Paul d’Estournelles de Constant
Pages 158 à 159
Citer cet article
- BRUNEAU, Jean-Baptiste,
- Bruneau, Jean-Baptiste.
- Bruneau, J.-B.
https://doi.org/10.4000/abpo.3172
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- Bruneau, J.-B.
- Bruneau, Jean-Baptiste.
- BRUNEAU, Jean-Baptiste,
https://doi.org/10.4000/abpo.3172
La haute figure de Paul d’Estournelles de Constant (1852-1924) témoigne de la très grande qualité intellectuelle autant qu’humaine du personnel politique de la IIIe République. Entré dans la carrière diplomatique en 1876, il s’illustre en Tunisie où, jeune diplomate, il est un des acteurs de l’élaboration du protectorat et du règlement des capitulations, puis à Londres. Conseiller d’ambassade auprès de l’ambassadeur William Waddington, il participe à l’instauration du protectorat à Madagascar et au règlement de la crise du Siam. Malgré ces débuts prometteurs, il quitte la carrière pour l’arène politique sans pour autant renoncer à son intérêt pour les affaires étrangères. Député de la Sarthe de 1895 à 1904, il est élu au Sénat de 1904 jusqu’à sa mort en 1924 où il siège à la Commission des Affaires étrangères.
C’est au sein de cette prestigieuse commission qu’il se montre un partisan infatigable de la paix dans une démarche qui, si elle n’est pas dénuée d’idéalisme, s’inscrit avant tout dans une démarche pragmatique. Observateur lucide de l’émergence de nouvelles puissances mondiales à l’orée du xxe siècle, il est animé par la volonté de préserver la paix dans un monde dont les hiérarchies que l’on pensait éternelles sont en train d’être remises en cause. À l’impossible retour en arrière comme à la crispation sur une suprématie fragile, d’Estournelles s’efforce de penser un monde nouveau. Conscient des fragilités du monde occidental, malgré l’imposant édifice impérial construit dans la seconde moitié d…