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Article de revue

Une expérience : deux lectures

À propos du texte de Sara Ahmed, les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés)

Pages 119 à 122

Citer cet article


  • Tanné, H.
(2024). Une expérience : deux lectures À propos du texte de Sara Ahmed, les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés) Agencements, 11(2), 119-122. https://doi.org/10.3917/agen.011.0119.

  • Tanné, Hélène.
« Une expérience : deux lectures : À propos du texte de Sara Ahmed, les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés) ». Agencements, 2024/2 n° 11, 2024. p.119-122. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-agencements-2024-2-page-119?lang=fr.

  • TANNÉ, Hélène,
2024. Une expérience : deux lectures À propos du texte de Sara Ahmed, les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés) Agencements, 2024/2 n° 11, p.119-122. DOI : 10.3917/agen.011.0119. URL : https://shs.cairn.info/revue-agencements-2024-2-page-119?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/agen.011.0119


Notes

  • [1]
    La traduction française de ce texte par O. Bonis est parue en 2012 dans les Cahiers du Genre, n° 53 (2). Ce qui n’est pas une recension. Cette lecture éprouvée est l’occasion de signaler la riche actualité éditoriale de Sarah Ahmed en France avec les traductions de : Manuel rabat-joie féministe, La Découverte, 2024 ; Vivre une vie féministe, Hors d’Atteinte, 2024 ; Vandalisme queer, Burn~Août, 2024 ; Obstinées, Hystériques & AssociéEs, 2024 (à paraitre en novembre).
  • [2]
    Ahmed, S., & Bonis, O. (2012). Les rabat-joie féministes (et autres sujets obstinés) : Cahiers Du Genre, n° 53(2), p. 78.
  • [3]
    Ibid. p. 78.
  • [4]
    Je pense, par exemple, au colloque « Gay and lesbian studies », organisé par Didier Eribon en juin 1997 à l’occasion de l’Europride, auquel j’ai l’opportunité d’assister, qui donne la parole, outre Pierre Bourdieu, à des universitaires états-unien·nes comme Eve Kosofsky Sedgwick, Léo Bersani, Michael Lucey et Sharon Marcus. Les expériences et l’histoire des personnes LGBT, qui sont aussi les miennes, sont en train de devenir un objet légitime de recherche.
  • [5]
    Ibid. pp 80-81.
  • [6]
    Elle appelle à se prémunir d’un « usage défensif de l’émotion », Ibid. p. 85.
  • [7]
    À propos des « dissident·es », Sara Ahmed rappelle l’étymologie du mot : dis qui veut dire « à part » et sedere qui veut dire « s’asseoir ». « La dissidente est celle qui s’assied à l’écart. Ou encore celle qui n’aurait pas sa place à table si elle s’y asseyait : il y a désaccord sur la chaise qu’elle y occupe. », pp. 80-81. Les dissidentes sont les rabat-joie des repas de familles et aussi, parfois, des tables militantes, fussent-elles féministes.
  • [8]
    Ibid. p 86.
  • [9]
    Ibid. p 85.
  • [10]
    Ibid. p 88.
  • [11]
    Robin di Angelo, analyse ces mécanismes : « un état dans lequel même un minimum de stress racial devient intolérable, déclenchant une série de mouvements défensifs. Ces mouvements comprennent l’extériorisation d’émotion comme la colère, la peur et la culpabilité, et de comportement comme l’argumentation, le silence et l’abandon de la situation induite par le stress. Ces comportements servent à leur tour à rétablir l’équilibre racial des blancs. », Fragilité blanche, éditions Les Arènes, 2020.
  • [12]
    « Blanc comme neige », Programme B, Binge audio, juin 2021, 4 épisodes de Claire Richard.
  • [13]
    Robin di Angelo, ibid.
  • [14]
    Altamimi, M., Dor, T., Guénif Souilamas, N., Marelli, J., Cheklab, M., Boym, C., & Hedjerassi, N. (2018). Rencontres radicales : pour des dialogues féministes décoloniaux. Cambourakis, p. 159.
  • [15]
    Borghi, R. (Tr. Aïdolan-Ague, A.) (2021). Décolonialité & privilège : devenir complice. Éd. Daronnes.

Mon « histoire féministe » commence au mitan de la trentaine. Bien qu’ayant grandi dans les années 70 dans une famille où les débats et les engagements politiques et syndicaux occupent une place importante, les questions féministes ne font pas partie de l’atmosphère. Adolescente et jeune adulte, le féminisme m’apparaît comme un mouvement très lointain et, je pense, implicitement, comme une affaire de femmes hétérosexuelles, qui ne me concerne pas. Je fais partie de la génération qui est percutée par l’épidémie du Sida et la figure politique marquante de ces années 90, pour moi, c’est Act Up. Les questions LGBT, qui émergent dans ce contexte, sont celles qui m’intéressent parce qu’elles résonnent, au moins en partie, avec ce que je vis, et mes ami·es autour de moi, en matière de sexualités et de construction identitaire.
Lorsque je lis Sara Ahmed pour la première fois, son article vient donner sens à l’expérience d’une transformation qui s’amorce en 2007, lorsque je m’engage dans une formation en master de sociologie mention « genre » à l’université du Mirail à Toulouse. C’est le début d’une période intense de lectures, d’engagement militant dans des collectifs souvent très informels, une période où la vie amoureuse, aussi, prend beaucoup d’importance. Je m’approprie la grille de lecture du féminisme matérialiste et, dans son prolongement, l’approche intersectionnelle qui permet d’articuler les rapports de pouvoir, et de penser leur production et leur reproduction en termes de classe, de genre, de sexualité et de race…


Date de mise en ligne : 27/09/2024

https://doi.org/10.3917/agen.011.0119

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