition de publication « des nombreux plans d’éducation nationale, dus à l’initiative privée, qui ont vu le jour pendant la période révolutionnaire », émise lors de la séance du 1er juin 1886 de la Commission de publication des documents historiques inédits relatifs à la Révolution de 1789, a malheureusement été rejetée. Voir Archives nationales (désormais AN), F17 2219.
  • [7]
    Hans-Christian Harten, Les écrits pédagogiques sous la Révolution, op. cit.
  • [8]
    James Guillaume (éd.), Procès-verbaux du Comité d’instruction publique de la Convention, Paris, Imprimerie nationale, 1891-1907, 6 vol.
  • [9]
    Nous avons considéré comme « projets pédagogiques » les écrits incluant un véritable exposé de conceptions théoriques ou pratiques en matière d’éducation et d’enseignement. Ont donc été exclus les prospectus vantant en un recto les mérites d’une école particulière, comme les simples demandes de pension ou de poste. De plus, la logique même de notre approche prosopographique supposait que nous exclussions de notre corpus les projets anonymes. Enfin, nous avons renoncé à intégrer les catéchismes révolutionnaires, du fait de la spécificité de ce format d’écriture et de leur important investissement historiographique. N’évoquons ici que le premier numéro de la revue en ligne La Révolution française, daté de 2009 et dirigé par Jean-Charles Buttier et Émilie Delivré, intégralement consacré aux catéchismes républicains.
  • [10]
    Michel Vovelle, La découverte de la politique. Géopolitique de la Révolution française, Paris, La Découverte, 1992, p. 222.
  • [11]
    Voir Raymonde Monnier, L’espace public démocratique, Paris, Kimé, 1994.
  • [12]
    Stéphane Baciocchi & Dominique Julia, « Les procédures d’application du décret et les viviers de recrutement des élèves », dans Dominique Julia (dir.), L’École normale de l’an III. Une institution révolutionnaire et ses élèves, Paris, Éditions Rue d’Ulm, 2016, p. 196. Il n’est donc pas surprenant, dans ces conditions, que « plus d’une soixantaine de normaliens » ait rédigé un écrit pédagogique, imprimé ou demeuré manuscrit, au cours de la période révolutionnaire (ibid., p. 191).
  • [13]
    Voir en priorité Lise Andries, « Récits de survie : les mémoires d’autodéfense pendant l’an II et l’an III », dans Jean-Claude Bonnet (dir.), La carmagnole des muses, Paris, Armand Colin, 1988, p. 261-275 et Sylvie Garnier, « Les conduites politiques en l’an II. Compte rendu et récit de vie révolutionnaires », Annales historiques de la Révolution française, n° 295, 1994, p. 19-38.
  • [14]
    Sur les usages possibles de cette notion en histoire de la Révolution, voir l’éclairante mise au point proposé par Jean-Luc Chappey, « Nouveaux regards sur les Girouettes. Écritures et stratégies intellectuelles en Révolution », dans Dinah Ribard & Nicolas Schapira (dir.), On ne peut pas tout réduire à des stratégies : pratiques d’écritures et trajectoires sociales, Paris, PUF, 2013, p. 43-70.
  • [15]
    Denise Davidson, « L’identité politique et sociale au quotidien, 1795-1815 », Annales historiques de la Révolution française, n° 359, 2010, p. 166.
  • [16]
    Sur l’ajustement structurel des chances objectives et des espérances objectives hors, précisément, des configurations de crise, voir Pierre Bourdieu, « L’être social, le temps et le sens de l’existence », Méditations pascaliennes, Paris, Le Seuil, 2003, p. 299-351.
  • [17]
    Marc Deleplace, « Les discours sur l’“anarchie” en l’an III : entre “terreur” et “contre-révolution” », dans Michel Vovelle (dir.), Le tournant de l’an III, réaction et terreur blanche dans la France révolutionnaire, Paris, Éditions du CTHS, 1997, p. 221-227.
  • [18]
    Sophie Wahnich, « Incertitude du temps révolutionnaire », Socio, n° 2, 2013, p. 119-138.
  • [19]
    Pensons ici aux décrets de mars 1793 interdisant tout écrit provoquant à la violation des propriétés ou tendant au rétablissement de la royauté ou, réciproquement, à l’obligation de prestation du serment civique.
  • [20]
    Lakanal voit dans la désignation de ces dix “experts” un « devoir du Comité » et une nécessité relevant « de l’intérêt national », dans la mesure où les ouvrages (conservés dans AN, F17 11648) « envoyés au concours ouvert pour la composition des livres élémentaires ne répondent pas aux vues de la Convention nationale » (seconde rédaction de l’arrêté du 1er brumaire an III / 20 octobre 1794, cité par James Guillaume, Procès-verbaux, op. cit., vol. V, p. 160). Sur le concours, voir Jean Morange & Jean-François Chassaing, Le mouvement de réforme de l’enseignement en France (1760-1798), Paris, PUF, 1974, p. 110 sq.
  • [21]
    Luc Boltanski, Yann Darré et Marie-Ange Schiltz, « La dénonciation », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 51, 1984, p. 20.
  • [22]
    Pierre Bourdieu, « La critique du discours lettré », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 1, n° 5-6, 1975, p. 5.
  • [23]
    François-Paul Barletti de Saint-Paul, Vues relatives aux buts et aux moyens de l’instruction du peuple français, considérées sous le seul rapport de l’enseignement, Paris, 1793, p. 14.
  • [24]
    Ibid., p. 17.
  • [25]
    AN, F17 1004 C, 687.
  • [26]
    AN, F17 1009 B, 2025.
  • [27]
    Jean-Luc Chappey, « Révolution, régénération, civilisation : enjeux culturels des dynamiques politiques », dans Jean-Luc Chappey, Bernard Gainot, Guillaume Mazeau, Frédéric Régent & Pierre Serna, Pour quoi faire la Révolution, Marseille, Agone, 2012, p. 117 et 121.
  • [28]
    Aussi Pierre-Vincent Chalvet écrit-il en 1793 à la Convention : « en conservant encore longtemps une instruction publique vicieuse, vous laissez subsister le plus funeste obstacle à l’établissement de la liberté. […] Hâtez-vous donc de fixer vos regards sur le plus pressant besoin de la jeunesse : que cet ouvrage soit le dernier où j’appelle sur elle votre attention ! », Des qualités et des devoirs d’un instituteur public, Paris, La Villette, 1793, p. 3-4.
  • [29]
    Jean-Henri Hassenfratz, Réflexions sommaires sur l’instruction publique, Paris, 1793, p. 3.
  • [30]
    Voir Emmanuel Grison, Du faubourg Montmartre au corps des Mines : l’étonnant parcours du républicain J.-H. Hassenfratz (1755-1827), Paris, Presses de l’École des Mines, 1996.
  • [31]
    Pierre Baillot, Observations sur le plan d’éducation nationale présenté par Sieyès, Dijon, P. Causse, 1793.
  • [32]
    David Andress, « Violence populaire et Terreur », dans Michel Biard (dir.), Les politiques de la Terreur, op. cit., p. 73.
  • [33]
    F17 1005 A, 721.
  • [34]
    Didier Fassin, « La supplique. Stratégies rhétoriques et constructions identitaires dans les demandes d’aide d’urgence », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 55e année, n° 5, 2000, p. 959.
  • [35]
    Dans ces rapports datant de pluviôse an III (janvier-février 1795), les Éléments du jeune républicain de Renault et des catéchismes de Thiébault sont sévèrement critiqués : le premier « parle à l’enfant un langage inintelligible pour lui », tandis que les ouvrages du second sont dits « marqués au coin de la médiocrité qui caractérise toutes les productions de ce genre présentées jusqu’à ce jour à la Commission » (AN, F17, 1331 B).
  • [36]
    Quentin Deluermoz et Boris Gobille, « Énergies révolutionnaires. Une anthropologie politique de la Révolution française », Politix, n° 112, 2015, p. 172.
  • [37]
    Alban Bensa et Éric Fassin, « Les sciences sociales face à l’événement », Terrain, n° 38, 2002, p. 5-20.
  • [38]
    Pour détourner l’intitulé d’Arlette Farge, Dire et mal dire. L’opinion publique au XVIIIe siècle, Paris, Le Seuil, 1992.
  • [39]
    Tel est le cas, en octobre 1792, d’un certain Christian-Jacques Schreiber. Voir James Guillaume (éd.), Procès-verbaux, op. cit., vol. I, p. 33.
  • [40]
    Nous faisons ici référence au projet du sergent Fresel (AN, F17 1009 B, 2093) et à la demande jointe par Thérésia Cabarrus-Fontenay à son Discours sur l’éducation envoyé à un membre du Comité, le priant d’obtenir au député Ysabeau le prieuré de Saint-Paul. La lettre est reproduite par James Guillaume (éd.), Procès-verbaux, op. cit., vol. III, 631-632.
  • [41]
    Stéphane Baciocchi et Dominique Julia, « Les élèves nommés : des candidatures spontanées aux refus et aux abandons », dans Dominique Julia (dir.), L’École normale de l’an III, op. cit., p. 210.
  • [42]
    Ce périodique ne doit pas être confondu avec le Journal d’instruction publique rédigé par une société de gens de lettres évoqué par Jean-Luc Chappey, « Enjeux sociaux et politiques de la “vulgarisation scientifique” en Révolution (1780-1810) », Annales historiques de la Révolution française, n° 338, 2004, p. 31.
  • [43]
    AN, F17 1005 A, 787.
  • [44]
    James Guillaume (éd.), Procès-verbaux, op. cit., vol. II, p. 741.
  • [45]
    Ibid., vol. III, p. 207.
  • [46]
    AN, F17 11648.
  • [47]
    Parmi ces pétitions, remarquons en particulier celle où le « sieur Chemelat, agent des maîtres de pension de la ville de Paris, […] réclame la justice de l’Assemblée pour que les maîtres d’école et de pension de la capitale puissent payer leurs dettes », Archives parlementaires, Tome XXXVIII, séance du 2 février 1792, p. 97.
  • [48]
    AN, F17 1310, dossier 5.
  • [49]
    Sur ces deux affaires, voir respectivement James Guillaume (éd.), Procès-verbaux, op. cit., vol. IV, p. 721 et Alphonse Aulard, « Le recueil des actions héroïques », Études et leçons sur la Révolution française, 8e série, Paris, Alcan, 1921, p. 165.
  • [50]
    Jean-Luc Chappey & Antoine Lilti, « Les demandes de pensions des écrivains, 1780-1820 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 57, 2010, p. 156-184.
  • [51]
    AN, F17 1318, dossier 7.
  • [52]
    Archives parlementaires, Tome LXI, p. 248.
  • [53]
    Voir Arthur Chuquet, Les guerres de la Révolution, Paris, Léon Chailley, 1886-1894, Tome IV, p. 231 et Antoine Boulant, « Guerre et renseignement sous la Révolution. Les agents du Conseil exécutif provisoire (1792-1793) », Revue historique des armées, n° 254, 2009.
  • [54]
    AN, F17 1009 B, 2169.
  • [55]
    Lise Andries, « Récits de survie », op. cit., p. 261.
  • [56]
    Sylvie Mouysset, « “Silence de mort et craintes extrêmes” : la peur en son for privé à l’époque révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, n° 373, 2013, p. 25.
  • [57]
    Sophie Wahnich, « De l’économie émotive de la Terreur », Annales. Histoire, Sciences Sociales, 57e année, n° 4, 2002, p. 892.
  • [58]
    Philippe Bourdin, « Vie culturelle et religieuse », dans Michel Biard (dir.), Les politiques de la Terreur, op. cit., p. 363.
  • [59]
    On y lit notamment : « Les grandes institutions et les fêtes nationales ouvrent un nouveau champ à vos utiles analyses ; l’excellent esprit qui vous dirige ne peut manquer de conduire vos recherches sur cet important objet », cité par James Guillaume (éd.), Procès-verbaux, op. cit., vol. III, p. 44.
  • [60]
    Voir Jean-Luc Chappey, « Sociabilités intellectuelles et Librairie révolutionnaire », Revue de synthèse, série VI, n°1-2, 2007, p. 71-96 et Lise Andries, « Les imprimeurs-libraires parisiens et la liberté de la presse (1789-1795) », Dix-huitième siècle, n° 21, 1989, p. 247-261.
  • [61]
    AN, F17 1005A, 779.
  • [62]
    Les pensions présentaient en particulier le double avantage d’admettre les enfants à un âge plus précoce que les collèges, et de dispenser certains enseignements supplémentaires, notamment scientifiques. Voir Philippe Marchand, « Un modèle éducatif original à la veille de la Révolution : les maisons d’éducation particulière », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 22, 1975, p. 560.
  • [63]
    Marcel Grandière, « L’éducation en France à la fin du XVIIIe siècle : quelques aspects d’un nouveau cadre éducatif, les maisons d’éducation, 1760-1790 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 33, 1986, p. 460.
  • [64]
    Claude Guillon, « Pauline Léon, révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, n° 344, 2006, p. 149-150.
  • [65]
    AN, F17 1310, dossier 2. Voir aussi Elke Harten et Hans-Christian Harten, Femmes, culture et Révolution, Paris, Des femmes-Antoinette Fouque, 1989, p. 127-128.
  • [66]
    Albert Mathiez, Le club des Cordeliers pendant la crise de Varennes et le massacre du Champ de Mars, Paris, H. Champion, 1910, p. 269.
  • [67]
    AN, F17 1005 A, 797.
  • [68]
    Philippe Sérane, Apperçu d’une éducation raisonnable, Paris, Desenne et chez l’auteur, 1793, p. 20. Sur la trajectoire et les travaux de Sérane, voir Hans-Christian Harten, Elementarschule und Pädagogik in der Französischen Revolution, Munich, Oldenbourg Verlag, 1990, p. 401-407.
  • [69]
    Sur cette notion, voir François Azouvi (dir.), L’institution de la raison, Paris, EHESS - Vrin, 1992.
  • [70]
    Haïm Burstin, « Échos faubouriens des journées de Prairial », Annales historiques de la Révolution française, n° 304, 1996, p. 373-374.
  • [71]
    Jean-Luc Chappey, « La “Terreur”, temps des pédagogues ? », dans Michel Biard et Hervé Leuwers (dir.), Visages de la Terreur, op. cit., p. 121.
  • [72]
    AN, F17 1318, dossier 7.
  • [73]
    Le Dictionnaire prosopographique des élèves nommés à l’École normale de l’an III est disponible en ligne : http://lakanal-1795.huma-num.fr.
  • [74]
    D’après deux documents d’archives publiés dans les Mémoires de la société des sciences morales, des lettres et des arts de Seine-et-Oise, vol. XIX, 1895, p. 135-137.
  • [75]
    Nous extrayons cette information d’une « Note présentée au Comité de vérification des Amis de la Constitution, par le sieur Dieudonné Thiebault », issue du fonds “Papers Concerning the French Revolution, 1793-1814”, Ms Fr 500.1. Houghton Library, Harvard University.
  • [76]
    Nikolaj I. Lenc, « Učebno-vospitatel’nye zavedenija, iz kotoryh obrazovalsja Rišel’evskij Licej » [Les établissements éducatifs dont est issu le Lycée Richelieu], Zapiski Imperatorskogo Odesskogo Obščestva Istorii i Drevnostej [Mémoires de la société impériale odessite d’histoire et d’antiquité], n°24, 1902, p. 40 et Elena V. Polevščikova, « Francuzy v učebnyh zavedenijah Odessy. 1803-1822 gg. » [Les Français dans les établissements scolaires d’Odessa, 1803-1822], Francuzskij Ežegodnik / Annuaire d’études françaises, 2011, p. 111.
  • [77]
    AN, F171318, dossier 7.
  • [78]
    Ibid.
  • [79]
    « Mémoire sur la Russie, par le Citoyen Wolsay », Archives du ministère des Affaires étrangères (AMAE), Mémoires et documents (MD), Russie, t. XXXV, doc. 35.
  • [80]
    AMAE, MD, Russie, t. XXXV, doc. 38. Les huit républiques seraient : la République castillane (Espagne et Portugal), l’Anglaise (Angleterre, Écosse, Islande), la Germanique (de la frontière des États de Venise à la Poméranie), la République de Norvège et de Suède, la République russe (d’Arhangel’sk au Dniepr), la République de Turquie européenne, celle de Pologne, et enfin la République française comprenant la France, la Hollande, la Westphalie, l’Helvétie, l’Italie, la Sicile, la Sardaigne, la Corse, Majorque et Minorque, l’Irlande, Corfou, Chypre et les îles de Candie.
  • [81]
    Voir Elena Jourdan, « Le Testament apocryphe de Pierre le Grand », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, n°18, 2004, p. 14-48.
  • [82]
    AMAE, MD, Russie, t. XIX, doc. 5.
  • [83]
    AMAE, MD, Russie, t. XXXV, doc. 48.
  • [84]
    P. Wolsay, Un coup d’œil sur la Russie, sl., sd., p. 61 (NIOR RGB / Département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de Russie, fonds 183.1, doc. 1759).
  • [85]
    Ibid., p. 69.
  • [86]
    Certains ont cru voir en ce Wolsay un certain philosophe athée de nationalité anglaise évoqué par Pouchkine dans une lettre de 1824. Il s’agit là d’une erreur historiographique, comme l’a précocement démontré Mihail P. Alekseev (dir.), Puškin. Stat’i i materialy [Pouchkine : articles et matériaux], Odessa, Odesskij dom učėnyh, 1926, vol. III, p. 50-51.
  • [87]
    Pour résumer, Wolsay consacrait ses efforts à sa propre pension et se désintéressait du Gymnase, négligeant notamment de soumettre les étudiants aux examens attendus, ce qui conduisit à son renvoi en 1811, comme l’indique notamment Olėna Sinjavs’ka, « Zasnuvannja Odes’koï komercijnoï gimnaziï na počatku XIX st. », Zapiski Istoričnogo Fakul’tetu, n° 23, 2012, p. 213-214. Ajoutons que Wolsay s’était brouillé avec Richelieu, comme en attestent les mémoires de Rochechouart le décrivant en ces termes : « Voilà donc cet homme si désintéressé qui, après avoir rempli ses poches de ducats, veut non seulement quitter, mais détruire l’établissement qui devait faire sa gloire », Louis-Victor-Léon de Rochechouart, Souvenirs sur la Révolution, l’Empire et la Restauration, Paris, Plon, 1892, p. 42-143.
  • [88]
    Apollon Skal’kovskij, Materialy dlja istorii obščestvennogo obrazovanija v Odesse [Matériaux pour l’histoire de l’instruction publique à Odessa], Odessa, 1867, p. 9 et Elena Polevchtchikova & Dominique Triaire (éd.), Lettres d’Odessa du duc de Richelieu, 1803-1814, Paris, Centre international d’études du XVIIIe siècle, 2014, p. 32.
  • [89]
    Haïm Burstin, « La biographie en mode mineur : les acteurs de Varennes, ou le “protagonisme” révolutionnaire », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 57-1, 2010, p. 3.
  • [90]
    Pierre Bourdieu, « Un acte désintéressé est-il possible ? », Raisons pratiques. Sur la théorie de l’action, Paris, Le Seuil, 1994, p. 149-167.
  • [91]
    Claude Mazauric, « Révolution et Terreur : une exception française ? », dans Michel Biard (dir.), Les politiques de la Terreur, op. cit., p. 464.
Français

Les bouleversements sociaux et politiques de la période révolutionnaire sont à l’origine d’un véritable « régime d’incertitude » frappant les statuts et les hiérarchies, les manières d’être et de se donner à voir, ainsi que les modalités de la prise de parole. Ce mouvement, qui connaît son acmé en 1793-1794, conduit une série d’acteurs à entreprendre des actions stratégiques, voire opportunistes, de valorisation de soi et de négociation auprès des institutions politiques et culturelles, moins dans le but d’infléchir le cours des événements révolutionnaires qu’à des fins de reconnaissance et de reprise en main du cours effectif de leur destinée sociale. Nous proposons d’observer les effets de cette dynamique à partir d’un corpus de projets pédagogiques adressés en 1793 et 1794 à la Convention ou à son Comité d’instruction publique par des « individus communs », afin de mettre en lumière la variété des trajectoires, des ressources et des espérances individuelles de ces contemporains de la Terreur.

Mots-clés

  • Terreur
  • statuts sociaux
  • prise de parole
  • pédagogie
  • incertitude

Mots-clés éditeurs : incertitude, pédagogie, prise de parole, statuts sociaux, Terreur


English

Living the Terror. The Regime of Uncertainty and Social Transactions in the Pedagogical Projects of the Year II

The social and political upheavals of the Revolutionary period created a veritable regime of uncertainty, affecting status and hierarchies, ways of behaving and of perceiving, as well as the manner of speaking. This movement, which attained its apogee in 1793-94, led a number of persons to undertake strategic, indeed opportunistic, actions, concerning self-promotion and negotiation with political and cultural institutions. These actions were animated less by a desire to alter the course of Revolutionary events than by the purpose of achieving personal recognition and control over one’s private career. This article analyses the effects of this dynamic using a collection of pedagogical proposals addressed to the Convention in 1793 and 1794, or to its Comité d’instruction publique by « common persons », to highlight the variety of personal trajectories, of talents and individual aspirations of the contemporaries of the Terror.


Date de mise en ligne : 22/01/2018

https://doi.org/10.3917/ahrf.390.0051