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Article de revue

Écrire la recherche en friche

Pages 52 à 57

Citer cet article


  • Arnera, T.
(2024). Écrire la recherche en friche. Agencements, 10(1), 52-57. https://doi.org/10.3917/agen.010.0052.

  • Arnera, Thomas.
« Écrire la recherche en friche ». Agencements, 2024/1 N° 10, 2024. p.52-57. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-agencements-2024-1-page-52?lang=fr.

  • ARNERA, Thomas,
2024. Écrire la recherche en friche. Agencements, 2024/1 N° 10, p.52-57. DOI : 10.3917/agen.010.0052. URL : https://shs.cairn.info/revue-agencements-2024-1-page-52?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/agen.010.0052


Notes

  • [1]
    http://friche-lamartine.org/. L’association ayant pour activité la gestion et l’administration d’un lieu à destination de pratiques artistiques et culturelles. L’article où apparaît cette formule est le suivant, Thomas Arnera, « Emménager, Aménager, Déménager, ou comment penser une recherche en friche », Agencements. Recherches et pratiques sociales en expérimentation, n°1, mai 2018, p. 123-142.
  • [2]
    Correspondances avec Pascal Nicolas-Le Strat, 11 février 2023.
  • [3]
    Je pense aussi aux ami·e·s de la Friche Lamartine qui développent un langage depuis la friche, langage dans lequel on retrouve notamment le verbe « (s)’enfricher » qui raconte et dialogue étrangement avec l’idée de « recherche en friche ». Ce que j’entends dans « enfricher » c’est le fait de se faire happer par le lieu, le lieu déborde sur nous, nous astreint à rester à la friche pour une soirée alors qu’on ne passait qu’une ou deux heures pour travailler, ou que l’on est accueilli en résidence pour une semaine et que l’on y reste plusieurs années. S’« enfricher » c’est sentir au travers de nos mots, nos gestes, nos humeurs ou nos pratiques que la Friche a un effet observable, identifiable mais imprévisible sur ce qui était initialement prévu.
  • [4]
    Donna Haraway, Vivre avec le trouble, Les éditions des mondes à faire, 2020.
  • [5]
    Delphine Gardey, « Donna Haraway : poétique et politique du vivant », Cahiers du genre, n°55, 2013, p. 171-194.

Sur le retour de Marseille, je m’arrête dans la Drôme, chez un duo d’ami·e·s près de Romans-sur-Isère, ville où j’ai grandi (de mes 0 jusqu’à mes 18 ans). Je suis dans leur salon. J’écris, précisément sur ce document (encore numérique à ce moment-là). Bloqué depuis plusieurs longues minutes, je décide de solliciter mon amie qui s’affaire ici et là dans l’appartement. J’explique qu’au départ de mes quelques jours passés à Marseille, j’essaye d’écrire sur la notion de « friche » et ce dans le but d’avancer sur l’idée de « recherche en friche ». J’évoque vouloir écrire au présent, de façon située. Je pense à une écriture qui part de situations et, possiblement, des situations « en cours ». En cours, parce que l’écriture, d’une certaine façon, donne à prolonger les situations. Je lui raconte que je suis « emmerdé » avec cette écriture, que je ne veux pas définir ce qu’est une friche, ou modéliser ce que serait la recherche en friche. Je partage aussi ma difficulté à ne pas tomber dans ce piège. Je développe un peu autour de cette tentative, dans son salon, d’essayer cela en partant de ces quelques jours que je passe à Marseille.
Avant de la solliciter, je suivais une piste grammaticale. Friche comme nom, donc comme espace ? Friche comme adjectif ou friche accompagné d’un adjectif (friche urbaine, friche artistique, culturelle) ? Que signifie alors la construction : « Recherche en friche » ? C’est à ce sujet que je l’interpelle, dans une sorte d’appel à l’aide : « Camille, pour toi, si je dis à quelqu’un : tu as les cheveux en friche…


Date de mise en ligne : 30/01/2024

https://doi.org/10.3917/agen.010.0052

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