Les exclus
Le phénomène de la mendicité dans l'Union soviétique d'après-guerre
Pages 357 à 388
Citer cet article
- ZUBKOVA, Elena,
- ZAKHAROVA, Larissa
- et DUFAUD, Grégory,
- Zubkova, Elena.,
- et al.
- Zubkova, E.,
- Zakharova, L.
- et Dufaud, G.
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- Zubkova, E.,
- Zakharova, L.
- et Dufaud, G.
- Zubkova, Elena.,
- et al.
- ZUBKOVA, Elena,
- ZAKHAROVA, Larissa
- et DUFAUD, Grégory,
Notes
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[*]
L’article a été préparé dans le cadre du projet « L’ordre social et les groupes asociaux en URSS. Stratégies d’intégration et pratiques d’exclusion pendant les années 1940- 1960 », Exzellenzcluster « Kulturelle Grundlagen von Integration », université de Constance, 2012.
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[1]
- Ce genre de projets d’ingénierie sociale ne constitue pas la particularité exclusive du régime soviétique. Il existe des études comparatives consacrées notamment aux pratiques d’inclusion/exclusion utilisées par les régimes stalinien en URSS et nazi en Allemagne. Voir Sheila FITZPATRICK et Alf LÜDTKE, « Energizing the Everyday : On the Breaking and Making of Social Bonds in Nazism and Stalinism », in M. GEYER et S. FITZPATRICK (dir.), Beyond Totalitarianism : Stalinism and Nazism Compared, New York, Cambridge University Press, 2009, p. 267-301 ; Christopher R. BROWNING et Lewis H. SIEGELBAUM, « Frameworks for Social Engineering : Stalinist Schema of the Identification and the Nazi Volksgemeinschaft », Ibid., p. 231-265 ; Peter FRITZSCHE et Jochen HELLBECK, « The New Man in Stalinist Russia and Nazi Germany », Ibid., p. 302-344.
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[2]
- « Kto byl nikem – tot stanet vsem » est un passage de l’Internationale, hymne officiel de l’Union soviétique jusqu’en 1944.
-
[3]
- Un des axes du projet de l’université de Trêves « Étrangers et pauvres. Le changement de formes de l’inclusion et de l’exclusion de l’Antiquité à nos jours » était consacré au problème de la mendicité (niš?enstvo) : Beate ALTHAMMER (dir.), Bettler in der europäischen Stadt der Moderne : Zwischen Barmherzigkeit, Repression und Sozialreform, Francfort-sur-le-Main, Peter Lang, 2007. Deux articles sur la mendicité en Russie sont publiés dans ce volume : Hubertus JAHN, « Das St. Petersburger Bettlerkomitee, 1837-1917 », p. 91-112, et Marija KUDRJAVCEVA, « Bettler in St. Petersburg am Ende des 20. Jahrhunderts. Einige Porträts », p. 301-324.
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[4]
- Dans les documents législatifs des années 1920, c’est le terme niš?enstvo qui était utilisé. Le 26 août 1929, une ordonnance du Comité central exécutif de toute la Russie et du Conseil des commissaires du peuple de la RSFSR est édictée « Sur les mesures pour liquider la misère (niš?enstvo) et l’orphelinat parmi les adultes ». En 1951, l’oukase du présidium du Conseil suprême d’URSS « Sur les mesures de lutte contre les éléments antisociaux et parasites » vise des personnes qui pratiquaient la mendicité (poprošajni?estvo).
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[5]
- Les commentaires à l’article 209 du Code pénal de la RSFSR de 1960 donnent, pour la première fois, une définition normative de la mendicité (poprošajni?estvo), selon laquelle elle est classée parmi les actions criminelles : « La mendicité est l’acte de quémander de l’argent, des vêtements, de la nourriture, etc., aux citoyens ou aux organisations (étatiques, sociales ou, par exemple, aux communautés religieuses), par des personnes qui évitent le travail socialement utile et pour qui la mendicité est un moyen d’existence unique ou supplémentaire, ou bien par des personnes qui ont des ressources issues du travail (qui perçoivent des pensions de retraite, qui sont à la charge des enfants, des parents ou de l’État, etc.), mais qui mendient à cause de leur penchant pour l’alcool ou pour faire des économies, etc. » La loi prévoit, en cas d’exercice systématique de la mendicité, la réclusion pour un délai qui peut atteindre deux ans ou des travaux correctionnels pour une période de six mois à un an. Voir Nikolaj BELJAEV et Mihail ŠARGORODSKIJ (dir.), Kommentarij k Ugolovnomu kodeksu RSFSR 1960 g., Leningrad, Izd-vo Leningradskogo universiteta, 1962, p. 356.
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[6]
- Beate ALTHAMMER, « Einleitung », in B. ALTHAMMER (dir.), Bettler in der europäischen Stadt..., op. cit., p. 3-22, citation p. 9.
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[7]
- I. DAMASKIN, « Spekuljacija na ?utkosti », Literaturnaja gazeta, 23 sept. 1954, p. 2.
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[8]
- Pour un aperçu de l’historiographie du problème de la mendicité en Russie prérévolutionnaire, voir H. JAHN, Armes Russland..., op. cit., p. 13-19 ; Elena Ju. ZUBKOVA, « S protjanutoj rukoj. Niš?ie i niš?enstvo v poslevoennom SSSR », Cahiers du monde russe, 49-2/3, 2008, p. 441-474, ici p. 442-445.
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[9]
Voir, par exemple, Marina L. BUTOVSKAJA, Ivan Ju. D’JAKONOV et Marina A. VAN?ATOVA, Breduš?ie sredi nas. Niš?ie v Rossii i stranah Evropy, istorija i sovremennost’, Moscou, Nau?nyj mir, 2007 ; Olga A. LIHODEJ, Professional’noe niš?enstvo i brodjažni?estvo kak social’nyj fenomen, Saint-Pétersbourg, Sankt-Peterburgskij univertsitet vodnyh kommunikacij, 2004 ; Jeanine BRAITHWAITE, « The Old and New Poor in Russia », in J. KLUGMAN (dir.), Poverty in Russia : Public Policy and Private Responses, Washington, The World Bank, 1997, p. 29-64 ; H. JAHN, Armes Russland..., op. cit.
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[10]
- H. JAHN, Armes Russland..., op. cit., p. 19 et 140.
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[11]
- Beate FIESELER, « Arme Sieger : Die Invaliden des Großen Vaterländischen Krieges », Osteuropa, 55-4/6, 2005, p. 207-218 ; Id., « The Bitter Legacy of the ‘Great Patriotic War’ : Red Army Disabled Soldiers under Late Stalinism », in J. FÜRST (dir.), Late Stalinist Russia : Society between Reconstruction and Reinvention, New York/Abingdon, Routledge, 2006, p. 46-61 ; Id., « ‘La protection sociale totale’. Les hospices pour grands mutilés de guerre dans l’Union soviétique des années 1940 », Cahiers du monde russe, 49- 2/3, 2008, p. 419-440 ; Mark EDELE, Soviet Veterans of World War II : A Popular Movement in an Authoritarian Society, 1941-1991, Oxford, Oxford University Press, 2009 ; Robert DALE, « Rats and Resentment : The Demobilization of the Red Army in Post-War Leningrad, 1945-1950 », Journal of Contemporary History, 45-1, 2010, p. 113-133.
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[12]
- L’analyse la plus détaillée du système de protection sociale et des stratégies d’adaptation des invalides de guerre est présentée dans l’ouvrage issu de la thèse d’habilitation de Beate FIESELER, Arme Sieger : Die Invaliden des « Großen Vaterländischen Krieges » der Sowjetunion 1941-1991, Cologne, Böhlau Verlag, à paraître en 2013. Je remercie B. Fieseler de m’avoir donné la possibilité de prendre connaissance, avant sa publication, de sa thèse d’habilitation intitulée « Die Invaliden des ‘Großen Vaterländischen Kriegesr’ der Sowjetunion. Eine politische Sozialgeschichte, 1941-1991 », soutenue à l’université de Bochum en 2004.
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[13]
- M. EDELE, Soviet Veterans..., op. cit., p. 93-94 ; Id., Stalinist Society : 1928-1953, Oxford, Oxford University Press, 2011.
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[14]
Maria P. ZEZINA, « Social’naja zaš?ita detej-sirot v poslevoennye gody », Voprosy istorii, 1, 1999, p. 127-136 ; Id., « Bez sem’i : siroty poslevoennoj pory », Rodina, 9, 2001, p. 82-87 ; Katrin BOECKH, Stalinismus in der Ukraine : Die Rekonstruktion des sowjetischen Systems nach dem Zweiten Weltkrieg, Wiesbaden, Harrassowitz, 2007, p. 451-474 ; Juliane FÜRST, « Between Salvation and Liquidation : Homeless and Vagrant Children and the Reconstruction of Soviet Society », The Slavonic and East European Review, 86-2, 2008, p. 232-258 ; Id., Stalin’s Last Generation : Soviet Post-War Youth and the Emergence of Mature Socialism, Oxford, Oxford University Press, 2010 ; Rachel F. GREEN, « ‘There Will Not Be Orphans Among Us’ : Soviet Orphanages, Foster Care, and Adoption, 1941-1956 », thèse, University of Chicago, 2006 ; Ruth KIBELKA, Wolfskinder : Grenzgänger an der Memel, Berlin, BasisDruck, 1996 ; Olga KUCHERENKO, « Without a Family : Public Order, Social Welfare, and Street Children in the Wartime Soviet Union », Australian Journal of Politics and History, 58-3, 2012, p. 421-436.
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[15]
- J. FÜRST, Stalin’s Last Generation..., op. cit., p. 37.
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[16]
- Les pratiques de la mendicité infantile sont décrites par exemple dans R. KIBELKA, Wolfskinder..., op. cit., p. 39-45. Sur la mendicité des enfants à Leningrad pendant le blocus, voir Sergej V. JAROV, Blokadnaja etika. Predstavlenija o morali v Leningrade v 1941- 1942 gg., Saint-Pétersbourg, Nestor-istorija, 2011, p. 218-221.
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[17]
Veniamin F. ZIMA, Golod v SSSR 1946-1947 godov : proishoždenie i posledstvija, Moscou, Institut rossijskoj istorii, Rossijskaja akademija nauk, 1996, p. 205-235.
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[18]
- Donald A. FILTZER, Soviet Workers and Late Stalinism : Labour and the Restoration of the Stalinist System after World War II, Cambridge, Cambridge University Press, 2002 ; Id., The Hazards of Urban Life in Late Stalinist Russia : Health, Hygiene, and Living Standards, 1943-1953, Cambridge, Cambridge University Press, 2009.
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[19]
- Vasilij P. POPOV, « Pasportnaja sistema v SSSR. 1932-1976 », Sociologi?eskie issledovanija, 8, 1995, p. 3-14, et 9, 1995, p. 3-13 ; Nathalie MOINE, « Système des passeports, marginaux et marginalisation en URSS, 1932-1953 », Communisme, 70-71, 2003, p. 87-108 ; Id., « Vnutrisojuznye granicy graždanstvennosti : territorial’noe vyraženie diskriminacii v Sovetskom Sojuze ?erez pasportnuju sistemu », in T. S. KONDRAT’EVA et A. K. SOKOLOV (dir.), Režimnye ljudi v SSSR, Moscou, ROSSPÈN, 2009, p. 257-276 ; David R. SHEARER, « Elements Near and Alien : Passportization, Policing, and Identity in the Stalinist State, 1932-1952 », The Journal of Modern History, 76-4, 2004, p. 835-881.
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[20]
- Sheila FITZPATRICK, « Social Parasites : How Tramps, Idle Youth, and Busy Entrepreneurs Impeded the Soviet March to Communism », Cahiers du monde russe, 47-1/2, 2006, p. 377-408.
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[21]
- E. Ju. ZUBKOVA, « S protjanutoj rukoj... », art. cit. ; Elena Ju. ZUBKOVA et Tat’jana Ju. ŽUKOVA (dir.), Na « kraju » sovetskogo obš?estva. Social’nye marginaly kak ob’’ekt gosudarstvennoj politiki, 1945-1960-e gg., Moscou, ROSSPÈN, 2010.
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[22]
Parmi les mesures de protection sociale contre la pauvreté, citons avant tout la réforme des retraites de 1956, ainsi que l’augmentation du salaire minimal et l’introduction de réductions pour les familles dites « à ressources modestes » (exonération fiscale, cantine gratuite dans les écoles, inscription prioritaire dans les crèches, les garderies et les jardins d’enfants, etc.).
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[23]
- En 1960, un article prévoyant une responsabilité pénale en cas d’exercice de la mendicité est inclus dans les Codes pénaux républicains. Le 4 mai 1961, en RSFSR, paraît une loi contre les soi-disant « parasites » parmi lesquels sont classés les mendiants. Des lois semblables sont édictées de 1957 à 1961 dans les autres républiques d’URSS.
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[24]
- La recherche la plus détaillée concernant la mendicité des années 1920 est l’œuvre d’un juriste, criminologue, Alexei Gercenzon. Le recensement de 1926 sert de base documentaire à cette recherche : Alexej A. GERCENZON, « Niš?enstvo i bor’ba s nim v uslovijah perehodnogo perioda », in E. K. KRASNUŠKIN (dir.), Niš?enstvo i besprizornost’, Moscou, Izd-vo Moszdravotdela, 1929, p. 6-56. Sur la mendicité en URSS dans les années 1920, voir aussi Gennadij A. BORDJUGOV, « Social’nyj parazitizm ili social’nye anomalii ? Iz istorii bor’by s alkogolizmom, niš?enstvom, prostituciej, brodjažni?estvom v 20-30-e gody », Istorija SSSR, 1, 1989, p. 60-73 ; Ol’ga A. LIHODEJ, Professional’noe niš?enstvo i brodjažni?estvo kak social’nyj fenomen rossijskogo obš?estva, Saint-Pétersbourg, Sankt-Peterburgskij univertsitet vodnyh kommunikacij, 2004, p. 83-100.
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[25]
- Sur la mendicité des enfants dans le contexte de la lutte contre les enfants vagabonds, voir Allan M. BALL, And Now My Soul Is Hardened : Abandoned Children in Soviet Russia, 1918-1930, Berkeley, University of California Press, 1994, p. 44-60 ; Aleksandr Ju. ROŽKOV, « Bor’ba s besprizornost’ju v pervoe sovetskoe desjatiletie », Voprosy istorii, 1, 2000, p. 134-139 ; Natalija V. RJABININA, Detskaja besprizornost’ i prestupnost’ v 1920-e gg., Iaroslavl, Jaroslavskij gosudarstvennyj universitet, 1999.
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[26]
- G. A. BORDJUGOV, « Social’nyj parazitizm... », art. cit., p. 64.
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[27]
- Sur l’histoire et la signification du terme « parasitisme social » et sur les pratiques soviétiques de lutte contre ce phénomène, voir S. FITZPATRICK, « Social Parasites... », art. cit.
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[28]
- G. A. BORDJUGOV, « Social’nyj parazitizm... », art. cit., p. 64-65.
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[29]
- Ibid., p. 65.
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[30]
- Sobranie uzakonenij RSFSR, 6, 1929, art. 659.
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[31]
- Pour plus de détails, voir G. A. BORDJUGOV, « Social’nyj parazitizm... », art. cit., p. 66-67.
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[32]
- Sur les pratiques discriminatoires à l’égard des « ci-devant », voir Tat’jana M. SMIRNOVA, « Byvšie ljudi » Sovetskoj Rossii. Strategii vyživanija i puti integracii. 1917- 1936 gody, Moscou, « Mir istorii », 2003.
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[33]
- Viktor V. KONDRAŠIN, Golod 1932-1933 godov : Tragedija rossijskoj derevni, Moscou, ROSSPÈN, 2008, p. 208-212.
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[34]
- Sur le système des passeports en URSS, voir N. MOINE, « Système des passeports... », art. cit. ; D. R. SHEARER, « Elements Near and Alien... », art. cit. ; V. P. POPOV, « Passportnaja... », art. cit.
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[35]
- V. P. POPOV, « Passportnaja... », art. cit, p. 4.
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[36]
- La sphère du « travail socialement utile » peut être définie à partir de l’analyse textuelle d’actes législatifs plus tardifs. Ainsi, dans le projet de loi sur la lutte contre « les personnes qui mènent un mode de vie parasite », les types d’activité considérés comme « socialement utiles » sont évoqués sous cette forme : « Les citoyens soviétiques [...] travaillent dans des usines, des fabriques, des mines, les transports, des chantiers, des kolkhozes, des sovkhozes, des stations de machines et de tracteurs, des bureaux, ou bien exercent un travail socialement utile dans leurs familles », Sovetskaja Rossija, 197, 21 août 1957.
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[37]
- Dans les années 1920, les représentants des anciens groupes privilégiés – nobles, anciens fonctionnaires, entrepreneurs, membres du clergé – ont été classés dans cette catégorie à côté des déviants sociaux ; en 1948, les kolkhoziens ont été accusés d’éviter le travail socialement utile (c’est-à-dire de ne pas travailler de façon productive dans les fermes collectives) ; à la fin des années 1950, les entrepreneurs, les artistes indépendants et la jeunesse dorée se sont retrouvés dans cette catégorie.
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[38]
- Iosif V. STALIN, « O proekte novoj konstitucii SSSR. Doklad na ?rezvy?ajnom 8 s’’ezde Sovetov, 25 novembre 1936 », So?inenija, vol. XIV, Moscou, Éditions « Pisatel’ », 1997, p. 126-127.
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[39]
- David R. SHEARER, « Social Disorder, Mass Repression, and the NKVD during the 1930s », Cahiers du monde russe, 42-2/3/4, 2001, p. 505-534, ici p. 523-524 ; Paul M. HAGENLOH, Stalin’s Police : Public Order and Mass Repression in the USSR, 1926-1941, Washington, Johns Hopkins University Press, 2009, p. 202-209.
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[40]
- Cependant, selon D. Shearer, la rhétorique officielle s’est considérablement modifiée en 1937, ainsi que les pratiques répressives à l’égard des groupes déviants, en comparaison avec 1935. Ces changements ont non seulement porté sur l’élargissement du contingent des éléments asociaux qui ont été définis comme cibles des répressions, mais aussi sur le fait que la campagne de répression de 1937-1938 s’est déroulée dans le monde rural, alors que le déplacement d’éléments asociaux de 1935 avait essentiellement touché les villes. D. R. SHEARER, « Social Disorder... », art. cit., p. 529-532.
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[41]
- Ibid.
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[42]
- Au total, selon l’ordre no 00447, 767 397 personnes ont été arrêtées, dont 127 967 criminels. L’année 1937 marque le point culminant des répressions contre le monde criminel : 111 993 personnes ayant commis des crimes présents dans le Code pénal ont été condamnées, dont 36 063 à être fusillées et 75 930 aux camps. Voir Marc JUNGE et Rolf BINNER, Kak terror stal « Bol’šim. Sekretnyj prikaz no 00447 i tehnologija ego ispolnenija », Moscou, AIRO-XX, 2003, p. 217 ; Rolf BINNER et al., « Vertikal’ bol’šogo terrora », Novaja gazeta, 5 août 2007.
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[43]
- Ce décalage s’explique par le fait que la police arrête les mendiants, tandis que les services sociaux doivent s’occuper de leur sort ultérieur (les placer dans les maisons des invalides, leur trouver du travail, leur accorder des pensions de retraite, les mettre à la charge de leurs proches). Aussi les services sociaux abaissent-ils le nombre de personnes nécessitant une aide sociale. Les données de la police peuvent donc être considérées comme plus fiables.
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[44]
- Archives d’État de la Fédération russe (Gosudarstvennyi Arkhiv Rossiskoi Federatsii, ci-après GARF), fonds 5446 (ci-après f.), inventaire 86a (ci-après op.), dossier 8052 (ci-après d.), feuilles 2-3 (ci-après l.), Gluhov à Malenkov sur la mendicité dans la ville de Iaroslavl, 22 août 1952.
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[45]
- Il s’agit de l’ordonnance du Conseil des ministres d’URSS du 19 juillet 1951, « Sur les mesures pour liquider la mendicité à Moscou et dans la région de Moscou et pour renforcer la lutte contre les éléments antisociaux et parasites », et de l’oukase du présidium du Conseil suprême d’URSS du 23 juillet 1951 « Sur les mesures de lutte contre les éléments antisociaux et parasites ». Le texte de l’oukase est publié dans E. Ju. ZUBKOVA et T. Ju. ŽUKOVA (dir.), Na « kraju » sovietskogo obš?estva..., op. cit., p. 61.
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[46]
- D’après V. Zima, l’oukase de 1951 avait une visée politique et concernait moins les mendiants et les vagabonds des villes que ceux qui « ne sont pas d’accord avec le régime » (V. F. ZIMA, Golod v SSSR..., op. cit., p. 217). En réalité, cette interprétation ne tient pas si on la confronte aux pratiques de mise en œuvre de l’oukase. En effet, dans les « filets » dressés par les policiers se retrouvent non seulement les mendiants et les vagabonds, mais aussi des gens « occasionnels » qui n’avaient pas, par exemple, de document attestant de l’enregistrement du lieu de résidence (propiska) ou qui n’exerçaient temporairement aucun travail. Cependant, de tels faits, assez répandus, sont une conséquence de l’arbitraire habituel des fonctionnaires ainsi que du caractère imparfait de la législation, dépourvue d’une définition claire de la mendicité et du vagabondage. Au cours des vérifications effectuées par la Procurature (Prokuratura), le fait d’interpréter et d’appliquer l’oukase et l’ordonnance de 1951 de façon trop large était considéré comme une infraction ouverte. L’objet des actes législatifs de 1951 (concernant les mendiants et les vagabonds) les distingue clairement des nouveaux oukases républicains apparus entre 1957 et 1961 et dirigés contre les « parasites ». Ces derniers décrets sont réellement utilisés pour lutter contre des états d’esprit contestataires.
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[47]
- Ces chiffres reflètent moins l’échelle réelle de la mendicité que la dynamique de la campagne de lutte contre la mendicité. Beaucoup de mendiants ont été arrêtés plusieurs fois par la milice, certains jusqu’à trente fois. Toutes ces arrestations sont comptabilisées dans les statistiques. De plus, la campagne ne reflète pas de façon adéquate la géographie de la mendicité, puisque celle-ci se pratiquait surtout dans les grandes villes (Moscou, Leningrad, les capitales des républiques fédérales).
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[48]
- GARF, f. 8131, op. 32, d. 3282, l. 166, note du Conseil des ministres de la RSFSR sur la mendicité dans la République, 30 août 1954.
-
[49]
- À titre de comparaison, dans l’empire russe en 1877, étaient enregistrées 293 445 personnes pratiquant la mendicité ; selon le recensement de 1926, elles étaient au nombre de 133 118 dans la RSFSR, 162 815 si l’on prend en compte l’Ukraine et la Biélorussie. Voir Avgust A. LEVENSTIM, « Professional’noe niš?enstvo. Ego pri?iny i formy (1900 g.) », in B. P. MILOVIDOV (dir.), Niš?enstvo. Retrospektiva problemy, Saint-Pétersbourg, Kriga, 2004, p. 18-92, particulièrement p. 19 ; A. A. GERCENZON « Niš?enstvo i bor’ba nim vuslovijah perehodnogo », in M. FIRSOV (dir.), Antologia Social’noj raboty, vol. 2, Moscou, Svarog, p. 68-89, ici p. 69.
-
[50]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 92, l. 1-6, ordre du ministère du Contrôle d’État d’URSS no 3519, « Sur l’organisation de la vérification de l’état de la lutte contre la mendicité et les éléments antisociaux parasites », 28 sept. 1954.
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[51]
- L’essentiel de l’ensemble documentaire produit à l’occasion de la vérification de 1954 se compose de rapports et de notes sur l’état de la mendicité dans différentes villes et régions d’URSS, ainsi que de documents préparatifs : notes sur les arrestations pour mendicité, questionnaires soumis aux mendiants, rapports sur des individus pratiquant la mendicité, notes sur l’état des « maisons pour invalides », sur l’attribution des pensions de retraite, sur l’embauche, etc. Outre les données synthétiques portant sur des villes, des régions et des républiques, les rapports contiennent des exemples concrets de cas de mendicité. Les informations sur des cas particuliers sont en règle générale brèves, mais complétées par des données de synthèse et des conclusions d’experts, permettant de cerner les motivations conduisant à la mendicité et les causes de sa diffusion, de dessiner des types sociaux de mendiants et leurs histoires.
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[52]
- Les mendiants « en tournée » sont des individus qui voyageaient de ville en ville pour mendier.
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[53]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1396, l. 2-6, note d’information sur les mesures de lutte contre la mendicité dans la région de Kalouga, oct. 1954.
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[54]
- L’enquête de 1954 montre que la mendicité était une activité bien profitable. Selon les aveux des mendiants, leur « gain » pouvait être de vingt à cent roubles par jour en fonction de la région, de la saison et du jour de la semaine. Le gain était meilleur dans les grandes villes, en été et les dimanches. À titre de comparaison, jusqu’en 1956, la pension minimum de retraite pour les citadins était de soixante-quatorze roubles par mois. Les mendiants étaient souvent arrêtés avec de grosses sommes d’argent, jusqu’à plusieurs milliers de roubles. L’enquête a montré que plusieurs personnes qui pratiquaient systématiquement la mendicité avaient une maison, un lopin de terre, du bétail, etc.
-
[55]
- Sur les problèmes et les difficultés de l’adaptation des anciens détenus à la vie « normale », de leur intégration sociale, voir Miriam DOBSON, Khrushchev’s Cold Summer : Gulag Returnees, Crime, and the Fate of Reform after Stalin, Ithaca, Cornell University Press, 2009 ; Marc ÉLIE, « Les politiques à l’égard des libérés du Goulag. Amnistiés et réhabilités dans la région de Novosibirsk, 1953-1960 », Cahiers du monde russe, 47-1/2, 2006, p. 327-347 ; Mirjam SPRAU, « Leben nach dem GULAG. Petitionen ehemaliger Häftlinge als Quelle », Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, 60-1, 2012, p. 93-110.
-
[56]
- Voir, par exemple, GARF, f. 8300, op. 2a, d. 93, l. 168-187, rapport sur les résultats de l’enquête sur l’état de la lutte contre la mendicité en RSFSR, 27 oct. 1954.
-
[57]
- GARF, f. 9415, op. 3, d. 255, l. 261, données statistiques du ministère de l’Intérieur d’URSS sur le nombre de personnes qui mendient au 1er août 1954.
-
[58]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 92, l. 144-145, rapport sur les résultats de la vérification de l’état de lutte contre la mendicité en république socialiste soviétique de Biélorussie, 27 oct. 1954.
-
[59]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 92, l. 261, données statistiques du ministère de l’Intérieur d’URSS sur le nombre de personnes qui mendient au 1er août 1954.
-
[60]
- Il faut noter que le « montant minimum de subsistance » (dit « minimum garanti ») était une catégorie très peu précise en Union soviétique, avant tout à cause de l’absence de données fiables sur les revenus et la consommation de la population. Ce n’est que dans les années 1960 que les experts ont calculé un minimum de subsistance, mais sans publier ces informations. Le minimum de subsistance est officiellement fixé, pour la première fois, en 1992. Dans les années 1960, les experts soviétiques ont évalué le « minimum d’aisance matérielle » : revenu au-dessous duquel la population n’était pas capable de se reproduire normalement. Selon les données de Natalia Rimachevskaïa, en 1965, il était égal à quarante roubles par mois, et en 1975 à cinquante roubles. Selon la valeur monétaire du rouble d’avant la réforme de 1961 qui l’a divisé par dix, ce montant s’élevait respectivement à 400 et à 500 roubles. Pour plus de détails sur l’évaluation de la pauvreté et du minimum de subsistance en URSS, voir Alastair MCAULEY, Economic Welfare in the Soviet Union : Poverty, Living Standards, and Inequality, Madison, University of Wisconsin Press, 1979 ; Pavel STILLER, Sozialpolitik in der UdSSR 1950- 1980 : Eine Analyse der quantitativen und qualitativen Zusammenhänge, Baden-Baden, Nomos, 1983 ; Marina MOŽINA et al. (dir.), Bednost’ : al’ternativnye podhody k opredeleniju i izmereniju, Moscou, Fondation Carnegie pour la paix internationale, 1998 ; J. BRAITHWAITE, « The Old and New Poor... », art. cit. ; Nataliya RIMASHEVSKAYA, « Poverty Trends in Russia : a Russian Perspective », in J. KLUGMAN (dir.), Poverty in Russia..., op. cit., p. 119- 132 ; Natalia RIMAŠEVSKAJA, « Bednost’ i marginalizacija naselenija », SOCIS, 4, 2004, p. 33-43.
-
[61]
Selon le recensement de 1959, les paysans kolkhoziens pesaient pour un tiers (31,4 %) de la population d’URSS (Narodnoe hozjajstvo SSSR v 1982 godu. Statisti?eskij ežegodnik, Moscou, Financy i statistika, 1983, p. 7). Jusqu’en 1964, les caisses d’entraide des kolkhoziens (auparavant les caisses de l’entraide sociale, créées en 1921) ont été le seul type d’aide sociale pour cette catégorie de la population. Leur création s’appuyait sur la tradition d’entraide des communautés paysannes de la Russie prérévolutionnaire. Cependant, en raison des revenus très faibles des kolkhoziens, ces caisses ont existé de façon purement formelle dans la plupart des kolkhozes. Les pensions étatiques de retraite pour les kolkhoziens n’ont été introduites qu’en 1964. Pour plus de détails, voir Tat’jana M. DIMONI, « Social’noe obespe?enie kolhoznikov Evropejskogo Severa Rossii vo vtoroj polovine XX veka », in Severnaja derevnja v XX veke : aktual’nye problemy istorii, 3e éd., Vologda, Legija, 2002, p. 115-134.
-
[62]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 92, l. 186-187, rapport sur les résultats de la vérification de l’état de la lutte contre la mendicité dans la RSFSR, 27 oct. 1954.
-
[63]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1401, l. 41, rapport sur les résultats de la vérification de l’état de la lutte contre la mendicité à Rostov-sur-le-Don, 15 oct. 1954.
-
[64]
- Sur l’état des « maisons pour invalides de guerre », voir B. FIESELER, « ‘La protection sociale totale’... », art. cit.
-
[65]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 93, l. 142, rapport sur les résultats de l’enquête de l’état de la lutte contre la mendicité à Leningrad, 1er nov. 1954.
-
[66]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 93, l. 158, rapport sur les résultats de l’enquête de l’état de la lutte contre la mendicité à Moscou, 27 oct. 1954.
-
[67]
- Les invalides de naissance n’ont obtenu le droit à une pension qu’en 1967.
-
[68]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1399, l. 46-47, note d’information sur ceux qui pratiquent la mendicité et qui habitent l’arrondissement Moskvoretski de Moscou, oct. 1954.
-
[69]
- Sur la situation des enfants orphelins en URSS dans l’après-guerre, voir M. P. ZEZINA, « Social’naja zaš?ita... », art. cit. ; Id., « Bez sem’i : siroty poslevoennoj pory », Rodina, 9, 2001, p. 82-87 ; K. BOECKH, Stalinismus in der Ukraine..., op. cit., p. 451-474 ; J. FÜRST, « Between Salvation... », art. cit. ; R. GREEN, « ‘There Will Not Be Orphans Among Us’... », op. cit. ; R. KIBELKA, Wolfskinder..., op. cit.
-
[70]
- GARF, f. 8300, op. 2a, d. 98, l. 132, note de rapport sur les résultats de l’enquête sur l’état de la lutte contre la pauvreté à Rostov-sur-le-Don, 26 oct. 1954.
-
[71]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1397, l. 46, extrait d’un interrogatoire de personnes arrêtées pour mendicité par le secteur Chemins de fer d’Octobre de la milice de Leningrad, 22 oct. 1954.
-
[72]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1397, l. 178 et 180, note sur les résultats de l’enquête sur l’état de la lutte contre la mendicité en RSFSR, 27 oct. 1954.
-
[73]
- GARF, f. 8300, op. 2, d. 1397, l. 49-50, extrait d’un interrogatoire de personnes arrêtées pour mendicité par le secteur Chemins de fer d’Octobre de la milice de Leningrad, 22 oct. 1954.
-
[74]
- Données statistiques du ministère de l’Intérieur d’URSS portant sur le nombre de personnes se livrant à la mendicité au 1er août 1954, E. Ju. ZUBKOVA et T. Ju. ŽUKOVA (dir.), Na « kraju » sovetskogo obš?estva..., op. cit., p. 261.
-
[75]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 53, l. 208-209, Nikolaïtchouk à Khrouchtchev, Vorochilov et Joukov, 8 juin 1956.
-
[76]
- I. DAMASKIN, « Spekuljacija na ?utkosti », art. cit.
-
[77]
- Ibid.
-
[78]
- Ibid.
-
[79]
- Sur la politique à l’égard des invalides de guerre après 1945 : B. FIESELER, « Arme Sieger... », art. cit. ; E. Ju. ZUBKOVA et T. Ju. ŽUKOVA (dir.), Na « kraju » sovetskogo obš?estva..., op. cit., p. 363-405.
-
[80]
- I. DAMASKIN, « Spekuljacija na ?utkosti », art. cit.
-
[81]
- « C’est une nécessité pour des milliers de gens dans les pays capitalistes, où règnent le chômage, la faim, les privations qui poussent dans les rues, où personne ne les aidera, ‘qu’ils meurent d’épuisement’ », Ibid.
-
[82]
- « Dans notre pays, où le chômage et l’exploitation n’existent pas, il n’y a pas de justification à la mendicité (niš?enstvo) », Ibid.
-
[83]
- « C’est le résidu du passé le plus nuisible, qui permet à des oisifs, des ivrognes et des aventuriers de couler une existence paisible », Ibid.
-
[84]
- Ibid.
-
[85]
- GARF, f. 8131, op. 32, d. 3282, l. 166, note du Conseil des ministres de RSFSR concernant l’état de la mendicité dans la République, 30 août 1954.
-
[86]
- Ibid., l. 166-175.
-
[87]
- Dans le premier numéro (1956), les objectifs de la revue nouvelle version étaient formulés de la manière suivante : « La revue Sotsial’noe obespe?enie est appelée à éclairer des questions générales concernant les pensions, l’expertise de la médecine du travail, la formation professionnelle, l’insertion par le travail et dans le quotidien des invalides ».
-
[88]
- Jakov ZARAHOVI?, Orlenok, Riga, Latgosizdat, 1954 ; Stepan KUZMENKO, Snova v stroju, Tchkalov, Jblatnoe izd-vo, 1954, et 2nde éd., Moscou, Pravda, 1955 ; Viktor NEKRASOV, V rodnom gorode, Moscou, Molodaja gvardija, 1956.
-
[89]
- N. KUZ’MIN, « Na blago ?eloveka », Social’noe obespe?enie, 2, 1956, p. 5-7, ici p. 7.
-
[90]
- L. KARABIŠ?ER, « Zolotye ruki », Social’noe obespe?enie, 5-6, 1956, p. 51-52.
-
[91]
- N. SOKOLOVSKAJA, « Nastojaš?ij ?elovek », Social’noe obespe?enie, 11, 1956, p. 41-43.
-
[92]
- V. VASIL’EV, « Kniga o mužestvennyh ljudjah », Literaturnaja gazeta, 12 avril 1955, p. 2.
-
[93]
- A. NOVIKOV, « Vozvraš?enie k žizni », Social’noe obespe?enie, 3, 1956, p. 58-60. C’est l’auteur qui souligne.
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[94]
- Ibid., p. 60. C’est l’auteur qui souligne.
-
[95]
- Sur la réforme des pensions de 1956, voir Bernice Q. MADISON, Social Welfare in the Soviet Union, Stanford, Stanford University Press, 1968 ; Grigorij P. DEGTJAREV, Pensionnye reformy v Rossii, Moscou, Izd-vo « Akademija », 2003 ; Galina M. IVANOVA, Na poroge « gosudarstva vseobš?ego blagosostojanija ». Social’naja politika v SSSR (seredina 1950-h-na?alo 1970-h godov), Moscou, Institut rossijskoj istorii RAN, 2011.
-
[96]
- C’est le titre, par exemple, de l’éditorial de la rédaction du journal Trud du 9 mai 1956.
-
[97]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 201, l. 26, Chibanov à la Pravda, 11 oct. 1956.
-
[98]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 55, l. 151-152, Iarych à Khrouchtchev, 1956.
-
[99]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 201, l. 26, Chibanov à la Pravda, 11 oct. 1956. L’auteur de la lettre se souvient de la campagne répressive organisée à partir de l’ordre du NKVD no 00192 du 9 mai 1935.
-
[100]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 55, l. 151, Iarych à Khrouchtchev, 1956.
-
[101]
- Ibid.
-
[102]
- GARF, f. 7523, op. 45, d. 53, l. 208, Nikolaïtchouk à Khrouchtchev, Vorochilov et Joukov, 8 juin 1956.
-
[103]
- Ibid.
-
[104]
- Ibid.
-
[105]
- Ibid.
-
[106]
- Ibid., l. 209.
-
[107]
- Pour plus de détails sur l’élaboration des lois contre les « parasites », voir S. FITZPATRICK, « Social Parasites... », art. cit. ; E. Ju. ZUBKOVA, « S protjanutoj rukoj... », art. cit.
-
[108]
- L’introduction dans le nouveau Code pénal, en 1960, d’un article sur la mendicité a son histoire. Jusqu’alors, la mendicité n’était pas considérée comme un acte relevant du droit pénal et était poursuivie par des mesures administratives, par exemple la violation du régime des passeports. Dans les années 1930, les mendiants font l’objet de répressions extrajudiciaires. En 1951, un décret contre la mendicité et le vagabondage est adopté, qui prévoit une procédure extrajudiciaire pour prononcer la condamnation, par le biais de la Chambre spéciale du ministère de la Sécurité d’État d’URSS. Au milieu des années 1950, dans le cadre du processus politique de « rétablissement de la légalité », la base législative est révisée. Les normes de la responsabilité pour la mendicité ont initialement été discutées dans le cadre du projet de loi sur « les personnes qui mènent un mode de vie antisocial » (1955-1957). La procédure de jugement de ces personnes est transmise au « tribunal social » (sud obš?estvennosti), autrement dit elle est de nouveau exclue de la juridiction des tribunaux « normaux ». Les juristes se sont opposés à cette manière de traiter la mendicité et le vagabondage, car elle contredisait la ligne du rétablissement de la légalité. Leur argument principal se référait à l’incompétence du « tribunal social », car en réalité les nouvelles modalités auraient signifié l’ancrage de l’ancienne procédure extrajudiciaire. Résultat, ces types d’infraction sont d’abord rapportés à la juridiction des tribunaux ordinaires, mais, ensuite, une norme spécifique apparaît dans la législation pénale. Conformément à l’article 209 du Code pénal de la RSFSR, le vagabondage et la mendicité, s’ils portent un caractère systématique, sont punis de réclusion pour un délai maximum de deux ans ou par des travaux correctionnels pour un délai de six mois à un an. La notion de mendicité « systématique » ne couvre de fait que la mendicité professionnelle. Pour plus de détails sur l’évolution de la norme juridique à propos de la mendicité, voir E. Ju. ZUBKOVA, « S protjanutoj rukoj... », art. cit., p. 454-469.
-
[109]
- Sur la mendicité comme type spécifique d’occupation : Hartley DEAN et Margaret MELROSE, « Easy Pickings or Hard Profession ? », in H. DEAN (dir.), Begging Questions : Street Level Economic Activity and Social Policy Failure, Bristol, Policy Press, 1999, p. 83- 100, ici p. 84 ; Marina L. BUTOVSKAJA, Ivan Ju. D’JAKONOV et Marina A. VAN?ATOVA, Breduš?ie sredi nas. Niš?ie v Rossii i stranah Evropy : istorija i sovremennost’, Moscou, Nau?nyj mir, 2007, p. 11 ; Farhad N. IL’JASOV et Olga A. PLOTNIKOVA, « Niš?ie v Moskve letom 1993 goda », Sociologi?eskij žurnal, 1, 1994, p. 150-156, ici p. 150.
Dans quelle mesure l’État soviétique a-t-il été capable de contrôler les phénomènes d’exclusion sociale (et de les empêcher) et à quel point la société réintégrait-elle les exclus ? Examiner le phénomène de la mendicité en URSS des années 1940 aux années 1960 contribue à répondre à ces questions. Le phénomène de la mendicité est envisagé comme une réaction à la pauvreté : la mendicité était une stratégie de survie des groupes sociaux exclus de la société à cause de leur faible niveau de vie. Dans un premier temps, une brève rétrospective historique de la lutte contre la mendicité en URSS de la révolution d’Octobre 1917 jusqu’au milieu des années 1950 montre les continuités et les ruptures dans les politiques d’État concernant ce phénomène. Ensuite, la mendicité – importante dans le quotidien en Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale – est analysée à travers la reconstruction des « histoires de vie » de certains mendiants. La dernière partie de l’article est consacrée au discours public sur la mendicité dans les années 1950 jusqu’au début des années 1960, discours qui reflète les opinions des dirigeants et de la société.
Outcasts : Begging in the Postwar Soviet Union
Outcasts : Begging in the Postwar Soviet Union
To what extent was the Soviet state able to control (and oppose) the process of social exclusion and to what extent was Soviet society ready to integrate social outcasts ? This article attempts to answer these questions by analyzing the phenomenon of begging in the Soviet Union between the 1940s and the 1960s. The article begins by studying the phenomenon of begging as a reaction to poverty, serving as a survival strategy for the lower social classes who were excluded from society due poor standards of living. A brief historical overview of the campaign to combat begging in the the USSR from the Revolution of 1917 until the mid-1950s shows both the continuity and shifting perspectives of state reaction to this social problem. This article also analyzes begging, which was an important social phenomenon in the USSR after World War II, through the specific biographies of actual beggars. The article concludes with an examination of the public discourse on poverty in the 1950s and early 1960s, which reveals how both society and the state viewed the issue.
Date de mise en ligne : 20/05/2013