J.-B Auzel (dir.), La Manche, toute une histoire. Manuel d’histoire de la préhistoire à nos jours, Archives départementales de la Manche/Maison de l’histoire de la Manche, Saint-Lô, Conseil départemental de la Manche, 2016, 251 p.
Pages 147j à 174j
Citer cet article
- MANEUVRIER, Christophe,
- Maneuvrier, Christophe.
- Maneuvrier, C.
https://doi.org/10.3917/annor.662.0147j
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- Maneuvrier, C.
- Maneuvrier, Christophe.
- MANEUVRIER, Christophe,
https://doi.org/10.3917/annor.662.0147j
Notes
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[16]
G. Bourdin, J.-M. Foubert et J.-P. Foucher, L’Orne. Des territoires, une histoire, Alençon, Conseil général de l’Orne, 2012, 143 p.
1 Diffusé le 3 mars 2017 à l’occasion de l’inauguration de la Maison de l’histoire de la Manche », cet ouvrage est présenté comme un « manuel » destiné avant tout aux habitants du département. Dans sa préface, Philippe Bas, président du Conseil départemental, affirme clairement l’objectif de l’entreprise : il s’agit de renforcer un sentiment d’appartenance à un territoire : « [Ce manuel] nous lie les uns aux autres, il est notre passé. Notre ADN ». Rédigé par une dizaine d’auteurs issus des Archives départementales, de la DRAC, de l’INRAP et des sociétés savantes et riche de 350 illustrations extraites, pour l’essentiel, des collections des Archives départementales, il trouvera certainement un large écho auprès du public, comme l’avait trouvé celui sur l’histoire du département de l’Orne publié par le service des Archives départementales, en 2012 [16].
2 L’ouvrage intéressera aussi tous ceux qui s’intéressent à la manière dont on fait et dont on diffuse l’histoire locale et régionale. Le plan choisi est chronologique, construit en fonction d’une périodisation très classique : il commence par la Préhistoire et les chasseurs cueilleurs du Paléolithique et du Mésolithique, les premiers agriculteurs et l’âge des métaux (D. Cliquet). Suivent des chapitres sur « l’Antiquité » (L. Jeanne et L. Paez-Resende) ; « Le Moyen Âge » (J. Deshayes et D. Nicolas-Méry) ; « Les Temps modernes » (A. Douchin) ; « Entre révolutions et monarchies » pour les années 1787-1870 (J.-B. Auzel) ; « Le tournant du siècle (1871-1918) ; « Des années folles aux années noires » (S. Robiné) et « De l’après-guerre au xxie siècle » (E. Lechevallier). Le choix retenu est celui d’une écriture narrative incluant quelques focus sur des lieux, des personnages ou des événements qui fait la part belle aux événements politiques, sans pour autant négliger les faits d’histoire sociale, religieuse, ou culturelle. L’intérêt de ces chapitres, rédigés dans une langue claire, provient surtout de la richesse de l’illustration, dans laquelle on relève un grand nombre de documents rares que l’on pourra facilement retrouver à travers la table des illustrations. On peut cependant s’étonner du choix fait par les responsables du volume, surtout de la part d’un service d’archives, d’avoir privilégié l’aspect visuel des documents et regretter que peu de textes, manuscrits ou imprimés aient été transcrits. On y relève cependant plusieurs documents poignants comme cette lettre adressée par un jeune FTP à ses parents peu avant son exécution, en mai 1944 à Saint-Lô. Il s’agit là d’un choix inverse à celui des coordonnateurs du volume sur l’histoire de l’Orne, volume dans lequel on trouve de nombreux extraits de sources publiées.
3 À l’intérieur de chaque chapitre, on relève des dossiers constituant des sortes de zooms sur « Les petites écoles sous l’Ancien Régime » ; « L’école publique pendant la grande guerre » ; « Les Juifs manchois sous l’occupation » ; « Les églises de la Reconstruction » ou encore sur « l’évolution de l’archéologie : des Antiquaires à l’archéologie contemporaine ». Tout choix étant par essence subjectif, il ne saurait être question de reprocher aux auteurs ceux qui ont été les leurs, mais certains lecteurs regretteront peut-être l’absence de chapitres sur des questions qui traversent largement aujourd’hui la recherche historique comme celle portant sur l’histoire des femmes, peu présentes dans l’ouvrage sauf à travers quelques portraits de résistantes, sur celle des migrations, des mouvements sociaux (notamment agricoles), des effets de la politique et de l’économie coloniales (originaire de Réville, François Leclerc, célèbre corsaire plus connu sous le nom de « Jambe de Bois » fut le premier européen à s’installer durablement au xvie siècle à Sainte-Lucie, dans les Caraïbes) ou de l’impact de la guerre d’Algérie sur le département. Surtout, on peut trouver dommage que l’ouvrage ne contienne pas de bibliographie actualisée permettant de renvoyer ceux qui le souhaitent vers d’autres lectures plus approfondies. Enfin, un dossier un peu étoffé sur l’histoire des Archives départementales de la Manche et sur les sociétés savantes de département, toujours très actives, aurait pu permettre de mieux faire comprendre aux lecteurs les enjeux de l’histoire locale et régionale et surtout comment les différentes formes d’écritures de l’histoire sont d’abord des tentatives de réponses apportées par des historiens, amateurs ou professionnels, aux interrogations d’une société.
4 Christophe Maneuvrier