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Article de revue

Sortir de l’hiver, nous mettre en (co)recherche

Pages 115 à 119

Citer cet article


  • Staritzky, L.
(2024). Sortir de l’hiver, nous mettre en (co)recherche. Agencements, 10(1), 115-119. https://doi.org/10.3917/agen.010.0115.

  • Staritzky, Louis.
« Sortir de l’hiver, nous mettre en (co)recherche ». Agencements, 2024/1 N° 10, 2024. p.115-119. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/revue-agencements-2024-1-page-115?lang=fr.

  • STARITZKY, Louis,
2024. Sortir de l’hiver, nous mettre en (co)recherche. Agencements, 2024/1 N° 10, p.115-119. DOI : 10.3917/agen.010.0115. URL : https://shs.cairn.info/revue-agencements-2024-1-page-115?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/agen.010.0115


Notes

  • [1]
    Extrait des « principes de Denver ». Voir : https://fr.hivcaucus.org/denver-principles
  • [2]
    Les principes de Denver ont été rédigés à la suite de la conférence de 1983 pour défendre les intérêts des premier.ères concerné·es par l’épidémie du sida. Par la suite le principe GIPA complétera, onze ans plus tard, ces idées d’autodétermination. À ce titre, l’ONUSIDA écrit sur son site : « L’idée que les expériences personnelles pouvaient modeler la riposte au sida a été avancée pour la première fois à Denver en 1983 par des personnes vivant avec le VIH. Le principe GIPA a été formalisé lors du Sommet 1994 sur le sida à Paris, lorsque 42 pays ont convenu de « soutenir une plus grande participation des personnes vivant avec le… …VIH/SIDA à tous les niveaux [et] de stimuler la création d’un environnement politique, juridique et social favorable. »
  • [3]
    Voir : https://lecoleduterrain.fr Nous composons actuellement, avec Pascal Nicolas-Le Strat une fiche sur la recherche- action, pour la rubrique « manière de faire ».
  • [4]
    René Barbier, La recherche-action, 1996, Economica, p. 44.
  • [5]
    Stephen Alexander, « Rien sur nous, sans nous : comment le principe GIPA a contribué à préciser la recherche communautaire », in La recherche communautaire VIH/sida Des savoirs engagés, 2015, Presses de l’Université du Québec.
  • [6]
    Felix Guattari, Les Années d’hiver 1980-1985, 2009, Les prairies ordinaires.
  • [7]
    Josep Rafanell i Orra, Fragmenter le monde, 2020, Divergences, p. 61.
  • [8]
    Louis Staritzky, Pour une sociologie des tentatives. Faire monde depuis nos vies quotidiennes, 2024, édition du commun.
  • [9]
    Tal Dor, Manal Altamimi, Nacira Guénif-Souilamas, Rencontres radicales : pour des dialogues féministes décoloniaux, 2018, Cambourakis.
  • [10]
    Je reprends ici le motif défendu par Tal Dor dans Rencontres radicales, cité au-dessus.
  • [11]
    Olivier Marbœuf, Suites Décoloniales. S’enfuir de la plantation, 2022, édition du commun p.133.
  • [12]
    Pour reprendre la proposition de Donna Haraway dans Vivre avec le trouble.

Denver 1983, des personnes atteintes du SIDA font irruption sur scène lors d’un congrès national sur le VIH pour protester contre la dépossession de leur capacité à agir sur leur situation de vie, exigeant une participation active aux programmes, aux recherches et aux décisions portant sur cette épidémie. « Rien pour nous, sans nous » sera le mot d’ordre de cette intervention, et deviendra par la suite le leitmotiv de leurs multiples mobilisations. Ce slogan incarne leur opposition au discours déshumanisant et dépersonnalisant du monde scientifique. Il caractérise leur entrée sur la scène très fermée de la recherche, et leur affirmation d’un droit à la participation et à l’autodétermination. « Nous condamnons, disent-iels, les tentatives de nous étiqueter comme “victimes”, un terme qui implique la défaite, et nous ne sommes qu’occasionnellement des “patients”, un terme qui implique la passivité, l’impuissance et la dépendance aux soins d’autrui. Nous sommes des « personnes atteintes du SIDA” », et c’est désormais depuis cette position d’autonomie et d’auto-affirmation qu’il faudra « faire avec » elles et eux. Il y a une histoire de la recherche-action qui n’est donc pas celle de la main tendue du chercheur bienveillant à une communauté opprimée, mais qui s’incarne aussi par l’urgence de faire une clé de bras aux scientifiques, aux intellectuels, aux institutions, aux protocoles, aux méthodes, aux concepts…
J’ai découvert les « principes de Denver », il y a quelques semaines alors que j’essayais d’écrire une histoire populaire de la recherche-action dans le cadre d’un article pou…


Date de mise en ligne : 30/01/2024

https://doi.org/10.3917/agen.010.0115

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